Sœur Marie-Aimée La Coste
2. Mgr Charles-François d'Hallencourt de Droménil, évêque d'Autun.
recevoir les tômoins que vous aurez à produire sur la sainteté de vie, vertus et miracles de la Véii. Servante de Dieu.
Mais avant de faire cette démarche, il nous semble que vous devriez prendre les avis de Monsieur l'abbé Languet, votre illustre Supérieur, qui entend parfaitement les procédures. Il nous a fait la grâce de travailler à Moulins pour les informations des vertus, etc., de notre V. Mère de Chantai. Il est très important d'avoir un bon commissaire, parce qu'il prévient les défauts qui pourraient se glisser dans les formalités. S'il voulait prendre cette peine, vous seriez bien servies ; ou du moins, pour vous éviter des frais, connaissant la capacité du clergé qui est dans votre ville, il pourrait vous faire nommer celui qui aurait plus d'aptitude et de capacité pour s'acquitter régulièrement de cette commission. Il faut profiter de la vie des témoins pour tirer des preuves de la renommée de sainteté, vertus et miracles de la Vén. Servante de Dieu, Sœur Marguerite- Marie Alacoque.
Pour faire la preuve de chaque fait, il faut au moins les dépositions de deux témoins.
Les guérisons miraculeuses des malades doivent être prouvées non seulement par les témoignages des malades guéris, mais encore de ceux des médecins, chirurgiens, apothicaires et autres personnes qui les ont servis. Il faut prouver le genre de la maladie dans toutes les circonstances les plus grièves et ensuite on déclare si la guérison qui s'est opérée par les intercessions de la Servante de Dieu, qu'il faut toujours nommer, a été instantanée, dans le moment ou successivement, dans quel jour de la neuvaine elle est arrivée, circonstancier les choses et, sur ces guérisons, il faut que les médecins, etc., déposent s'ils la croient miraculeuse ; car il y fa] différence du miracle à la grâce de guérison. Le menu peuple qui n'est pas instruit appelle souvent miracle ce qui n'est qu'une grâce. Vos Charités savent mieux cela que moi.
Travaillez à retirer un extrait de l'acte de baptême de notre V. Sœur Marguerite-Marie Alacoque, que vous ferez légaliser par Monseigneur votre Evêque. Il faut aussi faire déposer comine la dite Vén. Servante de Dieu a reçu le sacrement de confirmation, Tannée, l'âge qu'elle avait, le nom de l'évêque qui lui a administré ce sacrement. Monsieur Alacoque, son frère, quelques autres personnes pourront en rendre témoignage, et si, dans ses écrits, il en est fait quelques mentions, on pourrait le produire dans la déposition qu'on en fera.
On dit qu'il faut plus de formalités pour faire déclarer un saint que pour se faire saint.
Deux témoins oculaires font plus de foi en Cour de Rome que dix témoins auriculaires ; c'est ce qui doit vous presser de faire déposer ceux qui ont été témoins des merveilles que Dieu a opérées en faveur de sa fidèle Servante.
Ne tardez pas de faire déposer Monsieur Alacoque et en attendant, parce qu'on ne sait de la mort et de la vie ce qui peut arriver, priez-le qu'il fasse recevoir par un notaire apostolique les dépositions qu'il a à faire sur les vertus et sainteté de vie de sa Vén. Sœur ; qu'il n'avance rien qu'il n'atteste par foi et serment être la pure vérité, qu'il se croit obligé de déclarer pour rendre gloire à Dieu.
Il faut vous adresser au R. Père Provincial des RR. PP. Rolin, Croiset et de Ville tte, pour les obliger de vous donner par foi et serment leurs témoignages sur ce qu'ils savent des vertus et sainteté de vie de cette grande Servante de Dieu, selon la connaissance qu'ils en ont eue en qualité de directeurs et des écrits qu'ils ont d'elle. Cette voie, peut-être, vous réussira, parce que l'obéissance contraindra leur humilité à vous donner cette satisfaction. Ayant un ordre de leur Provincial, ils ne manqueront pas de faire ce que Vos Charités souhaitent. Et pour faciliter cette expédition, il nous semble qu'il faudrait supplier le R. P. Provincial de vous expédier en forme ledit ordre.
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pour que vous puissiez ensuite le faire signifier à tous ces révérends Pères, cpii apparemment sont en divers lieux. Vous retiendriez l'original entre vos mains, après que vous en auriez fait faire des copies par main de notaire, pour les faire présenter par quelques-unes de nos sœurs les Supérieures des villes où ces révérends Pères seraient de résidence. Et vous les prieriez de faire recevoir, après le serment prêté en pareil cas, par un notaire apostolique, les dépositions qu'ils auront à faire sur la sainteté, vertus et miracles de notre V. Sœur Alacoque et qu'ils fassent faire par le même notaire des extraits des écrits de la Servante de Dieu, qui pourront servir à ce sujet, afin que, dans les temps à venir, le tout serve de preuve, etc.
