‹ Vie et œuvres de J.J. RousseauChapitre 46 sur 51 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

lement, et dont il m'est impossible de dire ni de bien comprendre la cause, si ce n'était peut-être une félicitation secrète d'être en cet état hors de l'atteinte des méchants. J'errais ensuite seul dans ce lac, approchant quelquefois du rivage, mais n'y abordant jamiûs. Souvent laissant aller mon 5 bateau à la merci de l'air et de l'eau, je me livrais à des rêveries sans objet, et qui, pour être stupides, n'en étaient pas moins douces. Je m'écriais parfois avec attendrissement: «ô nature ! ô ma mère! me void sous ta seule garde; il n'y a point ici d'homme adroit et fourbe qui s'interpose entre toi lo et moi.i Je m'éloignais ainsi jusqu'à demi-lieue de terre; j'aurais voulu que ce lac eût été l'Océan. Cependant, pour complaire à mon pauvre chien, qui n'aimait pas autant que moi de semblables stations sur l'eau, je suivais d'ordinaire un but de promenade; c'était d'aller débarquer à la petite 15 Ile, de m'y promener une heure ou deujc, ou de m'étendre au sommet du tertre sui le gazon, pour m'assouvir du plaisir d'admirer ce lat et ses environs, pour examiner et disséquer toutes les herbes qui se trouvaient à ma portée, et pour me bâtir, comme un autre Robinson, une demeure imagirudre 30 dans cette petite lie. Je m'affectionnai fortement à cette butte. Quand j'y pouvais mener promener Thérèse avec la receveuse et ses sœurs, comme j'étais fier d'être leur pilote et leur guide ! Nous y port&mes en pompe des lapins pour la peupler; autre fête pour Jean-Jacques. Cette peuplade 35 me rendit la petite Ile encore plus intéressante. J'y allais plus souvent et avec plus de [dai^ depuis ce temps-là, pour rechercher des traces du progrès des nouveaux habitants.

A ces amusements j'en jo^n^ un qui me rappelait la douce vie des Charmettes, et auquel la saison m'invitait particulière- 30 ment. C'était un détail de soins rustiques pour la récolte des légumes et des fruits, et que nous nous faisions un plaisir, Thérèse et moi, de partager avec la receveuse et sa famille. Je me souviens qu'un Bernois, nommé M. Eirchberger, m'étant venu voir, me trouva perché sur un grand arbie, un u

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sac attaché autour de ma ceinture, et déjà si plein de pommes, que je ne pouvais plus me remuer. Je ne fus pas fâché de cette rencontre et de quelques autres pareilles. J'espérais que les Bernois, témoins de l'emploi de mes loisirs, ne songe- , S raient plus à en troubler la tranquillité et me laisseraient en pm dans ma solitude. J'aurais bien mieu^ï aimé y être confiné par leur volonté que par la mienne: j'aurais été plus assuré de n'y point voir troubler mon repos.

Je pris tant de goût à l'Ile de Saint-Pierre, et son séjour

10 me convenait si fort, qu'à force d'inscrire tous mes désirs dans cette lie, je formai celui de n'en point sortir. Les visites que j'avais à rendre au voisinage, les courses qu'il me faudrait faire à Neuchàtel, à Sienne, à Vverdon, à Nidau, fatiguaient déjà mon imagination. Un jour à passer hors de l'Ile me

15 paraissait retranché de mon bonheur, et sortir de l'enceinte de ce lac était pour moi sortir de mon élément. D'ailleurs, l'expérience du passé m'avait rendu craintif. II suffisait que quelque bien flattât mon cœur pour que 'je dusse m'attendre à le perdre; et l'ardent désir de finir mes jours dans

30 cette lie était inséparable de la crainte d'être forcé d'en sortir. J'avais pris l'habitude d'aller les soirs m'asseoir sur la grève, surtout quand le lac était agité. Je sentais un plaisir singulier à voir les flots se briser à mes pieds. Je m'en faisais l'image du tumulte du monde, et de la paix de mon habita-

as tion; et je m'attendrissais quelquefois à cette douce idée, jusqu'à sentir des larmes couler de mes yeux. Ce repos dont je jouissais avec passion, n'était troublé que par l'inquiétude de le perdre; mais cette inquiétude allait au point d'en altérer la douceur . . . Enfin, à force de me livrer à ces réflexions et

30 aux pressentiments inquiétants des nouveaux orages toujours prêts à fondre sur moi, j 'en vins à désirer, mais avec une ardeur incroyable, qu'au lieu de tolérer seulement mon habitation dans cette lie, on me la donnât pour prison perpétuelle; et je puis jurer que s'il n'eût tenu qu'à moi de m'y faire con-

35 damner, je l'aurais fait avec la plus grande joie, préférant

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mille fois la nécessité d'y passer le reste de ma vie au danger d'en être expulsé.

