‹ Vie et œuvresChapitre 21 sur 265 · Sœur Claude-Marguerite Billet · texte numérisé non relu

Sœur Claude-Marguerite Billet

CAUSE DE BÉATIFICATION FT IHO CANOMSATION S'i

faiblesse; elle persista néanmoins et obtint ce qu'elle désirait i\ la tin de sa neuvaine. Elle vint à nos parloirs qu'elle semblait une morte.

Monsieur Douillet de Saint-Légé était depuis longtemps dans une langueur qui lui ôtait le sommeil et l'appétit pendant laquelle il soutîrait des douleurs très violentes. 11 envoya une chemise pour faire toucher au tombeau de notre Vénérable Sœur et Mademoiselle sa femme lui commença une neuvaine ; à la fin il s'est trouvé 'parfaitement guéri.

Monsieur de la Métherie, le médecin, après avoir supj porté pendant quelques mois une grosse gale qui lui ôtait le sommeil et l'appétit, il fit tous les remèdes propres à son mal qui n'eurent aucun effet. Il fit appeler Messieurs Billet et Devers, tous deux médecins, pour apprendre ce qu'il devait faire pour guérir d'un mal si incommode ; ils lui conseillèrent les bains et l'usage du lait, ce qui lui donna la fièvre avec une grande oppression de poitrine et en même temps la gale disparut et le jeta dans une hydropisie tympanique^ ce qui obligea les médecins de lui faire d'autres remèdes pendant quinze jours, qui n'étaient pas écoulés, qu'il se trouva encore plus chargé de gale qu'auparavant et par conséquent plus mal qu'il n^avait encore été, par la faiblesse extrême où la fièvre et l'insomnie de plus de cinq mois l'avait jeté. Voyant que tous les remèdes lui étaient inutiles, il crut qu'il devait s'adresser à celui qui, sans remèdes, avait autrefois guéri les lépreux ; c'est ce qu'il fit. Ayant ouï parler des grâces qu'il accordait tous les jours à plusieurs personnes par l'intercession de notre Vénérable Sœur Alacoque, il eut recours à elle et pour cela il envoya un exprès à Paray pour inviter quelques per- ! sonnes de sa connaissance de lui faire une neuvaine et faire t toucher une chemise à son tombeau. Dès qu'il l'eut pris,

sa gale diminua tous les jours ; il garda cette chemise le temps de sa neuvaine par dévotion, car auparavant il était obligé d'en changer plusieurs fois le jour, tant cette gale sentait mauvais, étant comme une espèce de lèpre, dont il fut entièrement quitte à la fin de sa neuvaine et l'enflure ne parut plus, quoiqu'elle eût jusques alors résisté à tous les remèdes que l'on ne lui avait pas épargnés. Peu de jours après, il vint à Paraj faire dire une messe en action de grâces et raconta à une de nos sœurs, sa parente, ce que nous venons d'écrire. Les médecins qui l'ont servi dans sa maladie ont donné une attestation signée du 20 juillet

La femme de Maître Devert, tailleur de pierres, assure qu'elle en a reçu trois grâces miraculeuses. Elle dit qu'elle avait beaucoup de peine à marcher à cause d'une grande douleur qu'elle avait à la hanche, ce qui la rendait boiteuse ; elle eut recours à notre V. Sœur et l'invoqua intérieurement. Au moment, elle reçut la santé et marcha facilement. C'est ce qui la porta à prier pour son mari, qui était fort sujet à des coliques très violentes. Un jour qu'il en était malade à l'extrémité, elle se jeta à genoux pour invoquer sa bienfaitrice ; aussitôt la colique cessa. Une autre fois, les médecins ayant fait à son mari les remèdes les plus violents pour le même mal, qui furent tous sans effet, ils le regardaient comme un homme mort. Cette femme, pleine d conQance en Dieu, réitéra sa prière, qui fut exaucée et après lui avoir fait donner ses derniers sacrements, il fut en peu de jours rétabli en parfaite santé, au grand étonnement de ceux qui l'avaient vu pendant sa maladie.

Une femme avait une contraction de nerf qui lui causait beaucoup de douleur et la mettait souvent dans l'impuissance de marcher. Ayant invoqué notre V. Sœur, elle s'est trouvée sans douleur et dans la liberté de pouvoir marcher

et a^ir sans peine, ce qu'elle n'avait pu faire depuis longtemps.

La mère d'une de nos sœurs tourières étant dangereusement malade, elle fut plusieurs semaines que l'on n'en espérait rien, ayant continuellement des mouvements convulsifs. Elle envoya une chemise pour faire toucher au tombeau de notre V. Sœur ; dès qu'elle l'eut pris, elle fut beaucoup soulagée et en peu de temps si bien rétablie <ju'elle vint ici, avec son mari, qui avait aussi été guéri dune grande surdité, qu'il avait depuis longtemps, après avoir dit son chapelet en l'honneur de notre V. Sœur. Il entendit depuis fort bien. Tous les deux rendirent grâces à 1 Dieu.

Un de leurs petits enfants prit une fluxion sur les yeux,

I qui le fît souffrir de grands maux fort longtemps ; à la fin,

II ses yeux se fermèrent, il fut trois jours sans rien voir. Cette pauvre femme, craignant qu'il ne les perdit entière-

i ment, comme il y avait beaucoup d'apparence, lui mit sur les yeux un peu de linge qui avait été sur son tombeau ; l'on lui laissa trois jours. A la fin, cet enfant ouvrit les yeux, disant : « La Sainte des Saintes-Mariés m'a guéri! »

Une demoiselle ayant supporté longtemps un cancer au sein qui résistait à tous les remèdes que Monsieur son père, qui était des plus habiles médecins, ne lui avait pas épar- I gnés ; comme elle n'en recevait aucun soulagement, elle I' «'adressa à notre vertueuse Sœur et mit le soir en se couchant un peu du bois de sa bière sur son sein ; le lendemain, elle le trouva bien guéri.

