Benoît XIII
ÉÀ
« leur nom, le R. Père Rosières, aussi Jésuite de la Pro- « vince de Ghampag-ne, vous dressera la requête qu'il vous « enverra pour la sig-ner, et vos sœurs conseillères, et « ensuite vous me l'enverrez incessamment à Rome. »
Vous comprenez aisément, ma très chère Mère, que ce R. Père juge nécessaire que la requête au nom de tout l'Institut sorte de notre monastère, où la dévotion a pris son commencement dans ces derniers temps, et nous n'oserions douter de votre piété que Votre Charité ne reçoive avec actions de grâces au Seigneur des propositions si avantag-euses à notre cher Institut qui l'immortalisera à jamais par la gloire qu'il procurera sur la terre au Cœur adorable de Jésus. Ainsi, nous attendons avec empressement votre réponse par la poste, étant persuadée que vous vous ferez un plaisir et votre sainte Communauté de nous donner votre consentement et pouvoir pour agir incessamment.
Je ne sais, ma chère Mère, si nous avons jamais dit à Votre Charité ou chez vous que notre V. Sœur Alacoque nous avait prédit que cette fête serait un jour universelle dans l'Eglise ; et c'est à quoi travaille le Père de GallifFet, notre V. Sœur ajoutant que nous la verrions nous-mêmes aussi auguste et solennelle que celle du saint Sacrement, ce que les prélats de Provence ont fait admirer de toute la terre, quoique, lorsqu'elle nous le disait, il nous parût hors de toute apparence. Ce qu'elle ajoutait s'est toujours depuis vérifié : que les RR. Pères de la Compagnie de Jésus étendraient cette sainte dévotion par tout l'univers où ils la porteraient et la feraient établir ; ce que nous voyons avec joie et reconnaissance, cette sainte Société l'ayant déjà portée dans le Levant et l'Amérique, après l'avoir établie de tout leur pouvoir dans toute l'Europe jusqu'à Constantinople. Ce R. Père de GallifYet qui nous écrit et qui la reçut du saint Père de La Colombière, directeur de notre V. Sœur Alacoque, la fît établir à Lyon par Monseigneur l'Arche-
véque ' en 1717, (jiii on ordonna la fête à perpétuité à sa sollicitation. Il était alors provincial de Lyon, et c'est dans ce temps-là (jue nous avons eu l'honneur de le voir ici, d'où il emporta bien des écrits de notre V. Sœur Alacoque, dont il veut commencer la béatification à Rome, sans qu'il nous en coûte rien, nous ayant déjà demandé la copie authentique du miracle arrivé à notre Sœur Desmoulins -, céans, par les intercessions de cette amante du Cœur de Jésus, auprès de Lui, dont l'original est au greffe de l'officialité à Moulins. Nous la lui avons envoyée l'année passée et il nous demande de nouveau tout ce que les supérieures de cette fidèle Servante de Dieu ont laissé par écrit des témoignages de sa sainteté.
Il souhaite même que nous lui envoyions le procèsverbal de sa vie et mœurs que l'on a fait céans, sur la requête de votre digne sœur la Déposée'^ ou la Mère de