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CONCERNANT LA CAUSE DE LA SERVANTE DE DIEU

QUATRE LETTRES ET DEUX FRAGMENTS DE LETTRES DE LA SŒUR MARIE-ALEXIS COSTA DE MASSOXGy', PROFESSE DU MONASTÈRE d' ANNECY, A LA MÈRE ANNE-ÉLISABETII DE LA GARDE SUR LA MARCHE A SUIVRE POUR PRÉPARER LA BÉATIFICATION DE LA VÉNÉRABLE SŒUR ^LARGUERITE-MARIE ALACOQUE.

I re

Vive ■[ Jésus !

De notre monastère d'Annecy, le 23 décembre 1713.

Ma très honorée Mère,

En souhaitant à Votre Charité la plénitude des grâces du saint avènement de Jésus-Christ, nous venons vous faire

1. La sœur de Massongy fut suscitée de Dieu dans TOrdre de la Visitation pour procurer la gloire de la sainte Fondatrice de l'Institut, la Mère de Chantai; car ce fut elle qui, avec patience et obstination, entreprit d'en poursuivre le procès de béatification. Cette infatigable postula trice consuma la moitié de sa longue carrière religieuse à travailler à cette grande Cause, dont elle ne devait cependant pas voir l'heureuse conclusion.

Très entendue dans toutes les formalités et procédures requises en semblable matière, la sœur de Massongy mit de grand cœur ses Marguerite-Marie Alacoque. — IIL 2

part que nous, avons reçu des lettres de plusieurs de nos maisons, qui nous prient de travailler à faire déposer préparatoirement notre très honorée Mère Péronne-Rosalie Greyfié, surtout ce qu'elle sait et qu'elle a vu des vertus héroïques de notre Vén. Sœur Marguerite Alacoque, que Dieu manifeste par des miracles. Monsieur l'abbé Lang-uet, votre illustre Supérieur, nous a aussi fait Thonneur de nous en écrire. L'humilité de notre très honorée Mère se défend de parler sur un sujet où elle a part comme ayant, en qualité de Supérieure, dirigé six ans cette grande Servante de Dieu. Enfin, hier, la suppliant de ne pas refuser un témoignage authentique, comme témoin oculaire des vertus et de la sainte vie de notre V. Sœur Alacoque, pour servir de preuve à sa béatification dans le temps que la divine Providence nous marquera, et pour ne pas tomber dans les mêmes difficultés où nous avons été à Tégard des preuves de nos Vén. Mères de Chantai et de Bréchard, dont on a perdu la plus grande partie, pour ne les avoir recherchées qu'après la mort des témoins oculaires. Pour ne pas, dis-je, tomber dans cet inconvénient et pour nous acquitter de la commission ^que nos très honorées sœurs les Supérieures de nos Maisons nous avaient donnée en qualité de solliciteuse delà béatification de nos Vén. Mères, je la suppliais de faire violence à son humilité pour rendre gloire à Dieu et à la vérité, sur ce qu'elle avait vu des rares vertus de notre V. Sœur Alacoque. Sur cela, notre très honorée Mère nous répondit que si nous pouvions réavoir un gros cahier qu'elle avait tout écrit de sa main, après la mort de notre V. Sœur Alacoque, de ce qu'elle savait de sa sainte vie, qu'elle pourrait, sur ce Mémoire, qui lui rappellerait le souvenir de ce qu'elle avait vu, faire sa déposition authentique par serment, mais que, sans ce Mémoire^ qu'elle nous

lumières et son expérience au service de la cause de la Vén. Sœur Marg-uerite-Marie. Les lettres suivantes en font foi. La Visitation de Paray en possède les autographes.

dit avoir envoyé à votre monastère ou à celui de GharoUes, après le décès de notre V. Sœur Alacoque, elle ne pourrait se résoudre à prêter serment, crainte que sa mémoire ne lui rappelât pas assez fidèlement toutes les circonstances renfermées dans son dit Mémoire.

L'%e avancé de notre très honorée Mère, qui se soutient par la «i^ràce de Dieu dans l'observance de tous les exercices réguliers depuis le sig-ne du réveil jusques à matines, nous ferait prier Votre Charité de ne perdre point de temps pour nous envoyer ledit Mémoire en original écrit de sa main. Et, pour ne rien risquer, il faut, s'il vous plaît, en faire faire une copie par main de notaire, avec le certilicat au bas, de la reconnaissance de l'écriture de la main de notre très honorée Mère Péronne-Rosalie Greyfié — ce qu'il vous sera aisé de faire par le témoignage de vos anciennes, qui l'ont vue écrire pendant qu'elle était supérieure chez vous — et, s'il est nécessaire, par la confrontation de son écriture, par le renouvellement de ses vœux sur le gros livre du couvent, qui est une écriture digne de foi. Après que cette précaution sera prise, il faudra prendre toutes celles que votre prudence vous dictera pour faire parvenir ledit Mémoire entre nos mains, en nous l'adressant directement. Vous pourriez l'adresser à nos sœurs de Lyon en Bellecour, pour nous le faire tenir sûrement, en leur marquant que ce sont des Mémoires de conséquence et leur recommandant étroitement de nous les faire tenir promptement et fidèlement. Il faut bien cacheter ledit paquet et y joindre un Mémoire fidèle de tous les miracles et de toutes les grâces que Dieu a opérés par les intercessions de notre Vén. Sœur Alacoque. Nous vous demandons d'autant plus cette grâce que plusieurs de nos Maisons, qui nous font l'honneur de nous écrire au sujet de la béatification de nos Vén. Mères, nous demandent aussi les miracles de notre V. Sœur Alacoque, se persuadant que nous en devons être pleinement instruites. Il serait en effet nécessaire que

nous le fussions pour bien des raisons. L'emploi de solliciteuse de la béatification denos Vén. Mères, qu'indig-nement j'occupe, et la vénération particulière que j'ai toujours eue pour notre V. Sœur Alacoque, nous fait vous demander en grâce de nous envoyer un Mémoire fidèle des miracles que Dieu a opérés par ses intercessions.

Il faut profiter de la lumière pendant qu'elle luit. Je veux dire, faire faire un extrait authentique de l'acte de son baptême ; faire déposer comme elle a reçu le sacrement de confirmation et faire déposer préparatoirement tous les témoins oculaires de ses vertus dans l'état séculier et religieux ; tirer des preuves comme elle a pratiqué dans un. degré héroïque les vertus cardinales, théologales et morales. Ces procédures préparatoires serviront de preuves pour lestemps à venir, où les témoins oculaires ne seront peut-être plus en état de parler. Pardonnez ma confiance, ma trèshonorée Mère, à vous marquer si naïvement mes petites pensées, qui ne partent que d'un cœur qui n'a en vue que la gloire de Dieu dans la glorification de sa fidèle Servante et qui est très respectueusement attaché à vos intérêts.

Nous vous supplions de faire faire quelques prières particulières pour demander à Dieu la santé et les années de saint Pierre pour notre très saint Père le Pape ^ On nous mande de Rome, du 2^ du courant, que ce saint Pontife avait été très mal mais que depuis quelques jours il se portait mieux. Faites ferveur pour nous obtenir une santé si précieuse à l'Eglise et particulièrement à notre Cause.

Le ballot des procès préparatoires de la béatification de nos Vén. Mères de Chantai et de Bréchard est en route depuis le 26^ août dernier. Les difficultés pour les passagesl'ont arrêté. On nous mande que, depuis les commencements de ce mois, on devait l'envoyer à Venise pour, de là,, le faire passer à Rome, où on l'attend avec un saint empres-

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