LETTRE A D'ALEMBERT II
femme honnête et sage, exposée au moindre danger, a bien de la peine encore à se conserver un cœur à l'épreuve, et ces jeunes personnes a udacieuses,, sanj. autre éduc at i on qu 'un système de coquetterie et des rôles amoureux^ dans u ne "parure très peu modeste sans cesse entourées d'une jeunesse s ardente et téméraire, au milieu des douces voix de l'aînour et du plaisirj' résisteront à leur âge, à leur cœur, aux objets qui les environnent, aux discours qu'on leur tient» aux. oc- " casions toujours renaissantes, et à l'or auquel elles sont d'avance à-demi vendues! H faudrait nous croire d'une lo sunpiicîté d'enfant pour vouloir nous en imposer à ce point. Le vice a beau se cacher dans l'obscurité, son empreinte est sur les fronts des coupables: Ifaudace d'une femme est le 7 signe de sa hon te; c'est pour avoir trop à rougir qu'elle ne ^ ^ .rougit plus; e t si quelquefois" la'puîeur sufvTt a la chasteté, 15 que doit-on penser de la chasteté quand la pudeur même est éteinte?
Supposons, si l'on veut, qu'il y ait eu quelques exceptions; supposons
Qu'il en soit jusqu'à trois que l'on pourrait nommer.' Je veux bien croire là-dessus ce que je n'ai jamais ni vu ni ao ouï dire. Appellerons-nous un métier honnête celui qui fait d'une honnête femme un prodige, et qui nous porte à mépriser celles qui l'exercent, à moins de compter sur un miracle continuel? L'immodestie tient si bien à leur état, et elles le sentent si bien eUes-mêmes, qu'il n'y en a pas une as qui ne se crût ridicule de feindre au moins de prendre pour elle les discours de sagesse et d'honneur qu'elle débite au public. De peur que ces maximes sévères ne fissent un progrès nuisible à son intérêt, l'actrice est toujours la première
' Boileau, pailant de la fidélité conjugale, dans sa SaiiV« svr les Femmes (X):
Dans Paris, si je sais bien cooipter,
Il en est jusqu'à trois que je pourrais nommer. ^
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à parodier son rôle et à détruire son propre ouvrage. Elle quitte, en atteignant la coulisse, la morale du théâtre aussi
bien que sa dignité; ft 'i\ Vem pn-nH HfC l.^{-nns Hp wrt.1 snr
J" ^^Tf; **" ''" "^ ^'''" '"'" "ihlipr dnPî 1^ Joyers.
nous, monsieur, pour prévenir des effets inévitables? Pour moi, je ne vois qu'un seul moyen; c'est d'flterja cause. Quand les maux de l'homme lui viennent de sa natûre"cru d'une manière de vivre qu'il ne peut changer, les médecins lo les préviennent-ils? Défendre au comédien d'être vicieux, c'est défendre à l'homme d'être malade.'
Lfc conclusion de Rousseau est q u'il faut lasser les pla isirs Hu Hi^atrp piiT ^'.nA^ ,nu^^ M^^ rnrmmpiif^. ^> sft^l^ gme^[t pnnr «6tCT__aux particuliers la tentation d'en chercher de plus dan- 15 gereux ». M^ Genève, à cause de la nature de ces plaisirs, et ' parce qu'elle doit éviter la contamination de la classe sociale des comédiens, co mmettra it une lourde faute en adoptant la suggestion de M. d'Alembert.
Les Hontagnons de NeuchateP On peut être heureux sans spectacles, et Rousseau rappelle ce ao qu'il a vu au cours de ses voyages en Suisse, en 1730 et 1731,
Je me souviens d'avoir vu dans ma jeunesse, aux environs de Neufchâte.ljjm spectacle assez agréable et peut-être unique sur la terre, une montagne entière couverte d'habitations
' Rappelons ici qu'en 1770, après avoir vu l'acteur anglais Ganick, Diderot avait Écrit son Paradoxe sur le Comédien où Était développée cette théorie: « C'est reitrême sensibilité qui fait les acteurs médiocres; c'est la sensibilité médiocre qui fait la multitude des mauvais acteurs, et c'est le manque absolu de sensibilité qui prépare les acteurs sublimes. > Naturellement ceci n'infirmerait pas tout à fait la thèse de Rousseau puisque les « acteurs sublimes » — dont le jeu est tout conscient et volontaire au lieu d'être émotionnel — sont rares.