Un granger de M'" Granier, ayant ouï parler des guéri- ; sons fréquentes que l'on obtenait par l'intercession de notre ' V. Sœur, s'y adressa pour pouvoir travailler, ce qu'il ne

pouvait faire depuis quelque temps, qu'il ne pouvait pas même marcher, tant il était incommodé des douleurs de rhumatisme qui le faisaient beaucoup souffrir. A la fin de sa neuvaine, il fut g-uéri.

Une sœur de l'Hôpital de GharoUes ayant été mordue au bras, d'une bête venimeuse, il lui survint au même endroit un petit bouton qu'elle coupa ; d'abord son bras s'enfla d'une prodigieuse grosseur et avec des douleurs si violentes qu'elle croyait d'en perdre patience. Tout ce qu on lui faisait ne servait qu'à la faire souffrir davantage. Elle eut recours à notre V. Sœur, mit de ses reliques sur son bras et lui commença une neuvaine ; elle n'était pas encore finie,, qu'elle se trouva parfaitement g'uérie.

Une femme du même lieu qui avait bien mal aux jambes, ne pouvant marcher parce qu'elles étaient ouvertes en plusieurs endroits, elle mit dessus de la terre de son tombeau et le lendemain ses plaies se trouvèrent fermées et marcha sans peine.

Une pauvre paysanne, qui était toute courbée par desdouleurs de rhumatisme, en a été guérie en prenant une chemise qui avait touché le tombeau de notre V. Sœur.

Une fille de la paroisse de Neuvy, étant paralytique de la moitié du corps depuis près de quatre ans, n'ayant pas de quoi faire les remèdes nécessaires à son mal, étant extrêmement pauvre, elle priait sa mère de la faire porter à la porte de Téglise toutes les fêtes et dimanches, pour avoir quelques aumônes, pour lui aider à vivre et lorsqu'il passait quelques personnes de considération elle leur demandait la charité de la faire conduire à Bourbon, afin qu'elle pût travailler ; mais l'on disait que ce serait inutile, qu'il y avait trop de temps qu'elle était dans cet état. Un

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jour qu'elle salUigeait extrêmement, Ton lui dit qu'elle devait s'adresser à notre V. Sœur qui t>*uérissait plusieurss malades. Elle lui commença aussitôt une neuvaine, pendant laquelle elle se trouva parfaitement guérie. Toute transportée de joie, elle s'en alla ii l'église, trouver Monsieur le Curé, qui fut d'autant plus surpris qu'il y avait lonij^temps qu'il savait qu'elle ne pouvait marcher. Il luidemanda ce qu'elle avait fait. Après l'avoir appris, il en remercia le Sei faneur avec elle, qui depuis ce temps s'est toujours bien portée. Un an après, elle s'est mariée. Ce fut le treizième février 17 io qu'elle reçut cette grâce, selon* que M. le Curé de Neuvy l'a raconté K

1. Cette guérison est encore racontée, dans le même Recueil, avecles variantes suivantes :

<( Nous avons appris ces jours passés qu'il y avait à la paroisse de Neuvy une pauvre femme qui avait une fille paralytique de la moitié du corps depuis plusieurs années ; et comme elle était fort pauvre, elle ne lui fil faire aucun remède. Cette fille se traînait comme elle pouvait pour se rendre à la porte de l'église, pour avoir quelque charité, que personne ne lui pouvait refuser, voyant l'état pitoyable ovr 'lie était réduite. Enfin quelques-unes, touchées de compassion, donnèrent à sa mère de quoi la faire conduire à Bourbon. Les médecins l'ayant vue et appris le temps qu'il y avait qu'elle était dans cet état dirent que difficilement elle pourrait guérir. Cependant l'on lui fit tous, les remèdes propres à son mal, mais tous furent inutiles ; la mère et la. fille eurent le chagrin de s'en revenir sans avoir reçu aucun soulagement. Elle continua donc de faire comme auparavant, se rendant à la porte de l'église, non seulement pour avoir l'aumône corporelle, mais encore spirituelle, Monsieur le Curé lui disant toujours quelque chose pour l'exhorter à la patience et soumission à la volonté de Dieu. Une demoiselle passant dans ce village et voyant cette pauvre fille en cet état lui dit d'invoquer la Sœur Alacoque, qui guérissait' tous ceux qui s'adressaient à elle en lui faisant une neuvaine. La mère résolut de la faire et fut trouver Monsieur le Curé pour savoir ceju'elle devait faire. Il lui dit de venir au tombeau de notre V. Sœur, ly faire toucher une chemise pour sa fille; mais que, pour être- 'xaucée, il fallait faire quelques bonnes œuvres comme jeûne et lumône, ce qu'elle fit et après avoir [fait] sa prière dans notre église, elle s'en retourna. Dès qu'elle fut arrivée, elle donna cette chemise; à sa fille qui, à son réveil, se trouva si parfaitement guérie qu'elle se leva et dit à sa mère que la Sœur Alacoque l'avait bien guérie,.

Une fille de Mâcon avait une jambe presque toute pourrie et g-angrenée ; ayant reçu de nos sœurs de cette ville de l'eau où l'on avait mis un peu du bois de la bière de notre V. Sœur, elle en frotta sa jambe, qu'elle trouva le lendemain bien guérie.

Monsieur le Curé de leur paroisse ayant reçu les saintes huiles, elles lui envoyèrent de cette eau. Aussitôt qu'il en eut pris, il s'en trouva fort soulagé.

