‹ Vie et œuvresChapitre 110 sur 265 · SŒUR M. -ESPÉRANCE DE SENECEZ · texte numérisé non relu

SŒUR M. -ESPÉRANCE DE SENECEZ

AFmÉGÉ JOINT A LA CIRCULAIRE DR PARAV K.N DATE DU 4 MARS 1704

Notre très chère sœur Marie-Espérance de Senecez était i. Sœur du petit habit sous la Bienheureuse.

itk.

de Mâcon, petite-fille de feu Madame de Blessj, notre unique bienfaitrice^. Monsieur son père- nous la confia dès l'âge de neuf ans, avec l'une de Mesdemoiselles ses sœurs cadettes, qui, dans un âge plus avancé, ne se sentit point inspirée de suivre l'exemple de son aînée, retourna au monde, donnant à notre chère sœur cette occasion de faire à Notre-Seigneur un très grand sacrifice, ayant un cœur fort tendre. Elle se vit, jusqu'à trois fois, à pareille occasion d'avoir auprès d'elle de Mesdemoiselles ses sœurs, sans que la divine Providence ait permis qu'elle eût cette consolation. Cette privation lui était d'autant plus sensible qu'elle était du plus riche naturel qui se puisse trouver et, en fille d'esprit, elle faisait un saint usage de ces voies crucifiantes à la nature. C'était l'âme la plus généreuse et la plus éclairée qu'on puisse connaître. Nous aurions un ample sujet à nous étendre, si son humilité n'avait supplié, à sa mort, notre très honorée Mère Marie-Clotilde de Chauliies, pour lors notre supérieure, de ne rien écrire d'elle; aussi, pour accomplir la promesse qu'elle lui en fit, nous sommes contraintes de nous limiter à l'édification que nous en avons reçue, qui ne s'effacera jamais de nos mémoires, non plus que ses bons et rares talents naturels, qui la mettaient en état de rendre de grands services à la religion, étant adroite à toute sorte d'ouvrage, discrète, secrète et propre à tout par le caractère, d'un très bon cœur, compa- j tissant, libéral et charitable, même à l'égard de celles qui j lui pouvaient donner quelque sujet de chagrin, ayant une conscience timorée à l'ombre du péché. Enfin, cette chère

1. Sœur Marie-Espérance était sœur d'Antoinette-Rosalie de Senecez, du petit habit, angélique enfant qui mourut à treize ans, le 26 avril 1G84, après avoir fait conditionnellement les vœux de religion. L'on sait au prix de quel sacrifice la Bienheureuse avaitobtenu à la jeune mourante la grâce de recevoir les sacrements en pleine connaissance.

2. Le liegislre mortuaire ajoute : « Monsieur son père était gentilhomme chez la Reine. »

LA VISITATION DK TARAV 443

et aimable sivur étant un fruit mûr pour réternité, ayant toujours été infirme et de délicate complexion, lorsqu'elle nous parut en sa meilleure santé, faisant très bien sa charge d'apothicairesse, elle se sentit atteinte du mal de poitrine. L on n'oublia rien pour y remédier; ce fut en vain; les divers remèdes ne lui donnèrent aucun soulagement. Après dix-huit mois de langueur, qui exercèrent sa patience, elle I fit à Dieu le sacrifice de sa vie, avec générosité, n'aspirant ! qu'au bonheur de jouir de Lui. Elle reçut ses derniers sacrements avec présence d'esprit, qui ne fut interrompue qu'au moment qu'elle nous fut ravie, nous laissant dans le regret de sa perte. Elle était âgée de vingt-neuf ans, dix de profession, du rang des sœurs choristes.

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