* Comparez cet extrait avec celui donné plus haut : Le J'aysan Ifroit- S»is) d'avant ta Réieiution.
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dont cbaame fait le centre des terres qui en dépendent; en sorte que ces maisons, à distances ausâ égales que les fortunes des propriétaires offrent à la fois aux nombreux habitants de
cette montagne Ip rw m-illpmpnt h., la retraitf Pt Ips rinurfnra
■Ip la Fffîif^^ *^'"' heu reux pays ans, tous à leur aise^ francs s de t ailles, d 'impôts, de s ubdélé^ és, de corvées, cultivent avec tout le soin possible des biens dont le produit est pour eux', e t emploient le loisir que cette culture leur laisse à faire mille ouvrages de leurs mains, et à mettre à profit le génie inventil ' que leur donriâTa nature. L'hive r surtout, temps lo où la hauteur des neiges leur ôte une communication facile, chaam renfermé.bîen chaudement, avec sa nombreuse famille, dans sa j olie et prop re maison de bûis qu'il a bitie lui-même, s'occupe de mille travaux amusants, qui chassent l'ennui de son asile, et ajoutent à son bien-être. Jamais menuisier, 15 serrurier, vitrier, tourneur de profession, n'entra dans le p ays, toiisT ê sonT pour eux-mêmes, aucun ne l'est pour autiui ; dans la multitude ^ meubles commodes et même élégants qui composent leur ménage et parent leur logement, on n'en voit pas un qui n'ait été fait de la main du maître. D leur ao reste encore du loisir pour inventer et faire mille instruments divers, d'acier, de bois, de carton, qu'ils vendent aux étrangers, dont plusieurs même parviennent jusqu'à Paris, entre autres ces petites horloges de bois qu'on y voit depuis quelques années. Ils en font aussi de fer; ils font même des montres; as et, ce qui parait incroyable, chacun réunît à. lui. seul toutes les professions diverses dans lesquelles se subdivise -l'horlogene, "et Tai t tous ses outils lui-mêmp.
Ce n'est pas tout: ils ont^des Hvres utiles et sont £assablpment instr uits; ils raisonnent sensément de toutes 30 choses, et de plusieurs avec esprit. Ils font des siphons,
• A l'époque mtoie où Rousseau visitait ces montagnes vivait là Jean Daniel Richard, le célèbre horli^r qui pa| son génie inventif donna une telle impulsion à l'industrie horiogère qu'elle devint l'industrie nationale de toute cette région. r
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des aimants, des lunettes, des pompes, des baromètres, des chambres noires; leurs tapisseries | sont des multitudes d'instrumfiats dfe.jQute espèce: vous prendriez le poêle* d'un paysan pour un atelier de mécanique et pour un cabinet S de physique expérimentale. Tqus savent un peu dessiner, pein dre, chiffrer; 'la plupart jouent de la flûte; plusieurs ont un peu de musique et chantent juste. Ces arts ne leur sont point enseignés par des maîtres, m^s leur passent, pour ainsi dire, par tradition. De ceux que j'ai vus savoir la
lo musique, l'un me disait l'avoir apprise de son père, un autre de sa tante, un autre de son cousin; quelques-uns croyaient l'avoir toujours sue. Un de leurs plus fréquents amusements est de chanter avec leurs femmes et leurs enfants les psaumes à quatre parties; et l'on est tout étonné d'entendre
is sortir de ces cabanes champêtres l'harmonie forte et mâle de Goudimel,^ depuis si longtemps oubliée de nos savants artistes.
