‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 245 sur 331 · CHAPITRE CCXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXIX

C’est ici le plus embrouillé de tous les écheveaux ;

— car dans le dernier chapitre, jusqu’à l’endroit du moins

DB TRISTRAM SHANDY. h 59

où il m’a mené par Auxerre, j’ai fait à la fois deux voyages différents, et cela du même trait de plume : — car je suis tout à fait sorti d’Auxerre dans le voyage que j’écris maintenant, et j’en suis à moitié dehors dans celui que j’écrirai plus tard. — Chaque chose n’est susceptible que d’un certain degré de perfection ; et, en poussant un peu au delà, je me suis mis dans une situation où jamais voyageur ne s’est trouvé avant moi ; car en ce moment je traverse la place du marché d’Auxerre, avec mon père et mon oncle, pour aller dîner ; et en ce moment aussi j’entre à Lyon, avec ma chaise de poste brisée en mille morceaux; — et, qui plus est, je suis en ce moment dans un beau pavillon bâti par Pringello 1 sur le bord de la Garonne, que M. Sligniac m’a prêté , et où je m’occupe à écrire cette rapsodie.

Laissez-moi me recueillir, et poursuivre mon

voyage.

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