CHAPITRE CLIV
Tout le secret de la santé, dit mon père (recommençant sa phrase), — dépendant évidemment d’un juste équilibre dans la lutte entre le chaud et l’humide radical au dedans de nous; — le moindre degré d’habileté aurait suffi pour la conserver, si les gens de l’école n’avaient pas tout embrouillé, uniquement (comme l’a prouvé Van llclmont, le fameux chimiste) en prenant, tout le temps, l’humide radical pour le suif et la graisse des corps animaux.
Or, l’humide radical n’est pas le suif et la graisse des animaux, mais une substance huileuse et balsamique; car la graisse et le suif, comme aussi le flegme ou parties aqueuses, sont froids, tandis que les parties huileuses et balsamiques sont pleines de vie, de chaleur et d'ardeur : ce qui explique l’observation d’Aristote, quod omne animal posl coïlum est triste.
Or il est certain que le chaud radical vit dans l’humide radical ; mais si c’est vice versa , il y a doute ; quoiqu'il en soit, quand l’un dépérit, l’autre dépérit aussi; et alors il en résulte, soit un chaud contre nature qui cause une sécheresse contre nature , — soit un humide contre nature
qui cause des hydropisies : — de sorte que si on peut enseigner à un enfant, quand il grandit, à éviter de se jeter dans le feu ou dans l’eau, qui, l’un et l’autre, le menacent de destruction, — on aura fait tout ce qui était nécessaire à cet égard.