Déposition de M^^^^ Mathoud et Ghavane.

Je soussigné et certifie que Jeanne Mathoud, ma fille, et de feu Louis Mathoud, bourgeois du Bois-Sainte-Marie, qu'étant à Mâcon, l'année dernière, elle eut un abcès très fâcheux à la cuisse, d'unegrosseurtrèsconsidérable, et auquel on employa plusieurs remèdes, sans qu'elle en reçût aucun soulagement. L'on m'écrivit qu'elle s'était vouée à Sœur Marguerite-Marie Alacoque et qu'elle souhaitait que j'envoyasse une de ses chemises à son tombeau ; je le fis aussitôt pour la contenter et lui renvoya promptement. Dès qu'elle eut pris cette chemise, l'abcès se passa tout à coup et elle marcha très facilement, quoiqu'il y eût plus de quarante jours qu'elle ne pouvait pas seulement s'appuyer sur son pied. Ce que j'atteste véritable pour servir et valoir à ce que de raison. Ce 28 août 1715.

A. BuTAUD Mathoud.

Je soussigné, confesse et certifie qu'un de mes enfants, nommé Joseph, étant un jour sur la rivière nommée Saône,

disant : <.< Voyez, comme je marche ! » Elle fut de son pied trouver Monsieur le Curé et le prièrent de dire une messe en action de grâces. C'est lui-même qui l'a raconté à Monsieur notre Confesseur et dit qu'il en veut faire dresser un [procès-Jverbal par main de notaire comme étant témoin de la chose. Il y a un an et demi que cela est arrivé; il dit l'avoir écrit à notre chère Mère, mais elle n'a pas reçu sa lettre. Depuis ce temps, cette fille a été en parfaite santé, elle est mariée et n'a depuis senti aucune incommodité. »

qui était placée, dans un endroit où il y avait un abîme, avec plusieurs autres écoliers de son âge, ils se jetaient un petit étui les uns aux autres pour voir qui l'aurait. Comme mon (ils était plus vif que les autres, il courut plus vite et tomba dans l'eau qui, étant g-lacée, se fendit; il y était jusques au col dans un endroit dont l'on ne pouvait le retirer sans miracle, personne ne voulant s'exposer pour le retirer du danger où il était, craignant d'y périr ; cependant il n'avait que la tète hors de l'eau, où il était jusques au menton, et ses bras qu'il agitait sur la glace, criant tant qu'il avait de voix : « A mon secours, je péris!... » Mais quand il vit que tout le monde qui s'était assemblé à ce triste spectacle ne pouvait lui en donner, il s'écria d'un ton lamentable : (( Hélas ! bonne Sœur Alacoque, ayez pitié de « moi, sauvez-moi du péril où je suis !.. Souvenez-vous que « je dis tous les jours un Pater et un Ave Maria à votre « honneur et gloire. Hélas! aidez-moi à sortir du danger « où je me trouve ! . . . » Cependant, personne n'osait aborder à cause que l'endroit était trop périlleux. Enfin, l'on fut contraint d'y envoyer des hommes qui prirent à leurs cols des petits bateaux et alors, cassant la glace pour le pouvoir joindre ou le tirer avec une harpie ou crochet qu'on lui porta dans la manche de son habit, ce qui, lui donnant quelque espérance, il s'écria encore : « Bonne Sœur Ala- « coque, sauvez-moi de ce danger ! » Au même temps, on le prit et on l'amena au bord de l'eau. Alors, tous s'écrièrent: « Miracle ! » car de cent personnes, il ne devait pas s'en sauver une. Mais l'on fut bien plus surpris quand, au sortir de l'eau, il parut comme mort, étant tout violet, n'ayant de voix que pour s'écrier une troisième fois : « Ayez pitié de moi, bonne Sœur Alacoque ! » Au même temps, l'on l'emporta, chacun croyant qu'il en mourrait. Cependant, le lendemain il se trouva en aussi bonne santé que si il ne lui fut rien arrivé. Fait à Mâcon, ce 31 août 1715.

BOUILLET ChAVANE.

De plus, je confesse et certifie que ma fille, nommée Ursule, étant fort incommodée en sorte qu'elle n'avait jamais pu marcher, quoiqu'elle fût âgée de cinq à six ans^ et ne voyant pas comme la pouvoir faire soulager, la crainte que j'eus qu'elle ne restât toute sa vie en cet état^ me fit avoir recours à cette sainte religieuse, dont mon fils venait de recevoir une si grande grâce. J'envoyai pour cela une de ses chemises avec une paire de bas pour faire toucher à son tombeau. Dès que ma fille eut porté quelques jours ces bas, elle se sentit bien remise et, depuis, a toujours marché sans peine.

Ce 31 août 1715.

BOUILLET GhAVANE.

Elle est venue en cette ville, où elle a fait dire une messe en action de grâces.

Plusieurs personnes de la paroisse de la Ghapelle-du- Mans, proche Bourbon, en ont reçu des secours très miraculeux, mais surtout une jeune fille, nommée Reine Raclo, qui a été trois ans malade. Elle avait les bras et les pieds fort enflés, surtout dans les jointures, qui l'empêchait de marcher et de pouvoir s'aider pour quoi que ce soit ; ce qui lui avait été causé par une frayeur qu'elle eut étant sur un char, qui lui avait glacé le sang dans les veines. Sa mère^ étant extrêmement touchée de la voir dans cet état, employa des personnes de considération pour lui obtenir une place à Bourbon, au nombre des pauvres que l'on y reçoit tous les ans ; elle lui fit conduire pour y prendre les bains et la douche, mais les médecins assuraient toujours que les remèdes seraient inutiles — ce qui fut très vrai — et qu'elle n'en guérirait point ; ce qui afïligeait fort cette pauvre femme, voyant sa fille si incommodée, qu'il fallait la servir comme un petit enfant, ne pouvant pas même se mettre les morceaux à la bouche.