Cette crainte ne demeura pas longtemps vaine

De ce moment, pendant quatre années et demie, Rousseau mena une vie terrible de vagabondage. U quitte 111e le vendredi 5 25 octobre, passe quelques jours à Nidau, en face de l'Ile, puis le 29 part pour Bâle; de là pour Strasbourg où il arrive le 3 novembre, hésitant s'il acceptera une invitation du roi de Prusse, à Berlin, ou une invitation du philosophe Hume, en Angleterre; le g décembre il paît pour Paris. La police ignore volontairement 10 sa présence pendant quelques jouis, mais lui signifie enân de partir. Le 4 janvier il part pour l'Angleterre.' D reste à Londres peu de temps (13-17 janvier); à la fin du mois (le 28) il est à Chiswick, 5 milles à l'ouest de Londres; le 22 mars il arrive à Wooton, Staff ordshire /(pas Derbyshire, comme il l'a écrit) à 15 50 lieues de Londres, l'hôte de Lord Davenport.

11 ne fut pas heureux. Seul avec ses pensées de perpétuel eidlé, ignorant la langue du pays, se sentant dépendant de bienfaiteurs, enfin s'étant brouillé avec Hume, il fut pris un jour d'un violent accès de désespoir, quitta soudainement Wootton, et m s'embarqua à Douvres, le ïi mai 1767, pour Calais. D avait été en Angleterre un an et cinq mois. Étant toujours décrété de prise de corps en France, il adopta le nom de Renou qu'il garda dans sa correspondance jusqu'en 1769. Du reste, protégé par le Prince de Conti, dont il habita le Château de Trye pendant 2$ environ une année (depuis le ai juin 1767), il fait ensuite des séjours de variable durée à Bourgoin (depuis le 16 août 1768), à 13 lieues de Grenoble ^ c'est là qu'il prend formellement pour femme' Thérèse Levasseur (29 août) — ; à Monquin (7 janvia 1769 à mai 1770); à Lyon, où il demeura jusqu'à son d^^ pour 30 Paris.

' Sur ce séjour, voir pour des faits et pour d'autres indications bibllo- C'

graphiques L. J. Courtois, Annales J.-J. Rousseau, VI (1910).

' C'est-à-dire, autant que cela était en son pouvoir. Le mariage non béni par l'Église catholique n'était pas tecomiu en France. Rousseau pour épouser légalement Thérèse Levasseur aurait dû abjurer le protettantisme, H ât donc une cérémonie intime et civile, pensant bien 1

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Paris, 1 770-1778 ' n arriva à Paria fin juin 1770, et vécut successivanent dans trois ou quatre modestes appartempnts Rue Plâtrière (aujourd'hui RueJ.-J. Rousseau). Il avait repris son nom de Rousseau; le gouvernement ne l'inquiÉta pas; cependant, sur la demande expresse

5 du Procureur Général, il quitta l'habit d'Arménien • qui attirait trop les regards sur un homme qui était encore sous le coup d'un décret de prise de corps. Certain qu'on l'avait calomnié, il lut, pour confondre ses ennemis, de longs passages des Confessions auxquelles il avait travaillé depuis son dernier séjour en Suisse.

o Fuis, après quelques mois, il vécut d'une vie bien tranquille en s'occupant tantôt de botanique, tantôt de copie de musique (qui l'aidait à vivre), tantdt même reprenant la plume pour discuter des problèmes de politique (ainsi ses Considérations sur le Gouvernement de la Pologne).

5 Voici la description d'une des demeures de Rousseau par Bernardin de Saint-Pierre, dont il était devenu l'atni:

« Au mois de juin de 1773, un ami m'ayant proposé de me mener chei J.-J. Rousseau, il me conduisit dans une maison rue PIfttriire i, peu près vis-à-vis de l'hôtel de la poste. Nous moutàmes au quatrième étage.

o Nous frappAmes, et Mme Rousseau vint nous ouvrir la porte. Elle nous dit; Entrez, Messieurs, vous allez trouver mon mari. Nous traversâmes une fort petite antichambre où des ustensiles de ménage Étaient proprement arrangés; de là nous entrimes dans une chambre où J.-J. Rousseau était assb, en redingote et en bonnet blanc, occupé à copier de

S la musique. H se leva d'un air riant, nous présenta des chaises, et se remit i son travail en se livrant toutefois A la conversation.

qu'elle sufErait pour que les amis de Rousseau reconnussent Thérèse pour sa femme et la protégeassent après sa mort. La Révolution, abrogeant la loi du mariage eTcIusivement catholique, reconnut le mariage de Rousseau comme valable et fit une pension à sa ( veuve 1 (21 déc. 1790). On trouvera cette scène différemment rapportée dans Mugnier, Madame de Worens, Claretîe, J.-J. Rousseau et ses amies; et dans deux lettres de Rousseau, à Laliaud, 31 août 17Û8, et i Moultou; lo oct. 1768.

