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RACHAT ET RETABLISSEMENT DU MONASTÈRE

Le courage de la Mère Marie-Rose et de sa compagne ne se démentit pas. Elles attendirent héroïquement sur place l'heure de la Providence. L'abnégation dont elles donnaient de si belles preuves en se dévouant à instruire la jeunesse de la ville leur avait attiré la reconnaissance de tous les parents. On admirait leur confiance invincible dans la réalisation de leur grand projet, et les familles influentes de la petite cité ne tardèrent pas à s'y intéresser elFectivement.

Sur ces entrefaites, Mgr Imberties mourut ; son successeur fut sacré à Paris le 28 octobre 1819. C'était Mgr Roch-Etienne de Vichy, qui avait des relations de famille dans le voisinage de Paray et se montra tout de suite très favorable à la cause du rachat du monastère. Dès le 2 janvier 1821, le Prélat lançait une circulaire prescrivant une collecte dans son diocèse, pour aider à cette belle

œuvre et il terminait en disant : « Ce que je demande à mes diocésains, dans l'intérêt et pour l'honneur de mon diocèse, je crois devoir le demander encore : 1^ aux Associations ou Confréries établies dans le royaume sous le titre

du sacré Cœur de Jésus ; 2*> à toutes les personnes dont

la fortune leur permet de faire quelques sacrifices pour de bonnes œuvres. »

L'appel de Mgr de Vichy ne fut point jeté en vain et les sommes recueillies par l'évêché d'Autun atteignirent presque vingt-deux mille francs. Une souscription ouverte à Paray même se couvrit aussi très généreusement. Enfin, il y eut dans l'Ordre de la Visitation un mouvement de charité extrêmement touchant, pour coopérer au rétablissement d*un monastère que tous les autres regardaient comme un véritable reliquaire et qui, hélas! n'avait déjà subi que trop de dégâts et de ruines !

Le monastère put donc être racheté moyennant cinquante mille francs. Il n'y avait point d'illusion à se faire : sans doute, cette somme devrait bien être doublée, étant donné les réparations considérables qu'il y avait à faire aux bâtiments. Mais on compta sur la Providence et l'on hâta toutes choses le plus possible, afin de reprendre possession de ces lieux bénis.

La petite Communauté se reformait peu à peu ; il y avait de nombreuses postulantes.

La restauration du monastère date du 16 juin 1823. Ce jour-là, Mgr de Vichy, au milieu d'un grand concours de prêtres et de fidèles, faisait la bénédiction solennelle du couvent et célébrait la sainte messe dans notre petite église rendue au public.

Quand arriva le moment de franchir le seuil du sanctuaire, on entonna le psaume : Letatus suirt in hls qiiae dicta sunt mihi : in donium Domini ibimus ! (< C'est bien alors, disent les Annales, qu'il nous semblait à toutes mettre un pied dans le paradis I » Pour notre infatigable

Mt^re Marie-Hose surtout, et pour scviir Marie-Tliérèse, ce Tut un moment d'inelTable consolation : trente ans d'exil et de douleur étaient comme effacés de leur vie en cet uni([ue instant.

Le lendemain, Mgr de Vichy présidait lui-même à l'élection canonique d'une supérieure. L'union des voix ratifia l'élection provisoire de 1817 et la Mère Marie-Uose Carmoy fut élue selon toutes les règles. Durant deux triennats, elle gouverna ce monastère dont la restauration lui avait coûté tant de larmes, de souffrances et de travaux. Elle mourut en 1837, riches de mérites et de vertus, à l'âge de 71 ans, dont 51 de profession religieuse.

La Bienheureuse avait été la première à rentrer dans la maison ; car, dès le matin du 16 juin, sa petite châsse y avait été rapportée, mais sans pompe aucune, parce qu'il était nécessaire, dans l'intérêt même de la cause de béatification, d'éviter tout ce qui aurait pu paraître un culte public. Les saints ossements eurent plusieurs lieux de repos à l'intérieur du monastère, suivant les indications reçues de Rome, à mesure qu'on avançait vers le moment de leur exaltation '.

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