Consultez sur cela Monsieur l'Abbé Languet, votre illustre Supérieur. J'attends la déposition de notre très honorée Mère pour me donner l'honneur de répondre à la lettre qu'il m'a fait la grâce de m'écrire sur ce sujet.
Pardonnez mon griffonnage, écrit après collation, au milieu de la Communauté. Notre très honorée Mère veut bien joindre cette lettre, sans enveloppe, à la sienne pour en ménager le port.
Je suis avec respect, en réclamant vos saintes prières, votre très humble, indigne sœur et servante en N.-S.
S"^ Marie-Alexis Costa de Massongy, de la Visitation Sainte-Marie.
Dans ma confiance filiale, permettez-nous de vous dire que, lorsque les conseillères signent des actes, elles doivent ajouter leurs qualités d'assistante et de conseillère, ou bien la dernière des conseillères ajoute après son nom : toutes conseillères^ quand les précédentes ne l'ont pas ajouté après leurs noms.
Vous nous ferez plaisir de nous envoyer, par les premières occasions, des copies des dépositions et écrits que
VOUS avez sur cette sainte affaire pour que nous en puissions conférer avec une personne qui a ordre de Rome de nous parler sur la béatification de nos vén. Mères. Nous profiterons de l'occasion.
Vive -j- Jésus !
De notre monastère d'Annecy, le 9« mai 17U.
Ma très honorée Mère,
Quelque empressée que nous soyons de disposer les choses pour la déposition que notre très honorée Mère' doit faire des vertus de notre Vén. Sœur Marguerite-Marie Alacoque, nous n'avons encore pu faire commencer cette déposition, la circonstance du Synode et d'autres difficultés nous ont privée de la consolation d'expédier cette affaire de la manière que nous l'aurions désiré, car on n'a encore rien commencé.
Notre très honorée Mère, ne se fiant plus à sa mémoire pour pouvoir faire avec serment une déposition, elle se renfermera uniquement à déposer ce qu'elle a écrit de sa main dans le gros cahier, se ressouvenant bien que tout son contenu est très véritable. Nous ne savons encore quand nous pourrons avoir le commissaire député pour ce sujet; il ne tiendra pas à nous que cette affaire se diligente, mais ce qui dépend des personnes du dehors nous n'en sommes pas les maîtresses.
Notre très honorée Mère, qui suit avec une ferveur peu commune à son âge tous les exercices réguliers depuis la la traclette du réveil jusques au commencement de Laudes
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qu'elle se retire, nous a charj^ée de vous assurer de sa tendre dilection. Elle nous a fait la grâce de nous remettre le jrros cahier du recueil des vertus et des miracles de notre ^^ Sœur Mari^uerite-Marie Alacoque et la lettre que Votre Charité a pris la peine de lui écrire le 28*^ du mois d'août, qui nous apprend que, dans peu, vous espérez le retour de Monsieur l'abhé Lan«i^uet, votre illustre Supérieur. En attendant que nous ayons l'honneur de lui écrire, ce que j'attends de faire après que notre très honorée Mère aura fait sa déposition, nous vous supplions de l'assurer de nos respects, lorsque Votre Charité aura l'honneur de lui écrire et de lui faire mes excuses de mon retardement, qui ne procède que de la raison que nous venons de vous marquer. Je vous supplie de pousser les même excuses jusques à nos très honorées sœurs la Supérieure ^ et Déposée - de notre monastère de Moulins et de leur marquer, lorsque Votre Charité leur écrira pour autres affaires, que l'extraordinaire cherté des ports nous a engagée à ne pas leur multiplier cette dépense ; que nous avons reçu très fidèlement toutes les lettres qu'elles nous ont fait l'honneur de nous écrire au sujet des preuves qu'on doit prendre des vertus et des miracles de notre V. Sœur Alacoque.
Nous allons commencer à lire le gros manuscrit que Votre Charité a mandé à notre très honorée Mère, qu'elle a reçu depuis quelques jours. Nous nous servirons de la voie de nos sœurs de Lyon pour vous envoyer la déposition. J'attends aujourd'hui le greffier pour lui parler de cette alla ire qui, selon toute apparence, ira plus à la longue que nous ne souhaiterions.
Nous attendons toujours des nouvelles de notre précieux ballot des procès préparatoires de la béatification de nos Vén. Mères. Bien des contretemps retardent son arrivée à
1. La Mère Louise-Henriette de Soudeilles, dont la sœur de Massongy ignorait encore le décès, survenu le 24 avril 1714.