‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 170 sur 331 · CHAPITRE CXLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXLVIII

Non , — je pense que je n’ai rien avancé, répliqua

mon père, en réponse à une question que Yorick avait pris la liberté de lui poser, — que je n’ai rien avancé dans la Tristrapédie. qui ne soit aussi clair qu’aucune des propositions d’Euclide. — Prends-moi, Trim, ce livre sur le secrétaire. — J’ai souvent eu le projet, continua mon père, de vous la lire à vous, Yorick, et à mon frère Toby; et je trouve que c’est peu amical à moi de ne l’avoir pas fait depuis longtemps. — En aurons-nous un ou deux courts chapitres à présent, — et un chapitre ou deux plus lard, quand l’occasion s’en trouvera; et ainsi de suite,

jusqu’à ce que nous arrivions au bout? Mon oncle

Toby et Yorick tirent l’inclination convenable; et le caporal, quoiqu’il ne fût pas compris dans le compliment, mit sa main sur sa poitrine, et fit son salut en même temps

qu’eux. — La compagnie sourit. Trim, dit mon

père, a pris un billet pour assister à toute la représentation. 11 n’a pas eu l’air satisfait de la pièce, repartit

Yorick. C'était une bataille pour rire, sauf votre res-

pect, que celle du capitaine Tripot et de cet autre officier qui faisaient autant de sauts périlleux que de pas : — les Français de temps à autre avancent bien en cabriolant de cette manière, — mais pas tout à fait tant.

Mon oncle Toby n’éprouva jamais plus de satisfaction à se sentir vivre que ne lui en donnèrent en ce moment les réllexions du caporal et les siennes propres; — il alluma sa pipe, — Yorick rapprocha sa chaise de la table, — Trim moucha la chandelle, — mon père attisa le feu, — prit le livre, — toussa deux fois et commença.

\ Rabelais, Gargamua, ebap. XXXV. (.Yole du traducteur.)

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