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Une domoiselle passant dans leur village, lui dit qu'elle devrait s'adresser à notre vertueuse Sœvu* Alacoque par une neuvaine. Aussitôt elle lui en commenta une, priant une bonne veuve de se joindre à elle, pour ol)tenir la santé de sa tille. Elles promirent de jeûner tous les jours. A la fin, elle commenta de remuer un peu les doigts, ce qui leur donna couraj^e d'en recommencer une seconde, pendant laquelle elle marchait avec des béquilles ; mais ses bras ne pouvant les soutenir, elle fut oblig-ée de cesser, ce qui détermina ces bonnes femmes de venir au tombeau de notre V. Sœur, pour lui demander la guérison de cette pauvre fille ; elle y fît toucher une chemise et lui porta de ses reliques. Dès qu'elle l'eut pris, elle eut ses bras libres et commenta à marcher; mais comme il lui restait un peu de faiblesse, elles firent encore une neuvaine, après quoi elle se trouva parfaitement guérie. Elle l'amena à Paray, oii elle vint à pied, quoiqu'il y eut près de cinq grandes lieues, pour remercier Notre-Seigneur de la grâce qu'il lui avait faite par l'intercession de notre V. Sœur. C'est elle-même qui l< nous la raconté le 22 novembre 1715.

Mademoiselle de Ghalonnay, la fille, étant fort incommodée d'une grande surdité, eut recours à notre V. Sœur. Il Elle demanda à Monsieur notre Supérieur la permission d'entrer céans pour y faire sa neuvaine, pendant laquelle elle fut exaucée. Par reconnaissance, elle a fondé une bénédiction du saint Sacrement dans notre église tous les premiers vendredis de chaque mois.

Mesdames Dupuy, religieuses aux Dames de Baulieux,

»nt été guéries de fièvre continue et oppression de poitrine

n prenant de l'eau où l'on avait mis de ses reliques. Un

jour, l'une étant malade à l'extrémité, l'on fit entrer le

confesseur pour la confesser. Dans ce moment elles reçurent

deux scapulaires quelles avaient prié que Ton fît toucher

au tombeau de notre V. Sœur. Elle en prit un, qu'elle appliqua sur son côté, où elle avait un grand point. Au même moment, sa douleur cessa et se trouva soulagée si considérablement qu'elle pria Monsieur leur confesseur de se retirer, disant qu'elle était guérie. Le lendemain elle se leva, descendit au chœur pour remercier Notre-Seigneur et, depuis ce temps a été guérie des langueurs qu'elle avait. C'est elle qui l'a écrit céans .

Madame du Maltrait, religieuse aux Dames de Sainte- Ursule de Bourbon, nous a écrit qu'elle avait été guérie d'une enflure qu'elle avait à la jambe depuis plus [de] quinze jours, qui lui faisait de grande douleur et l'empêchait de marcher et de reposer la nuit. Voj^antque tous les remèdes que l'on y faisait ne la soulageaient point, elle fut inspirée de s'adresser à notre Vénérable Sœur, mettant de ses reliques sur sa jambe, qui se trouva le lendemain bien guérie et marcha sans peine.

Madame de Chevregny, ayant la petite vérole, fut en peu de jours à l'extrémité. Les médecins disant qu'elle aurait beaucoup de peine à se retirer de là, elle envoya une chemise pour faire toucher au tombeau de notre V. Sœur. Dès qu'elle l'eut pris, elle perdit la fièvre et se trouva hors du danger où elle était.

Mademoiselle Bouillet, de la paroisse de Saint-Aubin, dit avoir été guérie d'une violente douleur de tête qu'elle avait depuis longtemps, en invoquant notre Vénérable Sœur. Mademoiselle Bouillet nous a assurées que sa fille avait été guérie de la fièvre quarte, qui était des plus opiniâtres, en prenant de l'eau où elle avait mis un peu de bois de la bière de notre V. Sœur.

L'on a écrit céans qu'une de nos chères sœurs de notre monastère d'Avallon était devenue si sourde qu'elle ne pou-

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vait pas même entendre la cloche lorsqu'elle sonnait pour les offices et la messe. Elle commenta une neuvaine à notre V. Sœur et, au cinquième jour, elle fut délivrée de cette incommodité.

Une paysanne vint le lundi de Pâques de l'année 1716 pour remercier Notre-Seig-neur de ce que, par l'intercession de notre V. Sœur, elle dit avoir été guérie d'une hydropisie universelle, qui l'empêchait de s'aider du bras droit. Elle fit toucher une chemise à son tombeau et dès le lendemain qu'elle l'eut pris l'enflure se dissipa, et s'est toujours bien portée depuis; c'est elle-même qui Ta dit.

Plusieurs personnes de Gluny s'y sont adressées pour toutes sortes de malades et ont reçu l'effet de leur confiance. Deux personnes du même lieu ont été guéries, l'une d'une grosse gale et l'autre qui depuis un mois ne pouvait point du tout marcher, dès qu'elle eut pris une chemise que l'on avait fait toucher au tombeau de notre V. Sœur, elle le fit très facilement.

Trois personnes de la Paccaudière l'ont invoquée avec succès : l'une pour un rhumatisme à la tête, l'autre pour une dureté d'oreille et la troisième — c'est un vigneron — qui était à l'extrémité, dès que Ton lui eut fait prendre de l'eau de ses reliques, il fut soulagé très promptement. Il est venu ici pour rendre grâces à Notre-Seigneur.

