CHAPITRE CLIII
« Les deux grandes causes qui conspirent ensemble à abréger la vie, dit lord Verulam, sont premièrement : — « Le souffle intérieur qui, comme un feu doux, mine et consume le corps; — et, secondement, l’air extérieur, qui le grille et le réduit en cendres: — lesquels deux ennemis, nous attaquant des deux côtés à la fois, détruisent nos organes, et les mettent hors d’état de continuer les fonctions de la vie. »
L’état des choses étant tel, la voie qui mène à la longévité est simple : il n’est besoin, dit sa Seigneurie, que de réparer le dégât commis par le souffle intérieur, en rendant la substance du corps plus épaisse et plus dense, par un usage habituel d’opiats d’un côté, et en modérant sa chaleur de l’autre, par trois grains et demi de salpêtre pris chaque matin avant de se lever. —
Notre enveloppe n’en restait pas moins oxposce aux assauts ennemis de l’air extérieur ; — mais on s’en mettait à couvert par l’emploi d’onctions grasses qui saturaient si
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pleinement les pores de la peau, que pas une parcelle d’air n’y pouvait entrer; — ni pas une en sortir. — Ceci supprimait toute transpiration, sensible et insensible, ce qui, étant la cause de tant de maladies affreuses, — rendait indispensable l’usage des clystères pour entraîner le superflu des humeurs, et compléter le système.
Ce que mon père avait à dire des opinions de my lord de Verulam, de son salpêtre, de ses onctions grasses et de scs clystères, vous le lirez, — mais pas aujourd’hui, — ni demain ; le temps me presse, — mon lecteur est impatient, — il faut que j’avance. — Vous lirez le chapitre à votre loisir (si bon vous semble J aussitôt que la Tristrapédie sera publiée. —
Qu’il suflisc pour le moment de dire — que mon père jeta bas l’hypothèse; et en faisant cela, les érudits savent qu’il bâtit et établit la sienne.