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Circulaire de la Mère de La Garde : 2.'{ mars

Marguerite-Marie Alacoque. — III. 13

La Mère de La Garde en fait cette naïve peinture. « Ce que nous eûmes de singulier fut la bénédiction d'une chapelle construite à Thonneur de ce Cœur sacré, par la libéralité de plusieurs personnes pieuses, principalement de feu Madame la Comtesse de Rosières de Lorraine, qui nous avait donné quatre cents livres en différents temps, pour ce dessein, ce qui l'en a rendue la fondatrice. On trouve qu'on a fort bien réussi dans son édifice ; toute la ville est charmée de la voir élevée et y fait paraître beaucoup de dévotion, de même que les étrangers.

« La veille de la fête, Monsieur le Maire fit conduire des boîtes devant la porte de notre église, que l'on tira trois fois aux dépens de la ville, avec la décharge des fusils, à l'entrée et à la sortie du saint Sacrement que l'on portait en procession dans notre église et à l'élévation de l'hostie, pendant la grande messe, que l'on chanta dans notre chapelle et où feu M. l'abbé d'Amanzé officia, après en avoir fait la bénédiction ^ Tout le peuple était dans un transport de joie à cette procession, où l'on portait un bel étendard ; l'image du Cœur de Jésus était des deux côtés. Chacun se félicitait d'être dans une ville où cette dévotion a pris son commencement dans ces derniers siècles, étant sortie de ce monastère par la prédilection de Jésus-Christ pour sa fidèle Amante, notre Vénérable Sœur Alacoque, où elle est morte en odeur de sainteté et que j'ai eu le bonheur d'avoir pour compagne au noviciat 2. »

C'est au R. P. Dom Barbereux, bénédictin de Paray, que l'on peut faire remonter tout le succès de la construction de cette chapelle, en ayant lui-même ciselé toutes les pierres du dedans et de l'arcade. « Le tout fut exécuté aussi parfaitement qu'aurait pu s'en acquitter le plus habile sculp-

1. Les Annales manuscrites ajoutent : « quatre cents hommes s'étaient mis sous les armes pour rendre la procession générale plus imposante. » T, I, p. 181.

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