Circulaire du 23 mars
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leur », ce bon Père étant u doué d une science peu commune en architecture », au rapport des Annales.
Pour orner la susdite chapelle, on lit l'aire un tableau représentant l'apparition du sacré Cœur. C'est une toile (^encore conservée à l'intérieur du monastère), et portant bien le cachet de l'époque. Au sommet, un Père éternel montre le Cœur de Jésus qui occupe le centre et est surmonté d'un Saint-Esprit. Des anges adorateurs sont placés de chaque coté. Au dernier plan, se trouve la Servante de Dieu Marguerite-Marie, priant à genoux devant le divin Ca^ur ' .
La Communauté de Paray, voyant avec quel intérêt toutes les nouvelles concernant le culte de ce Cœur adorable étaient accueillies dans l'Institut, continua toujours à se faire un devoir et un bonheur de l'informer de celles qui venaient à sa connaissance particulière et k le tenir au courant des progrès extraordinaires que la chère dévotion faisait dans tous les pays.
Tantôt, il est question de la Confrérie, organisée à Rome en l'honneur du sacré Cœur et composée de soixante-douze membres, sous un chef, « pour représenter Jésus-Christ dans sa vie publique, accompagné de ses septante-deux disciples ». Tantôt, on donne l'espoir de voir les démarches entreprises, tant auprès de la Cour romaine qu'auprès des rois de France, d'Espagne et de Portugal, aboutir, grâce au zèle du R. P. de Galliffet, jésuite, à rendre universelle la fête du Cœur de Jésus. En attendant, les nouvelles locales ayant trait à son culte ne sont point oubliées ; témoin ce passage : « Le Seigneur prendra lui-même sa cause en main et en décidera. Il suscite les peuples des environs pour
1 . Cette ancienne chapelle du sacré Cœur était érigée dans l'église du couvent, vis-à-vis la grille des religieuses. C'est maintenant la chapelle de la Sainte Vierge ; tandis que c'est le maître-autel qui, depuis le 17 septembre 1850, a été consacré sous le vocable du saci'é Cœur de Jésus.
rendre leurs hommages à son divin Cœur, ce qui nous est une des plus douces consolations. Plusieurs curés d'alentour viennent en procession, tous les ans, de quelques lieues, avec leurs paroissiens, lui faire leurs vœux dans notre église et tous ceux qui sont venus implorer sa clémence ont été préservés de la grêle, dont leurs voisins ont été fort endommagés ^. »
La circulaire de 1735 note qu'il y a déjà « par toute la terre » plus de quatre cents Confréries ou Associations érigées en l'honneur du Cœur de Jésus. Et de toutes ces choses, on fait remonter la gloire à Dieu»
Mais, en 1765, les Sœurs de Paray se déclarent impuissantes à exprimer les sentiments dont elles sont pénétrées, en voyant enfin la dévotion au sacré Cœur, dont ce monastère fut comme « le berceau », établie dans tout le royaume, grâce à l'intervention de la pieuse Reine Marie Leczinska.
Cependant, les années succédant aux années, on arriva au centenaire de l'inauguration du culte du sacré Cœur dans la Communauté : 21 juin 1686-21 juin 1786. Toute la solennité possible fut donnée à ce mémorable anniversaire : « Nous obtînmes exposition du saint Sacrement toute la journée, que nous employâmes à remercier le Seigneur de la grâce qu'il a fait à notre saint Institut, et à nous en particulier, de nous honorer à ce point que de nous faire don de son divin Cœur- ». Après la bénédiction du saint Sacrement, la Communauté se rendit en procession dans le jardin, à la chapelle dédiée au sacré Cœur et chantant ses litanies. « Nous fîmes toutes ensemble une consécration au sacré Cœur, et nous en retournâmes en chantant le Te Deum, et pénétrées de reconnaissance pour notre divin Sauveur qui nous a choisies — non par mérite