‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 174 sur 331 · CHAPITRE CL1I · texte numérisé non relu

CHAPITRE CL1I

En deux traités lancés, l’un contre Hippocrate, l’autre contre lord Verulam, mon père acheva l’affaire.

Le trait lancé au prince des médecins , par lequel il commença, n’était qu’une courte insulte à propos de sa plainte dolente de Vars longa, — et vita brevis. — La vie courte, s’écria mon père, et l’art de guérir long! Et qui devons-nous remercier de l’un et de l’autre, si ce n’est

l’ignorance des charlatans eux-mêmes, — et leurs tréteaux chargés d’orviétan chimique, et de bagage péripatéticien, avec lequel, dans tous les temps, ils ont commencé par flatter le monde, et fini par le tromper.

— O my lord Verulam ! s’écria mon père, quittant Hippocrate, et dirigeant son second trait sur lui comme sur le principal des vendeurs d’orviétan, et le plus convenable pour faire un exemple, — que te dirai-je, mon grand lord Verulam? que dirai-je de ton souffle intérieur, — de ton opium, — de ton salpêtre, — de les onctions grasses, — de tes purgatifs, le jour,— de tes elystères, la nuit, et de tes succedaneum?

— Mon père n’était jamais embarrassé de savoir que dire à aucun homme sur quoi que ce fût, et il avait moins que personne besoin d’exorde. Comment il traita l’opinion de sa Seigneurie , — vous le verrez ; — mais quand — je ne le sais pas ; — il faut d’abord que nous voyions ce que c’était que l’opinion de sa Seigneurie.

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