' Sur ces années, pour des faits et pour d'autres indicationB bïbKogr^hiquea: Eliz. A. Foster, « Le dernier Séjour de J.-J. Rousseau à Paris », dans Smith Collège Siudies in Modem Languages, (igio), H, », 3.

' Voir note ci-dessus sur Lapidation de MtUtrs.

DESNIÈKES ANNÉES 37I

n êUùt d'un tempéiament maigre et d'une taille moyenne. Une de ses épaules paraissait un peu plus élevée que l'autre, soit que ce fût l'eSet d'un défaut naturel, ou de l'attitude qu'il prenait dans son travail, ou de rage qui L'avait voûté, car il avilt alors 64 ans; d'ailleurs il était fort bien proportionné. Il avait le teint brun, quelques couleurs aujt pom- 5 mettes des joues, la bouche belle, le nez très bien fait, le froDt rond et élevé, les yeux pleins de feu. Les traits obliques qui tombent des narines vers 'es extrémités de la bouche, et qui caractérisent la physionomie, exprimaient dans la sienne une grande sensibilité et quelquechose mÉme dedouloureux. On remarquait dans son visage trois ou quatre caractères 10 de mélancolie par l'enfoncement des yeux et par l'affaissement des sourcils; delà tristesse profonde par les rides du front; une galté très vive et même un peu caustique par mille petits plis aux angles extérieurs des yeux, dont les orbites disparaissaient quand il riait. Toutes ces pasMona se peignaient successivement sur son visage suivant que les sujets de la 15 conversation affectaient son âme; mais dans une situation calme sa figure conservait une empreinte de toutes ces affections, et offrait à la fois je ne sais quoi d'aimable, de fin, de touchant, de digne de pitié et de

Près de lui étaituneépinette sur laquelle il essayait de temps en temps ao des airs. Deux peti ts lits de cotonne rayée de bleu et de blanc comme la tenture de sa chambre, une commode, une table, et quelques choses faisaient tout son mobiUer. Aux murs étaient attachés un plan de la forêt de Montmorency où il avait demeuré, et une estampe du roi d'Angleterre, son ancien bienfaileur. Sa femme était assise occupée à coudre 3$ du linge; un serin chantait dans sa cage suspendue au plafond; des moineaux venaient manger du pain sur ses fenêtres ouvertes du cAté de la rue, et sur celle de l'antichambre on voyait des caisses et des pots remplis de plantes telles qu'il plaît à la nature de les semer. Il y avait dans l'ensemble de son petit ménage, un air de propreté, de paix, et de 30 simplicité qui faisait plaisir.» {Vie el Ouvrages de J.-J. Rousseau, chap. II.)

De temps en temps Rousseau retombait dans des accès de mélancolie, suite des persécutions d'autrefois. N'ayant pas réussi à se justifier comme il avait espéré par ses lectures des 35 Confessions, il avait composé trois longs Dialogues, Rousseau juge de J ean- Jacques, où il supposait un accusateur Le Français, auquel répondait Rousseau. Un jour l'idée lui vint de déposer cet écrit sur l'aulel de l'église de Notre-Dame, estimant que ce » Dépôt remis à la Providence » devrait sûrement un jour 4° le justifier devant la postérité. U partit un joui, le 34 février

1776, veis deux heures de l'après-midi, mais trouva la petite porte qui donnait accès au diœui, fermée. . . . U remit alois plusieurs copies de son manuscrit à différents amis. En 1780 le premier Dialogue fut publié.

5 Rousseau écrivit aussi dans les dernières ajinêes de sa vie, les Rêveries d'un Promeneur Solitaire, une sorte d'adieu à la vie, très beau et très touchant. Il mourut avant d'avoir achevé la Dixième.

Citons ce joli épisode de la IX°" Promenade.

Rousseau et les petites Oiphvlines

10 Un jour, nous étions allés, ma femme et moi, dîner à la Porte Maillot: après le dîner nous traversâmes le Bois de Boulogne jusqu'à La Muette; là nous nous assîmes sut l'herbe en attendant que le soleil fût baissé, pour nous en retourner ensuite tout doucenaent par Passy. Une vingtaine

1$ de petites filles, conduites par une manière de religieuse, vinrent, les unes s'asseoir, les autres folâtrer assez près de nous. Durant leurs jeux, vint à passer un oublieur avec son tambour ' et son tourniquet,* qui cherchait pratique: je vis que les petites filles convoitaient fort les oublies, et deux ou

30 trois d'entre elles, qui apparemment possédaient quelques liards, demandèrent la permission de jouer. Tandis que la gouvernante hésitait et disputait, j'appelai l'oublieur et lui dis: • Faites tirer toutes ces demoiselles chacune à son tour, et je vous paierai le tout 1. Ce mot répandit dans toute la

15 troupe une joie qui seule eût plus que payé ma bourse, quand je l'aurais toute employée i cela.