Je ne pouvais non plus me lasser de parcourir ces charmantes demeures, que les habitants de m'y témoigner la plus
» franche hospitalité. Malheureusement j'étais jeune; ma curiosité n'était que celle d'un enfant, et je songeais plus à m'amuser qu'à m'instruire. Depuis trente ans, le peu d'observations que je fis se sont effacées de ma mémoire. Je me souviens seulement que j'admirais sans cesse, en ces hommes
»5 singuliers, uiLniélange étonnant de finesse et de simplicité, qu'on croirait presque incompatibles, et que je n'ai plus observé nulle part. Du reste, je n'ai rien retenu de leurs
' Ici, choses qui garnissent les murs.
' Terme souvent employé aux siècles passés pour désigner la chambra dans laquelle se trouve le poéle.
' Rousseau entend ici Évidemment la gravure de chiffres, c'est à dire d'initiales entrelacées pour marquer les objets de métal ou de bois.
* Musicien de la Franche- Comté, du XVI"" siècle, qui a composé un chant à quatre parties pour les psaumes traduits par Clément Marot et Théodore de Bèze, et employés par les Protestants.
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mœurs, de leur société, de leurs caractères. Aujourd'hui que j'y porterais d'autres yeux, faut-il ne revoir plus cet heureux pays ! ^ Hélas il est sur la route du mien.
Après cette légère idée, supposons qu'au sommet de la montagne dont je viens de parler, au centre des habitations, $ on établisse un spectacle . . .
Et Rousseau montre comment avec le «spectacle», tous les maux qu'il vient d'attribuer au théâtre s'abattraient sur l'heureuse contrée.
Les FAtes dans une République
Pour la vie publique, les Genevois ont, pour l'ordinaire, les 10 « Cercles • qui suffisent, et pour les circonstances exceptionnelles, des têtes d'im caractère simple, charmant et vertueux; mais donnez H Genève < deux ans seulement de Comédie et tout est bouleversé »,
Quoi ! ne faut-il donc aucun spectacle dans une république? is Au contraire, il en faut beaucoup. C'est dans les républiques qu'ils sont nés, c'est dans leur sein qu'on les voit briller avec un véritable air de fête. A quels peuples convlent-it mieux de s'assembler souvent et de former entre eux les doux liens du plaisir et de la joie, qu'à ceux qui ont tant de raisons lo de s'aimer et de rester à jamais unis? Nous avons déjà
* Il revit quatre ans après, avec un désenchantement complet, « ce pays qu'il avait tant aimé ». — « J'y croyais retrouver, dit-il, ce qui m'avait charmé dans ma jeunesse, tout est changé; c'est un autre paysage, un autre air, un autre ciel, d'autres hommes; et, ne voyant plus mes montagnons avec des yeui de vingt ans, je les trouve beaucoup vieillis.» {Lettre à M. le maréchal de Luxembourg, Motiers, le 10 janvier 1763-) Outre le fait que E. quand il écrivait cette lettre était déprimé par les persécutions dont il sera question plus loin, il faut savoir que les «montagnons» dont il parle en 1763 n'étaient pas tout à fait les mêmes que ceux qu'il avait visités en 1730 ou 31. Il s'agit probablement dans La lellre à D'Alembert (c'est l'opinion de Ph. Godet) des habitants de La Sagne, un grand village qui est encore dans le Pa}^ de NeucMtel, mais dans une région séparée du Val de Travers, où est Motiers, par quek^ues longs dos de montagnes.
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Slusigyjs de ''"•' ^^'"'^ piihiiiyjf.e. ayons-en davantage encore Je n'en serai que plus charmé. Mais n'adoptons point ces spectacles exclusifs qui renferment tristement un petit nombre de gens dans un antre obscur; qui les tiennent craintifs et 5 immobiles dans le silence et l'inaction; qui n'offrent aux yeux que cloisons, que pointes de fer, que soldats,' qu'affligeantes images de la servitude et de l'inégalité. Non, peuples heureux, ce ne sont pas là vos fêtes. C'est en ple in air, c'est BOUS le ciel qu'il faut vous rassembler et vous livrer au doux
10 sentiment de votre bonbeur. Que vos plaisirs ne soient efféminés ni mercenaires, que r ien de ce qui s ent la contraint e et l'intérêt ne les empoisonne, qu'ils soient libres et généreux comme vous, que le soleil éclaire vos innocents spectacles: vous en formerez un vous-mêmes, le plus digne qu'il
is puisse éclairer.
Mais quels seront enfin les objets de ces spectacles? qu'y montrera- t-on? Rien, si l'on veut. Avec la liberté, partout où règne Taffluence, le bien-être y règne aussi. Plantez au . milieu d^une£lace un piquet couronné de fleurs, rassemblez^
i n le peiiple. et v ous aurez iine fête. Faites mieux encore : donnez les spectateurs en spectacle: rendez-les acteurs euxmêmes; faites que chacun se voie et s'aime dans les autres, afin que tous en soient mieux unis. Je n'ai pas besoin de renvoyer aux jeux des anciens Grecs; il en est de plus mo-
2S demes, il en est d'existants encore, et je les trouve précisément parmi nous. Nous avons tous les ans des revues, des pus publics, .des icâs de l'ar qwebu se, du canon, de la navigation: On ne peut trop multiplier des établissements si utiles et si agréables, on ne peut trop avoir de semblables rois. Pour-
30 quoi ne ferions-nous pas, pour nous rendre dispos et robustes, ce que nous faisons pour nous exercer aux armes? 1a république a-t-elle moins besoin d'ouvriers que de soldats? Pourquoi, sur le modèle des prix militaires, ne fonderions-nous
> Des soldats maintenuent l'ordre aux représentations thffltiales.
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pas d'autres prix de gymnastique pour la lutte, pour la course, pour le disque, pour divers exercices du corps? Pourquoi n'animerions-nous pas nos bateliers par des joutes sur le lac? Y aurait-il au monde un plus brillant spectacle que de voir sur ce vaste et superbe bassin des centaines de bateaux, éïé- 5 gamment équipés, partir à la fois, au signal donné, pour -aller, enlever un drapeau arboré au but, puis servir de cortège au vainqueur revenant en triomphe recevoir le prix mérité? Toutes ces sortes de fêtes ne sont dispendieuses qu'autant qu'on le veut bien, et le seul concours 'les rend assez magni- 10 âques. Cq?endant il faut y avoir assisté chez. Je Gfine vois pour comprendre avec quelle ardeur il s'y Kvre . . .
i.' hiver, Temps consacré au commerce privé des amis, convient moins aux fêtes publiques. Il en est pourtant une espèce dont je voudrais bien qu'on se fît moins de scrupule; 15 savoir, les bals entre dejeunespfrM'""'^ à mmûa- jg n'ai jamais bien conçu pourquoi l'on s'effarouche si fort de la danse et des assemblées qu'elle occasionne: comm e s'il v avait plus de mal à danser qu'à chanter; que l'un et l'autre de ces amusements iïcfùtpas également une inspiration de la nature ; » et que ce fût un crime à ceux qui sont destinés à s'unir de s'égayer en commun par une honnête récréation ! L'homme .£ t la femm e ont été formés l'un pour l'autre: Dieu veut qu'ils suivent leur destination; et certainement le premier et leplus saint de tous les liens de la société est le mariage. 25 Toutes les fausses religions combattent la nature; la nôtre seule, qui la suit et la r^le, annonce une institution divine et convenable à l'homme . . .
