La sœur Marie-Félice du Buysson de Beauregard
Rome, où il est attendu avec un saint empressement. Nous tâchons d'adorer de notre mieux la volonté permissive du Seigneur, qui éprouve par ce retardement notre patience. L'œuvre de Dieu ne se fait pas sans difficulté ; mais tout revient à bien à celui qui aime la volonté de Dieu. Nous espérons qu'il soutiendra son ouvrage, pourvu que mes innombrables infidélités n'y mettent pas obstacle ! Pour prévenir ce mal priez pour la conversion de
Votre très respectueuse, très humble, indigne sœur et servante en N.-S.
Sœur Marie-Alexis Costa de Massongy, de la Visitation Sainte-Marie.
frag3ient de lettre
Vive -|- Jésus !
De notre monastère d'Annecy, le 25 juillet 1714.
Ma très honorée Mère,
Nous avons reçu, le 4 du courant, par les bonnes sœurs de Sainte-Glaire la lettre que Votre Charité nous a fait l'honneur de nous écrire, le 27 avril dernier, avec la relation des miracles«que Dieu a opérés par les intercessions de notre V. Sœur Marguerite-Marie Alacoque. Il serait à souhaiter que toutes ces grâces miraculeuses fussent aussi bien prouvées que l'a été le miracle de la guérison de notre chère sœur Claude-Angélique Desmoulins. La formalité en a été très bien faite, bien digne de l'habileté de l'illustre grand vicaire.
Notre très honorée Mère, qui vous assure sa tendre dilection et notre Communauté ont été très consolées d'entendre
au réfectoire la lecture de toutes ces merveilles. Nous vous supplions, par tout le zèle que Votre Charité a pour la i^^loire de Dieu et de sa fidèle Servante, de profiter des témoig-nages des témoins oculaires pour faire mettre toutes les preuves en état.
Il nous serait heureux que Monsieur l'abbé Languet continuât cet ouvrage. Assurez-le, je vous supplie, de nos respects, en lui témoignant mon regret de n'avoir encore pu jusqu'ici lui envoyer la déposition de notre très honorée Mère. Quelques sollicitations que je fasse, je me trouve retardée dans ce juste désir. Faites faire quelques prières particulières pour que le Seigneur termine cette affaire à sa plus grande g-loire. Il faudra faire légaliser l'acte de baptême et la déclaration qui sera faite qu'un tel Evêque a donné le sacrement de confirmation à la V. Sœur Marguerite-Marie Alacoque.
Il faudra aussi faire déposer les personnes qui auront été témoins ou qui auront eu une particulière relation avec la Servante de Dieu, comme les Révérends Pères de la Pérouse, Rolin, Croiset, etc., sur l'héroïcité de ses vertus, •comme
AUTRE FRAGMENT d'uNE LETTRE DU MOIS DE SEPTEMBRE 1714
Nous enverrons Tune de ces copies à Rome pour la
faire consulter et nous garderons l'autre entre nos mains, pour être toujours en état de répondre sur ce qu'on nous écrirait sur ce sujet ; car je craindrais que ma mémoire me trahît, si je ne me rassurais sur les doubles des écritures que nous envoyons à Rome, que nous gardons devers nous, pour y avoir recours dans l'occasion.
Si nos copistes n'étaient pas si fort occupés, nous ne vous demanderions qu'une copie^ parce que nous en ferions faire
Marguerite-Marie Alacoque. — III. 3
une sur celle que vous nous enverrez. Mais ils ne peuvent pas diligenter autant que nous désirons l'ouvrage que nous leur donnons pour les procès de nos Vén. Mères. Vous avez chez vous une bonne copiste qui pourra s'occuper saintement à ce dévot ouvrage. Il faudra les faire collationner, pour nous gagner le temps de le faire, afin que nous soyons sûres que les deux copies que vous nous enverrez sont uniformes. Envoyez-nous, je vous supplie, quelques reliques de cette grande Servante de Dieu. Intéressez-la à m'obtenir du sacré Cœur de Jésus la grâce de vivre, d'agir et de mourir dans les dispositions intérieures de ce divin et très adorable Cœur, et l'heureux succès de la béatification de nos vén. Mères, la conservation et les lumières de Dieu pour toutes les personnes qui doivent travailler à la poursuite de cette sainte œuvre.
Les lettres de trois de Messeigneurs les Cardinaux, de nos correspondants et de plusieurs de nos amis de Rome nous ont appris d'une manière très consolante l'heureuse arrivée à Rome du ballot des procès préparatoires de la béatification de nos Vén. Mères de Chantai et de Bréchard, après avoir demeuré neuf mois en route. Dans le temps que nous n'en avions aucune nouvelle certaine, nous apprenons que le ballot a été rendu bien conditionné à Son Eminence Monseigneur le Cardinal Ottoboni, qui d'abord eut la bonté de le faire porter chez nos sœurs de Rome, qui le reçurent avec une consolation plus facile à penser qu'à exprimer. L'on ouvrit ce précieux ballot le 4^ du courant, en présence de nos très honorées sœurs la Supérieure ^, Déposée ^ et Conseillères, de Messieurs leur Confesseur, chapelains et de nos deux correspondants. On vérifia les inventaires en leur