Mgr de Neuf ville de Villeroy
2. Sœur Claude-Angélique Desmoulins guérie miraculeusement, en 1713, par l'intercession de la V. Sœur Alacoque, d'une paralysie très compliquée.
3. La Mère Marie-Valérie Guillaud de la Mote, qui gouverna le monastère de Moulins dix-huit ans : de 1714 à 1720, de 1726 à 1732, de 1738 à 1744.
A peine avait-elle commencé son premier triennat, en 1714, que saintement jalouse d'exécuter le projet formé par la Mère de Soudeilles touchant l'érection d'une chapelle qui serait dédiée au sacré Cœur, la Mère Marie-Valérie de la Mote en sollicita et en obtint aisément la permission. Dès le 25 juin, M. l'abbé de Savignac, supérieur du monastère, bénit cette nouvelle chapelle. Le lendemain, MM. les Chanoines de la Collégiale de Notre-Dame y célébrèrent une messe solennelle, en donnant à la cérémonie beaucoup de pompe et d'éclat. Durant sa seconde supériorité la Mère de la Mole voyant que la dévotion des fidèles envers le sacré Cœur faisait chaque jour de nouveaux j>rogrès, présenta une requête à Mgr de Montcley, évoque d'Autun, pour obtenir la faveur d'établir dans l'église du monastère une confrérie en l'honneur du sacré Cœur. Le prélat donna son consentement et voulut être inscrit le premier. La Mère de la Mote obtint encore de Sa Sainteté le pape Clément XII une bulle d'indulgence plénière à perpétuité, ce qui ne contribua pas peu au succès de cette fondation.
Soudeilles ^, par le conseil de Monseigneur de SoissonSy alors grand vicaire et notre Supérieur, à Monseigneur de DroméniP, alors notre prélat, qui était à Moulins, qui en chargea ce digne supérieur, qui nous nomma un commissaire et nous fournit tous les Mémoires pour ne faire aucun faux pas dans une afïaire si importante. — Ou bien, dit ce Père, « envoyez-moi à Rome la copie authentique de ce « procès-verbal, s'il est en bonne forme ». Nous en avons écrit à Monseigneur de Soissons qui en a la copie, n'osant hasarder l'original, et avons supplié Sa Grandeur de nous l'envoyer incessamment, avec des témoignages de la sainteté de cette V. Sœur, écrits de la main de la Mère Péronne- Rosalie Greyfîé, avec sa déposition devant l'évêque de Genève ^ et tout ce qui est resté entre ses mains, dont il n'a plus affaire, à ce qu'il nous a mandé il y a longtemps. Nous lui avons marqué de faire mettre ce paquet au carrosse de Moulins et de vous l'adresser, ma chère Mère, pour nous le faire tenir incessamment. Vous compterez le port sur nos étoffes, aussi bien que cinq francs que nous devons à nos sœurs de Paris, rue Saint- Antoine, à qui nous avons mandé que nous vous les enverrions sur leur compte. Nous pressons de notre mieux Monseigneur de Soissons, ce grand défenseur de l'Eglise, de mettre enfin au jour la vie de cette fidèle amante du Cœur de Jésus, qu'il avait commencée le dernier hiver qu'il passa à Moulins. Il dit qu'il n'a plus qu'à la mettre au net, étant toute faite ; cependant il ne saurait dérober le temps qu'il lui faut pour l'achever sur ses grandes occupations. Madame sa sœur,
1. La Mère Louise-Henriette de Soudeilles fut supérieure à Moulins pendant 29 ans. Elle fut élue pour la première fois en 1673. Ses supériorités furent toujours de six années consécutives et ses dépositions de trois seulement. Quand elle mourut en 1714 elle était dans son dixième triennat.
2. Mgr Charles-François d'Hallencourt de Droménil, évêque d'Autun de 1711 à 1721.