Pour moi, loin de blâmer de si siniples amusements, je voudrais au contraire qu'ils fussent publiquement autorisés, 30 et qu'on y prévînt tout désordre particulier en les convertissant en bals solermels et périodiques, ouverts indistinctement à toute la jeunesse à marier. Je voudrais qu'un
1 Concours, assemblement de la foule. ,
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ini^strat,' nommé par le conseil, ne dédaignât pas de présider i ces bals. Je voudrais que les pères et mères y assistassent, pour veiller"sîfr~[ëiirs~enfants,pour être témoins de leu^ grâces et de leur adresse, des ap plaudissements qu'ils auraient S mentes, et jouir ainsi du plus doux spectacle qui puisse toucher un cœur paternel. Je voudrais qu'en général toute ^roo r mc - 1 majdée.y.fût admise au nombre des spectateurs et des juges, ; sans gu'iliût permis. à aucune de profaner. Ja. dignité conji^le en dansant elle-même; car à quelle fin honnête pour- " lo rait-elle se donner ainsi en montre au public? Je voudrais qu'on formât dans la salle une enceinte commode et honoraJTè, destinée 'âflX gcns^géS'de Tun et de l'autre sexe, qui, ayant déjà donné des citoyens à la patrie, verraient encore leurs petits-enfants se préparer à le devenir. Je voudrais que
iS nul n'entrât ni ne sortit sans saluer ce parquet,' et que tous "les Couples de jeunes gens vinssent avant de commencer leur danse et après l'avoir finie, y faire une profonde révérence, pour "'nrrnutnmrr dr hnaur heure à respecter la vieillesse. Je ne doute pas que cette agréable réunion des deiii termes de
sa la vie humaine ne donnât à cette assemblée un certain coup d'œil attendrissant, et qu'on ne vit quelquefois couler dans le parquet, des larmes de joie et de souvenir, capables peutêtre d'en arracher à un spectateur sensible. Te voudra is que tous les ans, au dernier baJ, la jeune personne qui, duriutt
3S les précédents, se. "rf'^ .•nrY.ju.rt^.. i« ^^ug bOTU ifitcmont rle plus modestement, et auraitplu davantage à tout le nwn4c, au jugement du parquet, fût honorée d'une couronne par__la
' « A chaque corps de .métier, à chacune des sociétés publiques ■ dont est composé notre État, préside un de ces magistrats, sous le nom de seigneur-commis. Ils assistent à toutes les assemblées, et même aux lestins. Leur présence n'empêche point une honnête familiarité entre les membres de l'association; mais elle maintient tout le monde dans le respect qu'on doit porter aux lois, aux mœurs, à la décence, même au sein de la joie et du plaisir. Cette institution est très belle, et forme un des grands liens qui unissent le peuple à ses chefs >. {Nck de Rousseau.) * Aujourd'hui on dirait plutôt < estrade », • tribune ».
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main du seieneur-c ommj^, ft '^■■ i^^tff ■if--'''*--^ feri^ q"' « H g jTnrtrnit fniifi l'nnni'n Je voudrais qu'à la clôtute de la même assemblée on la reconduisit en cortège; que le père et la mère fussent félicités et remerciés d'avoir une fille si bien née, et de l'élever si bien. Enân je voudrais que, si elle 5 venait à se marier dans le cours de l'anj la seigneurie ' lui fit un présent ou lui accordât quelque distinction publique, afin que cet honneur fîtt une chose assez sérieuse pour ne pouvoir jamais devenir un sujet de plaisanterie , . .
Parlant du succès de son écrit dans les Confessions, Rousseau to
une douceur d'âme qu'on sentit n'être point jouée >. Cette phrase exprime la vérité. Il y eut quelques réponses en France, une très courtoise de d'Alembert, une autre qui "était moms amène, de Marmontel, Apologie du Théâtre (dans le « Mercure de France »). 13 Le meilleur argument dans cette réponse (x>nsiste à rappeler que Rousseau ne mentionne pas Tartufe dans son attaque de Molière: certes, là, Molière n'a pas réclamé l'indulgence pour un scélérat. Rousseau cependant avait écrit : « l'honneur des applaudissements (chez Molière) est presque toujours pour le plus adroit ». Mme. 30 de Créqui, dans une lettre de janvier 1759 à Rousseau dit; < Votre ouvrage a eu plein succès. M. de Marmontel vous réfute en ne vous répondant pas». Rousseau ne pouvait pas s'attendre à obtenir un résultat pratique en France. En ce qui concerne Genève, nous avons vu qu'il avait au moins retardé le triomphe as de Voltaire.
■ Nom collectif pour les « magnifiques, très honorés et souverains seigneurs • de Genève, dont il a été question déjà à propos du Discours sur VlnigaliU.