‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 255 sur 331 · CHAPITRE CCXXXVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCXXXVIII

Quand le premier transport fut passé, et que les registres du cerveau commencèrent à revenir un peu du désordre où ce mélange confus de contrariétés les avait jetés, — l’idée me vint alors que j’avais laissé mes remarques dans la poche de ma voiture ; — et qu’en la vendant, j'avais en même [temps vendu mes remarques au petit sellier.

Je laisse cet espace vide, afin que le lecteur puisse le remplir du jurement qui lui est le plus familier. — Pour ma part, si jamais de ma vie j’ai rempli un vide avec un jurement complet, je crois que ce fut celui-ci — ***** *** ** ****, dis-je ; — et ainsi mes remarques sur la France, qui étaient aussi pleines d’esprit qu’un œuf est plein de substance, et qui valaient quatre cents guinées comme ce même œuf vaut un sou, — je les ai vendues ici à un mauvais sellier — pour quatre louis d’or; et cela (Dieu du ciel ! ) en lui donnant par-dessus le marché une chaise de poste qui en valait six; si c’eût été à Dodslcy, à Becket, ou à tout autre honorable libraire, qui quittât le commerce et eût besoin d’une chaise de poste, — ou qui y débutât — et eût besoin de mes remarques, et avec elles de deux ou trois guinées, — j’aurais pu le supporter; — mais à un raccommodeur de voitures ! — Mcnez-moi chez

lui à l’instant même, François, dis-je. Le valet de

placq mit son chapeau, et prit les devants; — moi, j’ôtai le mien en passant devant le commissaire, et je le suivis.

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