CHAPITRE LXXVI
« Par la raison, » dit ma bisaïeule, répétant ses
paroles, — « que vous avez peu ou point de nez, monsieur. »
Morbleu, s’écria mon bisaïeul, appliquant sa main sur son nez, — il n’est pas si petit que vous voulez bien le] dire; — il est d’un grand pouce plus long que celui de mon
père. Or le nez de mon bisaïeul était absolument
pareil aux nez de tous les hommes, femmes et enfants que Pantagruel trouva habitant l’ilc d’Ennasin. — Soit dit en passant, si vous voulez savoir le moyen de se naturaliser chez un peuple si camus, il faut lire le livre; — le découvrir de vous-même, vous ne le pouvez pas.
— Il était fait, monsieur, comme un as de trèfle.
Il est d’un grand pouce, continua mon bisaïeul,
appuyant le doigt et le pouce sur le croquant de son nez ; et répétant son assertion, — il est d’un grand pouce plus
long, madame, que celui de mon père. Vous voulez
dire votre oncle, répliqua ma bisaïeule.
Mon bisaïeul fut réduit au silence. — Il détordit
le papier, et signa l’article.