Mgr Michel-Gabriel de Rossillon de Bernex
Ursuline à Dijon, l'en presse vivement de notre part ; mais il dit toujours qu'il lui faut donner patience. Mais dans la dernière lettre que j'écris à Sa Grandeur, je lui marque que ce livre ne contribuera pas moins à la gloire de Dieu, qui est son mobile, que ceux dont il a enrichi le monde chrétien : qu'il lui sera peut-être encore plus utile pour embraser les cœurs de l'amour de Celui de Jésus-Christ, étant plus à la portée de chacun. Je vous conjure, ma chère Mère, de vouloir bien, avec votre précieuse sœur la Déposée, vousemployer auprès de ce grand prélat, qui conserve pour Vos Charités une considération particulière; et j'espère qu'à force d'importunités, nous l'obtiendrons enfin de Sa Grandeur.
Je vous supplie encore, ma chère Mère, de garder comme un secret ce que nous avons l'honneur de vous dire touchant la béatification de notre V. Sœur Alacoque, le Père de GallilFet le demandant. Mais, y ayant autant de part qu'y en a votre chère Maison, je n'ai pas cru devoir vous en faire un mystère, n'en ayant encore parlé qu'à no^ sœurs d'Annecy l'année passée, qui ne nous ont fait aucune réponse ni sur d'autres choses dont nous leur parlions. Nous leur avons écrit de nouveau l'ordinaire passé, pour leur communiquer ce que le Père de Gallifîet souhaite pour dresser cette requête et leur en demander leur pouvoir et agrément. Nous l'avons aussi demandé à nos monastères de Paris, Lyon et Marseille. Nous le faisons à Rouen et à Aurillac, dont nous vous adressons la lettre, ma chère Mère, pour la faire mettre à la poste^ si vous n'avez pas une occasion bien prompte, parce qu'il se faut presser dans cette affaire importante. Le Pontificat y est très favorable ; le Saint-Père fort âgé ; notre pieux solliciteur n'est pas jeune ; ainsi, il n'y a point de temps à perdre.
Si Maître Augier ne vient pas à Paray de longtemps, il faudra nous adresser le paquet que Monseigneur de Soissons vous enverra pour nous à Monsieur Lempereur, vicaire à Pierrefîtte, qui nous le fera tenir incessamment.
Nous attendons Monsieur de Maizière en qualité de Visiteur, à la lin de ce mois. Je vous prie, ma chère Mère, de nous mander comment vous vous en êtes trouvées et s'il a autant de douceur que de fermeté, enfin si vous et votre sainte Communauté en êtes contentes.
Voilà les billets d'avis d'une de nos chères sœurs ^, que nous recommandons particulièrement à vos saintes prières, aussi bien que Monsieur de Martinières, père de notre chère sœur coadjutrice -, qu'elle a eu le malheur de perdre la semaine sainte. Quoique ce fût un saint, il faut toujours prier pour le repos de son âme. Notre chère sœur sa fille le recommande particulièrement à nos très honorées sœurs de Tracy 3, Monsieur de Renaison son frère ayant l'honneur de les connaître.
Je reste dans l'attente de votre obligeante réponse au premier ordinaire, dans l'amour sacré, ma très honorée Sœur.
Votre très humble, indigne sœur et servante en N. S.
S** Anne-Élizabeth de la Garde Marzac D. L. V. S. M.
Vive f Jésus !
De notre monastère de Paray, ce 9 mai 1725.
Je ne puis vous exprimer, ma très honorée Sœur, la joie et la douce satisfaction que nous a causées votre obligeante
1. Sœur Françoise-Marguerite d'Athose, décédée le 21 mars 1725, à l'âge de 75 ans, dont 59 de profession religieuse, comme sœur choriste.