Plusieurs personnes de Saint-Christophe estiment en avoir reçu des secours très miraculeux en plusieurs occasions et de toutes sortes de maladies, pour lesquelles ils l'ont invoquée.

Un garçon qui demeurait chez un procureur avait une grosse gale depuis huit ans, qu'il n'avait pu faire passer.

Comme cela l'empêchait souvent de pouvoir écrire, il eut recours à notre V. Sœur par une neuvaine. A la fin, ils^est trouvé entièrement quitte de cette gale.

Une personne a été guérie d'une grande fluxion qu'elle ^vait sur les yeux, qui l'incommodait si fort depuis trois ans qu'elle croyait d'en perdre la vue par les grandes douleurs qu'elle y ressentait. Gomme elle vit que les remèdes ne la soulageaient point, elle vint à notre église prier notre V. Sœur de lui obtenir de Dieu la conservation de sa vue. Sa prière achevée, elle sentit une douce espérance qu'elle était exaucée, ce qui lui fît verser beaucoup de larmes de joie, qui ne tarirent point qu'elle ne fût de retour chez elle, où elle se trouva bien guérie. Elle fît une seconde fois le voyage pour remercier Notre-Seigneur de la grâce qu'il lui avait faite par l'intercession de notre V. Sœur, qu'elle invoque <iepuis tous les jours.

Une pauvre femme avait un enfant qui était tout perclus depuis près de deux mois. Sa mère lui fît une neuvaine à notre V. Sœur ; elle obtint la guérison de son enfant.

Monsieur de Passy, le cadet, étant à la campagne, très incommodé d'une hydropisie et mal de poitrine, il se fit amener à Paray pour faire des remèdes, qui furent tous ^ans effet. Sa servante, voyant qu'il n'en recevait aucun soulagement, lui dit de s'adresser à notre V. Sœur. Il envoyai une chemise à son tombeau. Dès qu'il l'eut pris, il se trouvai fort soulagé et en peu de jours en parfaite santé. C'est sa; servante qui l'a raconté.

Un vigneron de Monsieur Alacoque dit avoir été guéri de trois maladies mortelles par le recours qu'il a eu à notre; V. Sœur, dont la dernière a été une hydropisie formée, selon le sentiment des médecins.

CAl SK DK nKATIFK.ATlON KT DK CANOMSATION ÎH

Vn liomine du Bois-Sainte-Marie est venu ici pour déposer qu'ayant i^ardé sa femme six ans dans une lan«^ueiif continuelle et qui avait résisté à tous les remèdes dont elle n'avait revu aucun soulagement, dès qu'il eut fait une neuvaine à notre \ . Sœur, elle avait été parfaitement guérie.

Une demoiselle de Toulon est venue exprès à Paray pour rendre g-ràces au Seigneur de ce que, par l'intercession de notre Vénérable Sœur, elle avait re^u l'usage de ses jambes, ayant trois ans qu'elle ne pouvait marcher.

Une femme étant accouchée d'un enfant, elle en avait encore un dans son sein, qui ne pouvant sortir, la réduisit en moins que de troisjours à l'extrémité. L'on n'en attendait plus que la mort ; l'on lui fît recevoir les derniers sacrements. De plusieurs personnes qui y assistèrent, il y en eut qui conseillèrent de s'adresser à notre V. Sœur ; ce que tous les assistants firent. Leur prière ne fut pas achevée qu'au même instant la mère et l'enfant furent délivrés heureusement, à l'étonnement de tous ceux qui étaient présents, qui le regardent comme un grand miracle. La personne qui nous Ta raconté dit en avoir reçu un secours miraculeux dans une ail'aire inq3ortante qu'elle lui avait recommandée.

Une demoiselle est venue faire ses dévotions dans notre glise pour remercier le Seigneur de ce qu'elle avait été juérie d'une grande fluxion qu'elle avait aux yeux, après ivoir fait une neuvaine à notre Vénérable Sœur.

Mademoiselle Bertrand a été guérie d'une violente douleur de tête en invoquant son secours.

Une femme qui était dangereusement malade l'a été de même.

L on s'y est adressé avec succès pour une personne qui avait des accidents furieux de folie. Après avoir fait faire Marguerite-Marie Alacoque. — III. 7

plusieurs prières pendant plusieurs mois qu'il était dans cet état, Ton s'avisa de lui mettre dessus une petite image du sacré Cœur. L'on fît une neuvaine à notre Vénérable Sœur et Ton fit dire des messes en l'honneur de la Passion ; pendant laquelle il se trouva si bien guéri que, depuis ce temps, il n'en a eu aucune atteinte.

Une dame de qualité ayant appris le recours que l'on avait à notre V. Sœur, l'invoqua pour un de ses fils, âgé de 7 ans, qui n'avait jamais marché. Elle lui fît faire une neuvaine, à Salins, pendant laquelle cet enfant marcha sans peine.

Une pauvre femme a été guérie d'une maladie mortelle, dès qu'elle eut pris une chemise qu^elle avait envoyée au tombeau de notre V. Sœur.

Une Dame religieuse des Sainte-Ursule de Charlieu, passant ici, nous dit avoir été guérie d'une fluxion qu'elle avait aux yeux depuis trois ans, qui lui ôtait la liberté de lire une lettre, ce qu'elle faisait à présent sans peine, depuis qu'elle s'était adressée à notre V. Sœur, et qu'elle vo^^ait parfaitement.

Une femme de Mâcon dit avoir été guérie d'une fièvre qu'elle avait depuis quatre ans, en invoquant notre V. Sœur.

