‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 111 sur 331 · CHAPITRE XCII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCII

Quand mon oncle Toby avait parlé pour la première fois du grenadier, mon père, ai-je dit, était tombé le nez à plat sur la courtepointe, et aussi subitement que si mon oncle Toby l’eût frappé d’une balle ; mais il n’a pas été

ajouté que tous les autres membres et parties du corps de mon père étaient retombés aussitôt que son nez, précisément dans la même attitude dont on a déjà fait la description : en sorte que quand le caporal Trim quitta la chambre, et que mon père se trouva disposé à se relever, — il eut à repasser par tous les mêmes petits mouvements préparatoires avant de pouvoir le faire. — Les attitudes ne sont rien, madame, — c’est la transition d’une attitude à une autre, comme la préparation et résolution de la disso- ' nance en harmonie, qui fait tout.

Tour cette raison, mon père joua de nouveau la même gigue avec son orteil sur le plancher, repoussa le pot de chambre encore un peu plus avant sous la pente, — fit entendre un hem, — se leva sur son coude, — et allait adresser la parole à mon oncle Toby, — lorsque se rappelant le mauvais succès de son premier effort dans cette attitude, — il se mit sur ses jambes, et au troisième tour qu’il fit dans la chambre, il s’arrêta court devant mon oncle Toby ; et posant les trois premiers doigts de sa main droite dans le creux de la gauche, et se baissant un peu, il s’adressa à mon oncle Toby en ces termes :

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