Clément XI
sèment. On nous marque même qu'il semble que notre saint Père le Pape retarde de prononcer sur d'autres causes, pour donner temps à celles-ci de s'avancer, afin de faire les cérémonies de toutes les Béatifications en même jour. Ces heureuses dispositions dans la Cour romaine nous font bien reconnaître que Dieu travaille en faveur de notre sainte affaire, qui n'est que dans sa première ébauche, car il faut faire le procès juridique, que nous ne pouvons commencer qu'après qu'on aura fait l'examen des procès préparatoires. Toute notre confiance est en Dieu. Il faut le prier persévéramment qu'il achève son ouvrage à sa plus grande gloire, jusques à la perfection de l'œuvre ; qu'il conserve et qu'il donne ses saintes lumières aux personnes qui travaillent et qui doivent travailler à ce saint œuvre et qu'il consomme ■des flammes de son divin amour celle qui est, avec bien du respect et à votre sainte Communauté,
Très humble, indigne s'" et servante en N.-S.,
Sœur Marie-Alexis Costa de Massongy, de la Visitation S^^'-Marie.
Vive -f Jésus !
De notre monastère d'Annecy, le 1"' février 1714.
Ma très honorée Mère,
Votre Charité nous a fait un véritable plaisir de nous donner avis par la poste de l'envoi des Mémoires que notre très honorée Mère avait écrits des vertus, etc., de notre Vén. Sœur Marguerite-Marie Alacoque. Nous les attendons
avec empressement, pour ne point perdre de temps à mettre la main à la sainte œuvre que vous voulez bien confier à mes faibles soins.
Nous avons eu l'honneur de conférer de cette atîaire avec Monsieur notre Père spirituel ^ qui est regardé dans le diocèse comme le saint François de Sales de nos jours. Nous lui avons communiqué les [ ? ] que nous avons reçus sur ce sujet, nous faisant un devoir essentiel d'agir dépendamment de ses lumières dans toutes les affaires que la divine Providence nous adresse.
11 nous a fait la grâce de nous dire qu'il fallait que Votre Charité et vos sœurs conseillères présentassent une requête à Monseigneur notre évêque' conforme au formule ci-joint. Outre la requête. Vos Charités se donneront l'honneur d'écrire à Sa Grandeur que Dieu manifeste par des miracles notre Vén. Sœur Marguerite -Marie Alacoque, religieuse professe de votre Maison ; que Monsieur l'abbé Languet — il faut ajouter toutes ses dignités — votre Supérieur, vous a ordonné de faire faire des informations préparatoires des vertus et des miracles de cette grande Servante de Dieu ; que lui-même a déjà pris la peine d'y travailler, etc.. ; que l'avantage que vous avez eu d'avoir six ans pour supérieure notre très honorée Mère Péronne-Rosalie Greyfîé, qui a dirigé cette sainte âme avec bénédiction ; que vous prenez la liberté de recourir à Sa Grandeur par une requête ; que vous me l'avez adressée pour agir en cette affaire en qualité de votre procureuse, afin que la Mère Grejfié, qui a été témoin oculaire des merveilles que Dieu opérait en cette sainte religieuse, qui lui a toujours communiqué son intérieur avec beaucoup de confiance, dépose tout ce qu'elle sait des vertus et des miracles, sainteté de vie de la Vén. Sœur Alacoque; que vous désirez de conserver ces preuves ; que