‹ VieChapitre 7 sur 51 · DE L'ONCLE TOM · texte numérisé non relu

DE L'ONCLE TOM

nages assis autour d'une tablo confortablement pourvue des choses drdessus éntunérées, Hatey comtiriença le pathétique récit de ses in&rtunes. Loker, la bouche close, Técoutait avec unie attentnoB sott-moiiç et rechignée. Marks, absorbé dons la'préfmration d'un verre de punch à son goût, se laissait de temps en' temp»- distraire cfe cette grave occupation, et, allongeaiit son aea et soa menton jusoue dans le visage d'Haley, mirait sa narration avec le pi«is vif intét^t. La conclusion surtout parut extrêmemMit iedivertir, à en juger par le mouTsment do- ses épaules et Fexpressîon ^e ses lèvres minces et desséchées.

•H* Ainsi, vous avex été p<aifaiteinént mis dedans, n'est-ce pas? dit41; Hé 1 hé! hé) çb; été lestement j^t, tout do mdme;

— Ces petits garçons donneiit ■ touVoutis ^auooup d'erabflaras dans le commerce, ^t Ha]ey â*uci ton dolent.

— ai nous pouvions trouver une espèce de femeiles qui no fussent pas trop attadiées' à leui« petits, ce serait la plus belle découverte des temps modernes, dit Mark^, en rîant sous eape de sa plaisanterie.

~* Ytaiment, dit Haley, je n'y pois rien eostprendre. Ces petits ne leur causent qtM des désagréxnens et elles devraient se trouver heureuses- d*en être débarrassées. £h bien ! non ; plus xm mannot les &iàt enrager^^plus il leur est à charge, . 4>lu8 elles y tiennent. *

— Moassieur Haley, dit Mark^ passes-moi l'eau diaude. Oûf BMNDaâeuir, ce que vous dites nous Tavons tous éprouvé. Pendant que j'étais dans le commerôe, j'achetai un jour une fille robuste, bien tournée et fort intelligente. £lle avait un petit garçon maWe, qui était bossu ou quelque chose comuie «ela ; je le domud à* un honmie qui pensait avoir que^ue chance de l'élever — il ne m'avait rien coûté. Je n'aurais jamais .pensé t^pM cette £lle sefût occupée de M. Mais, Dieu ! si vous l'aviez vue , on aurait dit qu'elle l'aimait davantage, yrécâafafiMit pavée qu'il était infirme et la tourmentait. Elle se mit à crier et à se démener, comme si elle eût tout perdu. C'est vraiment drôle d'y penser. On ne comprendra jamais rien aux idées deees femelles.

— Eh bàen ! j'ai fait la môme expérience, reprit Haley. L'été damier, sur la rivière Rouge, je fis l'acquisition d'une fille avec un petit assez joli, et- dont les yeux paraissaient aussi briUans que les vôtres. Mais, en l'examinant degrés, je m'aporças qu'il était aveugle. Je pensai qu'il n*y avait aucun mal à tâcher de m'en défaire, et je parvins à l'échanger contre un baril de whiskey ; mais lorsqu'on fut pour rfttSMiMT alla mèfo» «lie devuit comme jme agresse, J'éttûs

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sur le point de partir et ma bande u^était pas entièremeat enclfalnée ; elle ^'élança sur fpie balle de coton, prit loi couteau des lUMBi d*im œatelidt, et, coxoiae je vous le dis, mit tout le monde eu fi^peudafit uMlques minutée, jus^'à ce quVUe vit toute réeistanoe inufeile ^ alors eUbe fit rolte faoe, piqua une tête dans la rivière et Ton ne vit rien reparaître. «^Bah ! dit Tom Loker -qui arait ^eouté «es histoires avec un sentiaa^it de mépris mal réprimé,, vous n'y entendes rîen. Mes filles ne mte jouent j ama» de ces .tQurB*là.

— