LETTRE LUI
A LA MÈRE LOUISE-HENRIETTE DE SOUDEILLES, A MOULINS
Vive -f Jésus !
Le 15 septembre 1686.
Je me fais un grand plaisir, ma très aimée Mère, de pouvoir faire ce petit dépouillement en votre faveur, en vous
envoyant, avec l'agrément de notre très honorée Mère, le livre de la Retraite du Rd Père La Golombière, et ces deux images du sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ dont on nous avait fait un présent. La plus grande sera pour mettre au pied de votre crucifix ou autre lieu pour l'honorer ; et la petite, vous pourrez la porter sur vous, avec cette petite consécration que je prends la liberté de vous envoyer, vous avouant, ma chère Mère, qu il faut vous aimer autant que je le fais, et être aussi persuadée de vos bontés que je la suis, pour en user ainsi à votre égard. Mais je ne me saurais empêcher de le faire, dans la pensée que ce divin Cœur veut être le maître absolu du vôtre, afin que vous le fassiez honorer, aimer et glorifier dans votre communauté, sur laquelle j'espère qu'il prétend par ce moyen verser avec plus d'abondance ses grâces et bénédictions d'amour et d'union dans vos cœurs, et de sanctification dans vos âmes ; car c'est la source inépuisable de tous biens qui ne cherche qu'à se répandre et se communiquer, surtout à des âmes fidèles comme sont celles qui composent votre communauté. Et, de plus, je vous avoue que je ne saurais croire que les personnes consacrées à ce sacré Cœur périssent, ni quelles tombent sous la domination de Satan par le péché mortel ; c'est-à-dire si, après s'être données tout à lui, elles tâchent de l'honorer, aimer et glorifier de tout leur pouvoir, en se conformant en tout à ses saintes maximes. Et vous ne sauriez croire les bons effets que cela produit dans les âmes qui ont le bonheur de le connaître, par le moyen de ce saint homme { qui lui était lui-même tout dédié, et ne respirait que pour le faire aimer, honorer et glorifier. Aussi est-ce là ce que je pense qui l'a élevé à une si haute perfection en si peu de temps. Ha! ma chère Mère, que vous me faites de plaisir de vouloir rendre un particulier hommage à cet aimable Cœur, lequel a tant