Sœur Jeanne-Madeleine Joly
l.A VISITATION DK l' AKAV 263
(.[iii so dit 011 SOU honnour et qu'elle demandait pour ces pauvres âmes, à notre chère sœur Marie-Françoise, laquelle, avec permission, employait à cela une partie des libéralités de messieurs ses parents. Et une fois, la chère sœur de Paray en demanda jusqu'à quinze pour une àme dont elle avait particulière connaissance. D'autres fois, elle lui a demandé des actes de vertus contraires aux défauts qui restaient à purifier à ces âmes souifrantes, comme d'exactitude de toute la communauté à la pratique du silence, ou des neuvaines d'actes d'humilité et de soumission à l'obéissance, ce que notre chère sœur procurait avec soin. Nous avons tout lieu de croire qu'elle a trouvé à son tour dans le Cœur du Sauveur la miséricorde qu'elle a demandée pour les autres avec une affection si tendre et si charitable. Ce fut pourtant dans un temps oi^i il y avait moins d'apparence, sa santé nous paraissant assez bonne, lorsqu'elle fut attaquée d'une érésipcle maligne^ qui se jeta sur sa gorge, avec une enflure prodigieuse et de très violentes douleurs, qu'elle souffrit dans une admirable patience et la douceur d'une prédestinée, voyant approcher la mort avec une fermeté et une intrépidité incroyable, en une personne qui peu auparavant l'avait vivement appréhendée. Son mal ne dura que quatre jours, durant lesquels elle reçut tous les divins sacrements avec une entière présence d'esprit, qu'elle rendit doucement en présence de Monsieur notre Confesseur et de notre Communauté '.
Elle était âgée de septante-trois ans, professe de cinquante-sept, du rang des sœurs choristes. Nous sommes restées fort touchées de sa perte et également édifiées des vertus de cette sainte religieuse.
Dieu soit béni !