Le 1 3 de juin 1 7 1 6 , un ermite qui demeure proche Perrecy , dit à une de nos sœurs qu'il s'y était fait un miracle en invoquant notre V. Sœur. Un tailleur de pierres, qui tra- | vaillaitdans ce lieu, étant perclus de tous ses membres, on lui conseilla de s'y adresser, ce qu'il fît avec tant de foi et de confiance que la nuit même il se trouva entièrement guéri.

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lue femme la été en faisant une neuvaine, d'un mal iju'ellea supporté plus de six mois, qui était un abcès, selon le sentiment de Monsieur Billel, médecin.

Un paysan de la paroisse de Saint-Julien, qui avait des maux d'estomac qui le mettaient à la mort, il envoya une chemise pour faire toucher au tombeau de notre Vénérable Sœur. Dès qu il l'eut prise, il lui survint un grand vomissement de sang et avant que la semaine fût finie, il fut guéri parfaitement.

Une femme de cette ville ayant un abcès à la tête, avec des grandes douleurs, elle vint à notre église pour prier notre V. Sœur de lui obtenir la patience dans ses douleurs. En s'en retournant, cet abcès s'ouvrit et dans le moment son mal passa sans qu'elle s'en soit ressentie depuis.

Une autre avait un enfant malade depuis 14 mois et ne sachant plus que lui faire, elle s'adressa à notre V. Sœur par une neuvaine et à la lin son enfant fut bien guéri. C'est elle qui nous l'a dit.

Le second jour d'août 1716, un paysan vint à notre église pour rendre grâces à Dieu de ce qu'en invoquant notre V. Sœur, il avait été guéri d'un mal dangereux à la jambe, où il n'y avait plus de remède que de la couper. Il donna à notre sœur tourière une petite aumône par reconnaissance de la grâce qu'il avait reçue. Elle lui dit de la porter luimême à la sœur portière, mais il ne voulut point paraître au parloir, ni dire son nom, ni le lieu d'où il était, ne disant autre chose, qu'il avait de grandes obligations à cette bonne religieuse'.

1, Dans le même Recueil, cetlo guérisoii est encore rapportée avec les variantes ci-dessous :

" Le second jour d'août, un paysan vint à notre église pour rendre

100 YIK ET ŒUVRES DE MARGL'ER1TE-3IARIE ALACOQLE

Une femme ayant une fluxion à Tépaule qui ne lui donnait aucun repos ni jour ni nuit l'espace de trois semaines, elle se résolut de venir à notre église. Ayant fait sa prière, sa douleur cessa tout à coup et dans ce moment il se fit une grande ouverture dans l'épaule d'où il sortit beaucoup de pus ; elle fut guérie en peu de jours.

Un boulanger de Digoin est venu ici, avec sa femme, pour faire dire une messe en action de grâces de ce qu'il avait été retiré d'un accident d'apoplexie, causée par un épanchement de bile, qui l'avait tenu cinq heures sans parole ni mouvement. Sa femme, voyant qu'il n'avait plus de connaissance et craignant de le perdre, dans sa douleur, elle invoqua notre V. Sœur et dans le moment, le malade reprit la parole et se trouva absolument si bien guéri qu'il voulut venir promptement remercier sa bienfaitrice.

Au mois d'octobre, la petite fille de Morgue fut guérie.

grâce au Seigneur de ce que, par l'intercession de notre Sœur Alacoque, il avait été guéri d'un mal dangereux ([u'il avait à la jambe, après avoir fait sa prière. Il appella notre sœur tourière, à ([ui il remit 6 1. en reconnaissance de ce bienfait et la pria de faire dire une messe en action de grâces. Elle lui demanda son nom qu'il ne voulut dire, ni le lieu où il demeurait, disant que cela nétait pas nécessaire, mais qu'il raconterait partout la grâce qu'il en avait reçue, qui est qu'ayant une jambe presque toute pourrie, il s'était mis entre les mains des médecins, apotbicaires et cbirurgiens, qui lui avaient fait toutes [sortes] de remèdes, qui n'avaient pu empècber le mal de faire beaucoup de progrès, qu'il y avait longtemps qu'il était dans cet état, ne pouvant travailler, ce qui le cbagrinait l'orl, mais qu'il le fut bien davantage lorsqu'ils lui dirent qu'il n'y avait plus de remède (jue de lui couper la jambe, pourempêcber la gangrène. Dans ladouleur où il était, il fut inspiré d'implorer le secours de notre V. Sœur, dontil avait ouï parler. 11 le fit le soir en se coucbant, lui promettant que, si elle lui obtenait de guérir, il lui ferait une petite offrande. Le lendemain, il se trouva si bien guéri qu'il ne lui restait qu'un peu de faiblesse et dès que sa jambe a été un peu fortifiée il est venu s'ac- (juiller de sa promesse, après quoi il s'en retourna sans vouloir s'arrêter uu ujoment [)Our parler à noire sœur portière qui soubaitait de le voir. »

(UL'SK Ml-: Hr.Arii-icAiioN r.r m: canonisation 101

diiiio impuissance qu'elle avait à marcher (le[)uis près de (juatre ans, par le recours (ju'ils ont eu à notre Vénérable So'ur Alacoque.

Vn i^d\\;oi\ (le Toulon est venu à Paray pour remercier Notre-Seii^neur de ce qu'il avait été guéri d'une tumeur au gosier, qui 1 incommodait beaucoup.

