‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 120 sur 331 · CHAPITRE Cil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Cil

Si ma femme veut en courir le risque, — frère Toby, on habillera Trismégiste et on nous le descendra, tandis que nous déjeûnerons vous et moi. —

Obadiah, va dire à Susanne de venir.

Elle vient, dit Obadiah, de monter quatre à quatre, à l’instant même, — sanglottant, criant et se tordant les mains comme si son cœur se brisait. ,

Nous aurons eu un joli mois à passer, dit mon père tournant le dos à Obadiah et regardant quelque temps d’un œil fixe mon oncle Toby en face ; — nous aurons eu un diabolique mois à passer, frère Toby, dit mon père, mettant ses poings sur ses hanches et secouant la tête :

le feu , l’eau, les femmes , le vent , — frère Toby !

C’est quelque malheur, dit mon oncle Toby. C’en est

un, s’écria mon père, d’avoir tant d’éléments discor-

dants, déchaînés et triomphants dans chaque coin de sa maison. — Peu importe à la paix de la famille, frère Toby, que vous et moi nous nous possédions, et que nous restions ici silencieux et immobiles, — tandis qu’une pareille tempête siffle sur nos têtes. —

Et qu’y a-t-il, Susanne? Us ont appelé l’enfant

Tristram ; — et ma maîtresse en l’apprenant vient de tomber en attaque de nerfs. Non! — ce n’est pas ma

faute, dit Susanne, — je lui ai dit que c’était Tristramgiste.

Faites le thé pour vous , frère Toby, dit mon père

en décrochant son chapeau mais quelle différence

avec ces emportements cl agitations de voix et de membres, que le commun des lecteurs imaginerait!

— Car il parla avec la plus suave modulation, — et décrocha son chapeau avec le geste le plus doux dont jamais l’affliction ait combiné l’accord et l’harmonie.

Ya au boulingrin chercher le caporal Trim , dit

mon oncle Toby à Obadiah , aussitôt que mon père eut quitté la chambre.

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