N" (lu 10 février 489i
LA FAMILLE FF LE PAYS DK LA lUKMlKLREL'SE ^27
et les notes qui l'accompa^nenL, clans la Scniuine religieuse, renferment bien des erreurs ; mais cela importe peu au cas qui nous occupe. Nous citons le début de la pièce :
« Par devant les notaires royaux soussignés et en présence des témoins ci-après nommés, furent présents en personne : dame Philiberte Lamyn, veuve de M*' Claude Alacoque, vivant notaire royal à Verosvres, mère et tutrice de ses enfants, d'une part ; et Jeanne de la Roche, veuve de Claude Alacoque, vivant laboureur de Lautecourt, paroisse de Verosvres, d'autre part; Benoîte de Meulin, veuve de Smion de la Roche, Toussaint de la Roche son fils, et, de son autorité, Benoîte Alacoque sa femme, gens de labeur, tous pariers (égaux, ou pair) et consorts en biens dudit lieu, d'autre part. Les parties sages et bien avisées, de leur gré et sans contrainte, après avoir reconnu ne pouvoir vivre plus encore ensemble, désirant la séparation de leurs droits et de les séparer pour en jouir chacun à proportion de ce qui leur arrivera, ont fait d'un commun consentement les conditions suivantes : savoir qu'elles sont demeurées d'accord entre elles que tous les biens tant meubles que immeubles, provenant tant de défunt Pierre de la Roche, Pierrette Maritain sa femme, Claude Alacoque, ladite Jeanne de la Roche sa femme, défunt Claude Alacoque, Dimanche Alacoque, sa sœur, que de Benoîte de Meulin, Toussaint de la Roche, son fils et ladite Benoîte Alacoque, sa femme se partageront... »
Dans la série de noms q.ui commencent cet acte, nous avons tous les habitants — sauf les enfants représentés par leurs parents — de la maison des Janots, à savoir : ^mc Philiberte Lamyn, mère de Marguerite ; Jeanne Delaroche, sa grand'mère paternelle; Toussaint Delaroche et sa femme Benoîte Alacoque, et Benoîte de Meulin^ veuve de Simon Delaroche, mère de Toussaint Delaroche, grand' tante paternelle de Marguerite.
Voilà, à n'en pas douter, le personnage cherché. Jusqu'à
présent, aucun acte n'avait révélé la présence de cette femme à Lhautecour. Maintenant que nous savons qu'elle faisait partie de la communauté, nous n'hésitons pas à reconnaître en elle la troisième persécutrice de Marguerite. Mère de Toussaint Delaroche et belle-sœur de Jeanne Delaroche, elle était nécessairement du côté des Delaroche contre les Alacoque. Et il se trouve que cette Benoîte de Meulin ou Meulain était originaire du village de Ghappendye, village alternatif de Beaubery et de Vendenesse-lès- Gharolles. C'était elle qu'on désignait sous le nom de « mère Ghappendye », du nom de son hameau natal, elle dont M. Muguet a trouvé le nom dans le mémoire d'apothicaire de M. de Lapray, de Gharolles, daté de 1655, au milieu des noms de la famille Alacoque, elle que le curé Antoine Alacoque inscrivait dans l'acte de sépulture suivant : « La mère Ghapandie est décédée le 7^ jour du mois de mai mil six cent soixante et trois et a été enterrée en l'église dudit Verosvres, Bequiescat in pace. » On se demande si le bon curé, qui rédigeait volontiers sesactes très familièrement, n'a pas eu, par ces derniers mots, très bien placés du reste à la suite d'un acte de décès, quelque intention malicieuse à l'endroit de la défunte qui, de son vivant, contribuait peu à la paix de la maison de famille.
M. Muguet l'avait prise pour une servante et ne se trompait que sur sa qualité en la désignant comme la troisième persécutrice de Marguerite. Il s'étonnait, à la vérité, qu'elle eût été inhumée dans l'église, lieu de sépulture réservé aux principales familles du pays.
Voilà donc bien les trois tyrans :
Jeanne Delaroche, grand'mère paternelle.
Benoîte de Meulin, dite mère Ghappendye, grand'tante paternelle,
Et Benoîte Alacoque, femme de Toussaint Delaroche,. tante paternelle.