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DIVERSES TENTATIVES DES SOEURS POUR SE RÉUNIR

Durant huit années, les religieuses vécurent donc isolées les unes des autres. Après le Concordat de 1801, il y eut

1. La Visitation était dépositaire de cette dernière depuis que les Jésuites avaient été proscrits en 1763.

2. Nouvelle édition de la Vie de la Bienheureuse, p. 316; publiée

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une première loiilative de réunion dans une portion de l'ancien monastère, où ([uelques sœurs purent rentrer, mais hélas ! comme sim[des locataires et à des conditions très onéreuses. 11 fallut les sul)ir, sous peine de voir bouleverser ou détruire toute cette partie la plus précieuse des bâtiments, puis({u'elle comprenait, entre autres, l'égalise et le chœur.

Cependant, pour se créer des ressources, la petite Communauté ayant dû se charger de l'éducation de la jeunesse, le local occupé par nos sœurs dans leur ancien monastère était désornuiis absolument insuffisant. Les autorités de la ville, comprenant la difficulté de la situation, leur oifrirent un lou^ement bien plus spacieux dans l'ancien Prieuré bénédictin, dont l'église était devenue paroissiale. Elles vivraient donc à l'ombre même du saint Sacrement. Devant la force des circonstances, elles acceptèrent, et puisque l'heure de Dieu n'avait pas encore sonné pour le rachat de leur cloître tant aimé, elles s'en exilèrent une seconde fois. C'était en 1809.

La chasse de la Bienheureuse accompagnait ces nouveaux Israélites dans toutes leurs pérégrinations. Où se plantait leur tente, ce béni pavillon s'arrêtait pour lés abriter, les éclairer, les consoler.

« En 1817, plusieurs sœurs de l'ancienne Communauté de Paray, saintement impatientes de reprendre le joug de la vie religieuse, allèrent se réunir à l'ancien monastère de Moulins, qui se reconstituait à La Charité-sur-Loire. Les sœurs émigrantes avaient conçu le projet d'emmener avec elles la petite châsse renfermant les restes de la Sœur Alacoque. Mais, leur dessein ayant été surpris, la ville de Paray s'alarma. On recourut aussitôt à l'autorité de l'évêque d'Autun, qui était alors Mgr Fabien-Sébastien Imberties.

par la Visitation de Paray, 1914. Paris, de Gigord. Cf. t. I, p. 628, le témoignage de la sœur Marie-Thérèse Petit.

Sa Grandeur lança une ordonnance spéciale, chargeant le curé de Paray, M. Noirei, de se concerter avec MM. les maire et adjoints de la ville, pour fairç en sorte que la châsse de la Vénérable Sœur Alacoque, comme aussi celle du Père de La Colombière — les deux, on l'a vu, étaient conservées ensemble — fussent gardées à la cité de Parayle-Monial. Des mesures immédiates furent prises en conséquence et Paray ne fut pas dépouillé de sa Perle précieuse (( pretiosa Margarita ». Aux yeux de tous, il venait de prouver noblement qu'il en appréciait la valeur.

(( Les deux châsses demeurèrent quelque temps dans une tribune du transept de l'église paroissiale. Sans doute, M. le Curé ne les y jugeait point assez en sûreté, car on les trouva dans sa propre demeure, lorsqu'il mourut le 12 septembre de cette même année 1817. Alors, toute inquiétude étant dissipée au sujet de l'enlèvement des saintes reliques, elles furent rendues, avec l'approbation ecclésiastique et du consentement de la ville, aux religieuses qui attendaient persévéramment à Paray le rétablissement canonique de leur Communauté. Ces saintes et vaillantes âmes n'avaient-elles pas grâce, pour veiller, mieux que personne, à la garde d'un tel trésor? ^ »

Dieu avait fait l'âme de sœur Marie-Rose à la hauteur de la mission difficile et délicate qu'il lui réservait. En effet, il l'avait choisie pour une œuvre plus laborieuse, mais plus glorieuse aussi, que celle de la fondation de ce monastère, puisqu'il s'agissait de le garder à l'Eglise et à l'Institut en un temps où l'espérance de réussir semblait n'être qu'une témérité. Sœur Marie-Rose sacrifia tout et se sacrifia elle-même à cette sainte entreprise. Forte de sa conscience et de l'autorité épiscopale, elle avait laissé partir ses compagnes, retardant ainsi son propre bonheur de reprendre la pleine vie religieuse, et tournant toutes ses

1. Nouvelle édition de la Vie delà Bienheureuse, pp. 317-318.

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énergies vers ce but luiique : racheter et rétablir le monastère sanctifié par les apparitions du Cœur de Jésus.

« C'est une seconde terre sainte », se plaisait-elle à dire.

Sœur Marie-Thérèse Petit, parta«^eant les mêmes sentiments, était demeurée avec elle à Paray, ainsi qu'une vénérable ancienne, sœur Marie-Madeleine Bouillet des Halliers, (|ui mourut en 1819.

L'ancienne supérieure, la Mère Magdeleine- Victoire Verchère, étant du nombre des émigrantes, Mgr Imberties avait ordonné, aussitôt leur départ, de procéder à une élection provisoire. Il va sans dire que sœur Marie-Rose Carmoy avait été élue.

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