‹ Vie et œuvresChapitre 151 sur 265 · I.A FAMILLE ET LE PAYS DE LA BIEMIEURELSE l)2'y · texte numérisé non relu

I.A FAMILLE ET LE PAYS DE LA BIEMIEURELSE l)2'y

les enfants et [)elits-enfants vivaient encore au moment où il écrivait : (^ Du reste, pour faire ressortir les vertus de la >ainte enfant dans cette persécution domestique, il suflisaiL de désio^ner vaguement quelques obscures servantes, complices trop dociles des méchantes personnes qu'on ne voulait pas nommer. »

M, Muguet cherchait donc dans la famille même de la Bienheureuse les instigateurs, les chefs de cette persécution. M'"^ Alacoque s'était déchargée sur son beau-frère Toussaint Delaroche de l'administration de la propriété, se réduisant « au simple rôle de pensionnaire dans les domainespossédés en commun par les Delaroche et les Alacoque depuis 1613. Le partage définitif entre les deux familles n'eut lieu qu'en 1676. Voilà donc deux familles en contact journalier, vivant à la même table, chacune avec son personnel diveis, différant de goûts, de mœurs et d'éducation, surtout ».

En premier lieu, il désigne Jeanne Delaroche, grand'mère paternelle de Marguerite, dont toutes les préférences étaient pour sa fille Benoîte, mariée à son neveu Toussaint Delaroche.. Elle donna des preuves de ses dispositions, en essayant de deshériter les enfants de son fils Claude au profit de sa fille Benoîte. Le testament fut cassé.

La seconde persécutrice qui se présente est tout naturellement Benoîte Alacoque, subissant sans peine Tinfluence de sa mère, car elle avait aussi ses griefs personnels contre [I les enfants de son frère, avantagé à son détriment, selon l'usage du temps c[ui favorisait le fils aîné de la famille.. D'autre part, son mari Toussaint Delaroche était un hommedur et âpre, sans éducation ni instruction, bien qu'il fût procureur d'oiïice de la seigneurie du Terreau. Aussi bien,, il est à croire qu'il soutenait sa femme dans ses duretés et >es exigences tyranniques à l'égard de M'"" Alacoque et de ;i fille.

Restait donc toujours à trouver la troisième persécutrice..

Serait-ce cette tante Dimanche qui demeura fille ? Non, ses dispositions favorables pour les enfants de son frère Claude sont notoires. Elle laissa par testament les trois quarts de ses biens à ses neveux Alacoque et un quart seulement à ses neveux Delaroclie. D'ailleurs rien ne prouve que cette tante Dimanche habitât à Lhautecour. On serait plutôt porté à croire le contraire. Devant l'impossibilité de trouver le troisième tyran dans la famille, M. Muguet revient à l'explication donnée par Lang-uet et admet que la troisième persécutrice était une servante. Il constate, d'après des pièces authentiques, la présence dans la maison des Janots d'une (( mère Ghappendye » qui, tant pour plaire aux Delaroclie que peut-être par méchanceté naturelle aurait été l'instrument de la tyrannie de ses maîtres à l'égard de la veuve et de l'orpheline. Cette mère Chappendye mourut en 1663; la persécution sévit surtout autour de l'année 1660. Au reste, M. Muguet avertit, dans une note, qu'il n'entend pas donner à ce troisième nom la même certitude qu'aux deux premiers, tout en maintenant fermement que la troisième persécutrice devait être une domestique.

Sur ce dernier point seulement, M. Muguet s'avançait trop. On va voir que son flair de chercheur et d'interprète des vieux documents charoUais l'avait bien servi, sinon sur la qualité de la personne, au moins sur la personne elle-même.

Un ancien titre publié dans la Semaine religieuse d'Autun ^ par feu M. E. Révérend-du-Mesnil, d'érudite mémoire, est venu résoudre la question en nous révélant le nom de la troisième persécutrice de Marguerite. Il s'agit d'un règlement entre les Alacoque et les Delaroche de Lhautecour. Ce titre a été découvert dans une famille d'Oyé, dans le CharoUais. L'acte est du 28 février 1656 — l'année qui suivit la mort du père de Marguerite. — Les commentaires

Page 1