Madame Dupoyet, jeune religieuse des Dames de Saintel'rsule de Roanne, se trouva attaquée, à la fin d'octobre dernier, d'une paralysie qui, le jour de Saint-Martin, lui ôla absolument l'usa^i^e des jambes. Elle y ressentait de grandes douleurs, aussi bien que par tout le corps, quoi- (|u'en pinçant fortement la chair, elle fût insensible. L'enflure était jointe par tout le corps, mais surtout à un sein, qu'elle avait d'une si prodig-ieuse grosseur, qu'elle était obligée de le soutenir avec une serviette attachée à son col ; il était si dur et si enflammé qu'on s'attendait à tout moment de le voir ouvrir. On lui a fait prendre les remèdes les plus violents pendant sa maladie surtout les bains qu'on lui faisait pour la faire suer, d'où on la retirait évanouie. Elle suait prodigieusement et cependant n'était point soulagée. Elle fut en cet état jusqu'à la lin de novembre ; le dernier jour elle perdit la parole ; on lui fît recevoir ses derniers sacrements ; elle la reprit quelque temps après et demeura pour le reste [dans le même état jusques au jeudi 4 décembre, qu'à cinq heures du soir, elle fît un vœu au sacré Cœur de Jésus, avec la permission de sa supérieure. Quelque temps après, elle pria deux religieuses qui étaient auprès d'elle de lui aidera se soulever pour voir si elle pourrait se soutenir sur ses pieds, ce qu'elle fit facilement. Elle leur dit qu'elle ferait bien quelques pas et, en moins de deux miserere^ elle alla et revint par la chambre sans peine. Elle descendit au chœur dans le moment pour remercier Notre-Seigneur et de là, fut au réfectoire, où elle but et

mangea de très bon appétit. Plus de nouvelle d'enflure ni d'autres choses. Elle demanda de faire maigre le vendredi et samedi suivants ; elle a repris tous ses exercices comme les autres, en tout ce qu'on a voulu lui permettre.

Sa dévotion au sacré Cœur de Jésus-Christ lui avait fait faire un tableau qu'elle a fait exposer dans leur chœur, et le vœu particulier de sa maladie a été de faire brûler deux cierges devant ce table^fu, pendant la messe de Communauté, tous les premiers vendredis de chaque mois.

C'est un Père Jésuite quia écrit à une de nos sœurs cette guérison miraculeuse, comme en ayant été témoin, ayant souvent vu cette religieuse, lorsqu'il accompagnait le Père recteur qui allait pour la confesser. Les médecins ont donné une attestation.

Une femme du même lieu, ayant appris ce miracle^ s'adressa au sacré Cœur de Jésus, pour obtenir d'être soulagée. Il y avait sept mois qu'elle était malade, ensuite d'une couche, qui lui avait laissé l'incommodité de ne pouvoir retenir son urine. Pour obtenir cette grâce, elle promit de jeûner trois vendredis de suite, en l'honneur de ce divin Cœur; elle en fut guérie aussitôt.

Mademoiselle Ravot est venu ici ce 22 janvier rendre le vœu qu'elle avait fait pour son mari, qui a été malade dune absence d'esprit, qui la tenait fort en peine. Elle s'est adressée à notre V. Sœur, par une neuvaine, et promit de venir à son tombeau. Il a été guéri. Elle est venue faire dire une messe en action de grâces.

Monsieur le Curé de Saint-Léger vint, au commencement de ce mois, dire une messe pour un homme de sa paroisse qui, depuis environ huit mois, ne parlait point et avait tous les membres perclus. Il a eu recours à notre V. Sœur par une neuvaine ; à la fin il a parlé librement et

CAUSE l>t: HÉATIFICATION ET DK CANOMSATIO.N 103

marche avec un bàloii. Il est venu avec Monsieur le Curé, pour rendre ii^ràees à Dieu. C'est lui-même qui l'a raconté ù notre sieur tourière.

Une demoiselle nous a assurées avoir g^uéri plus de quarante personnes de toutes sortes de fièvres, en leur mettant au col un peu de terre du tombeau de notre V. Sœur. D'autres fois, elle faisait boire de l'eau dans laquelle elle mettait un peu du bois de sa bière.

Une fenmie près de Màcon dit avoir été guérie d une lièvre qu'elle a eue pendant quatre ans de suite, sans que tous les remèdes qu'elle faisait aient pu lui causer quelque diminution. Une personne lui conseilla de s'adresser à notre V. Sœur. Elle le fît et cessa tous ces remèdes, commença une neuvaine, pendant laquelle elle perdit sa fièvre et depuis ce temps n'a plus eu de retour.

LETTUE d'envoi DU ReCUeil A MGR LANGUET

Monseigneur,

Je supplie Votre Grandeur de me pardonner si j'abuse de votre patience, mais le zèle que je sais qu'EUe a pour l'exaltation de la gloire du sacré Cœur m'a fait croire que ce petit recueil lui ferait plaisir, puisque c'est une preuve évidente qu'il veut manifester Celle qui a tant eu de soins de se cacher par la vie humble qu'elle a menée sur la terre. Je pourrais vous en rharquer quantité d'autres, qui ont été guéris de toutes sortes de fièvre, de rhumatisme, de douleurs de tête et d'autres maux. Je me suis attachée aux plus considérables, pour éviter à Votre Grandeur, Monseigneur, la peine de lire tant d'écritures. Nous allons redoubler nos prières pour demander au Seigneur la conservation de votre santé et qu'il lui donne le temps de finir cet

ouvrage. L'on nous écrit de tous côtés pour nous témoigner la joie que Ton a de savoir qu'il soit entre les mains de Votre Grandeur et l'empressement que 1 on a de le voir bientôt.