Comme je vis qu'elles s'empressaient avec un peu de ccmfusion, avec l'agrément de la gouvernante, je les fis ranger toutes d'un côté, et puis passer de l'autre côté l'ime après ' Semble être ici une boite légère en forme de tambour dans lequel l'oublieur portait sa marchandise. A moins que ce ne fût un tambour avec lequel il attirait l'attention des passants.

* Jeu de hasard qui consiste en im disque tournant autour duquel •ont marqués des numfios. ^ ^ >[ ■

DERNIÈRES AKNÊES 373

l'autre, à mesure qu'elles avaient tiré. Quoiqu'il n'y eût point de billet blanc, et qu'il re^^t au moins une oublie à chacune de celles qui n'auraient rien, qu'aucune d'elles ne pouvait donc être absolument mécontente, aân de rendre la fête encore plus gaie, je dis en secret à l'oublieur d'user de son 5 adresse ordinaire en sens contraire, en faisant tomber autant de bons lots qu'il pourrait et que je lui en tiendrais compte. Au moyen de cette prévoyance, il y eut près d'une centaine d'oubliés distribuées, quoique les jeunes filles ne tirassent chacune qu'une seule fois; car là-dessus je fus inexorable, 10 ne voulant ni favoriser des abus, ni marquer des préférences, qui produiraient des mécontentements. Ma femme insinua à celles qui avaient de bons lots d'en faire part à leurs camarades, au moyen de quoi le partage devint presque égal, et la joie plus générale. 15

Je priai la religieuse de Urer à son tour, craignant fort qu'elle ne rejetât dédaigneusement mon offre; elle l'accepta de bonne grâce, tira comme les pensiotmaires, et prit sans façon ce qui lui revint. Je lui en sus un gré infini, et je trouvai à cela une sorte de politesse qui me plut fort, et qui vaut 30 bien, je crois, celle des simagrées. Pendant toute cette opération, il y eut des disputes qu'on porta devant mon tribunal; et ces petites filles venant plaider tour à tour leur cause, me donnèrent occasion de remarquer que, quoiqu'il n'y en eût aucune de jolie, la gentillesse de quelques-unes 25 faisait oublier leur laideur.

Nous nous quittâmes enfin, très contents les uns des autres, et cet après-midi fut un de ceux de ma vie dont je me rappelle avec le plus de satisfaction. La fête, au reste, ne fut pas ruineuse; pour trente sous qu'il m'en coûta tout au plus, il 30 y eut pour plu3 de cent écus de contentement; tant il est vrai que le plaisir ne se mesure pas à la dépense, et que la joie est plus amie des liards que des louis. Je suis revenu plusieurs fois à la mËrae place, à la même heure, espérant d'y rencontrer encore la petite troupe; mais cela n'est plus arrivé. 35

VIE ET ŒDVHES

Eimenoorille

Mais la vieillesse devînt plus lourde à supporter de jour en Jour. En 1778, lui-même infirme, et Thérèse malade, Rousseau dédda enfin d'accepter l'hospitalité qui lui était offerte par le Marquis de Giradin dans une maisonnette du Parc d'Ermenon- 5 ville (à 2^ milles au Nord-Est de Paris). Rousseau y alla le 30 mai. Le printemps, la campagne, lui firent oublier ses soucis, et il semblait heureux, quand le 3 juillet il mourut subitement. (Voltaire était mort le 30 mai.)

La cause de la mort est encore discutée aujourd'hui. Sa mélaajo colie a beaucoup favorisé la théorie du suicide, quT, parce qu'elle est moins banale, ne sera jamais volontiers abandonnée par le monde, toujours friand de sensationnel. Cependant l'examen attentif des faits ta rend de moins en moins probable.'

Rousseau, comme protestant, ne pouvant pas être inhumé en

1$ terre sainte, fut enterré à Ermenonville dans la charmaote île des

Peupliers, où se trouve encore aujourd'hui le cénotaphe (vide,

car les restes de Rousseau ont été transportés au Panthéon) et

que visitent chaque année de nombreux pèlerins.

' Voir un examen des théories du suicide dans A. Lacassagne, Lts denUères annies et la mort de J.-J. Rousseau, Lyon, 1913.

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