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La Mère Marie-Nicole de la Faige des Claines

'■ puise dans le Civur de Xotre-Sei^neur les ressources contre tout ce qui pourrait l'afraiblir. C'est une marque

« que l'esprit do Dieu y règne quand la docilité et l'obéis-

« sance est la règle qu'on y suit.

« Croyez-moi toujours, ma très honorée Mère, entière-

« ment à vous en Notre-Seigneur.

n -[- J. Joseph, Archevêque de Sens. »

ISŒUR MARIE-FRANÇOISE BOCAUD Notre * chère sœur Marie-Françoise Bocaud [appartenait à] une honnête famille de La Clayette. Elle resta orpheline de père et de mère, ce qui fut cause que son éducation fut extrêmement négligée. On la mit dans un couvent pour lui apprendre les principes de la religion, où elle s'affectionna si fort que le temps qu'elle passa dans le monde — qui fut jusques à vingt-trois ans — elle mena la vie dévote, qui lui mérita la vocation religieuse. Ayant eu connaissance de notre manière de vie, elle demanda sa place et l'obtint, ! Avant que d'entrer, elle prit de grandes précautions pour cacher le défaut de sa taille, qu'elle croyait être un obstacle sa réception.

Notre chère sœur pouvait se glorifier, comme le sage,

d'avoir reçu une bonne âme en sort. C'était assez de lui

] montrer le bien pour l'engager à sa pratique. La sienne était

1 humble abjection, étant de ces personnes, dont parle le

point d humilité, qu'on ne s'aperçoit de leur séjour dans le

' monastère que parce qu'on les voit à la suite des obser-

1. Extrait de la Circulaire du 8 mars 1701. Sœur M. -F. Bocaud «il novice quand la Bienheureuse fut nommée Directrice.

vances, dont elle ne se dispensait jamais, surtout pour ce qui regardait le culte divin. Elle aurait passé tout le jour en prière, si la règle le lui avait permis. Elle n'avait pas de ces attraits qui donnent tant de goût pour la piété ; la sienne était des plus solides, étant fondée sur la pure foi.

Ses retraites se passaient avec beaucoup d'application ; elle y recevait de bonnes lumières pour sa perfection. Voici ses sentiments dans une de ses résolutions : <( Je « m'appliquerai plus particulièrement à acquérir une par- « faite pureté d'intention; j'en ferai le sujet de mon exa- « men particulier, réfléchissant à chaque heure et à chaque « action, pour voir si je ne veux que ce que Dieu veut (( et si je le veux comme Dieu le veut, si je ne le veux que « parce qu'il le veut et non pas plutôt dans la vue de l'avan- (( tage et du plaisir qui s'y rencontre. Je dirai tous les. « matins et pendant le jour : Seigneur, que votre sainte (( volonté s'accomplisse en moi, par moi, en tout ce qui ! (' me concerne, maintenant et à l'éternité!

« Mon Dieu, vous voyez tout ce qui doit m'arriver de « fâcheux ou d'agréable durant le reste de ma vie : vous. « savez l'heure et toutes les autres circonstances de ma « mort : je me soumets en tout à votre divine conduite et' (( mon cœur n'a point d'autre désir que de voir votre « divine volonté éternellement s'accomplir. »

Sa ferveur était si grande qu'elle demandait incessam--' ment des pénitences à ses supérieures et de suivre en tout la Communauté. Elle en recevait le refus avec beaucoup de soumission.

Cette chère sœur faisait tout ce que notre saint Fondateur disait qu'il aurait fait en religion, de se bien acquitter des petites choses ; elle n'avait pas la force de faire les grandes, étant très infirme.

Dans le temps qu'on croyait sa santé assez bonne et qu'elle vantait sa force pour continuer le carême, après avoir bien passé la nuit de ce jour-là même, en se levant.

A\e sentit une i^rande douleur de tête, prit un vomissement K'{ fut frappée d'apoplexie, qui ne lui permit de recevoir que l'Extrème-Onction. Elle s'était confessée et communiée pour son rang- la veille. Elle resta en cet état jusques à trois heures, qu'elle expira en présence de Monsieur notre Confesseur et de la Communauté, notre chère Mère étant alors malade à l'extrémité. Elle était âgée de quarante-deux ans, professe de dix-sept, du rang des sœurs associées. Ce fut le 18 février de cette année 1701.

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