Je viens d'apprendre, Monseigneur, que ma sœur de Farg-es envoie à Votre Grandeur le petit cahier des lettres et avis que la très honorée Mère Greyfîé avait donnés à notre vénérable Sœur Alacoque, comme il [est] marqué dans Farticle 50 ^ des pièces qui ont été produites. Il y a même des lettres dans ledit cahier qui ne sont pas attachées. Votre Grandeur, Monseigneur, aura la bonté de prendre garde qu'il ne s'égare pas. Elle verra que ledit cahier a été parafé et que, par conséquent, il est nécessaire de le renvoyer, puisqu'il est tout compris dans les Mémoires de la vie de notre vertueuse Sœur et que le Père Prieur nous a chargée de conserver toutes ces pièces, pour servir au besoin. Etant entre vos mains. Monseigneur, nous en serons fort en repos. Gomme Monsieur le Guré de Pierrefitte n'est point venu, nous nous servons de l'occasion de Monsieur Bisfrant qui va à Paris et veut bien se charger de tous nos papiers, pour les faire tenir à Votre (Grandeur sûrement. Il fera quelque séjour à Paris ; ainsi, si Elle a quelque chose à nous ordonner, Elle pourra lui envoyer ses réponses.

Mille excuses, Monseigneur, de la longueur de cette lettre. [Pas de signature.)

1. De fait, ce cahier est porté au n° 16 de la procédure de 1715; ef. t. I, p. 482.

>V\TE m UKCIEIL DKS MIKACLKS t)l>ÉHÉS V.\l\ 1, IMKHCESSION m: NOTHL V. MARr.UERlTK-^IAUlE ALACOQUE

Environ 1 iuinée 172*), le Révérend Père de GallilTet, assistant de France du Général de la Compagnie de Jésus, crivil de Home à notre très honorée Mère Anne-Klisabeth de La Garde, alors notre supérieure, et lui manda que la copie de la vie de cette grande Servante de Dieu, écrite par elle-même, et qu'il lui avait demandée, avec celle du procèsverbal du miracle de la guérison de notre chère sœur (>laude-Angélique Desmoulins, arrivée par les intercessions de cette Vénérable Sœui-, pour les mettre dans son livre de V Excellence de la dévotion du Cœur de Jésus, que lesdites deux copies, dans un même paquet à lui adressé, étaient tombées dans la mer à Livourne, qu'on avait promptement retiré le paquet de la mer et qu'il ne s'était pas. trouvé une page de mouillée.

20 août en 1730.

La très honorée Mère Françoise-Ignace de Bassompierre, supérieure de notre monastère de Nancy, écrivit à la très honorée Mère Françoise-Angélique de Choiseul, supérieure de celui d'Autun, ce qui suit :

Une de nos chères sœurs [était] attaquée depuis plus de trois ans de furieuses vapeurs qui lui causaient de si violents accidents, qu'elle dégénéra en des tremblements universels et convulsions si effrayantes qu'on n'osait la laisser voir à personne. Elle en a été plusieurs fois à l'extrémité et tous les remèdes lui devinrent inutiles. La palpitation de ses yeux ne lui permettait plus ni lectures ni ouvrages et l'embarras de sa tête ne lui laissait aucune capacité pour s'appliquer et lorsqu'elle n'était pas dans le fort de son mal,

à peine pouvait-elle [faire] les prières d'oblig-ation, entendre une messe dans une chapelle, n'osant paraître devant la Communauté.

Ayant ouï dire qu'on lisait la vie de notre V. Sœur Alacoque, au récit de ses héroïques vertus et de ses miracles, elle eut plusieurs mouvements de l'invoquer, et après bien des doutes et des perplexités de défiance, elle réfléchit sur son pitoyable état et, s'adressant tout à coup au sacré Cœur de Jésus, elle lui demanda que si c'était la volonté de Dieu et sa plus grande gloire, il daignât signaler le crédit auprès de lui de sa fidèle amante et sans neuvaine, ni vœux, ni promesse que d'employer la santé qu'il lui rendrait à remplir dignement et avec ferveur les devoirs de son état, au même moment elle sentit comme une liqueur miraculeuse qui s'écoulait dans tous ses membres, qui les rétablissait dans leur état naturel, comme si sa santé n'eût jamais souffert d'altération ; elle fut sur-le-champ entière et parfaite plus qu'elle n'en avait jamais eu et comme si on lui [eût] fait un corps nouveau. C'était dans l'octave de la Conception de la Sainte Vierge et quoique le froid lui eût été toujours pénible, elle n'a jamais eu aucun signe de retour à la plus légère indisposition, ayant toujours jeûné depuis ce tempslà les jeûnes d'Eglise et de la règle, elle qui ne pouvait faire un seul jour maigre.

Elle est depuis le réveil jusqu'au coucher dans l'exacte pratique de la règle et dans l'exercice d'un emploi très fatiguant, ce qui ne l'empêche pas de veiller les malades et on peut dire que le Seigheur lui a donné une santé à toute épreuve. Cette chère Sœur est un très bon sujet.

Quelques années après, la femme du meunier de Paray amena dans notre église et à notre sacristie son petit enfant de cinq ans, pour y rendre ses actions de grâces au sacré Cœur de Jésus et à notre V. Sœur Alacoque de ce que, par son intercession, cet enfant avait été préservé de se noyer dans la rivière, étant tombé dedans, au-dessus du

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moulin cl lorsqu'il passa dessous, les roues s'arrotèronl pour le laisser passer, parce qu'elle invocjuail à grands cris celte fidèle anianto de Jésus-Christ. La rivière entraîna fort loin cet enfant, à [)rès d'un quart de lieue, et le meunier, son père, qui le croyait noyé, le tr(niva qui se jouait sur l'eau, et ses habits n'en furent pas même mouillés à ce que sa mère assura aux sœurs sacristines.

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