‹ Vie et opinions de Tristam ShandyChapitre 275 sur 331 · CHAPITRE CCLVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLVIII

Les Destinées qui prévoyaient toutes certainement ces amours de la veuve Wadman et de mon oncle Toby, avaient, depuis la création de la matière et du mouvement (cl avec plus de courtoisie qu’elles ne font ordinairement les choses de cette espèce ) établi un enchaînement de causes et d'effets liés si étroitement l’un à l’autre, qu’il n’eût guère été possible que mon oncle Toby habitât une autre maison au monde, ou occupât un autre jardin dans la chrétienté que cette même maison et ce même jardin qui étaient contigus et parallèles à ceux de mistress Wadroan : ceci, avec l’avantage d’un épais berceau situé dans le jardin de mistress Wadman, mais planté sur la haie de celui de mon oncle Toby, fournit à la veuve toutes les occasions nécessaires à sa tactique amoureuse ; elle pouvait observer les mouvements de mon oncle Toby, et elle assistait aussi à scs conseils de guerre; et comme son cœur sans défiance avait permis au caporal, auprès de qui Rri-

gilte s’élait entremise, de faire une porte de communication en osier pour clendre les promenades de la veuve, celle-ci fut à meme de s’avancer jusqu’à la porte même de la guérite; et quelquefois, par reconnaissance, de faire une attaque, et de tâcher de faire sauter mon oncle Toby au fond même de sa guérite.

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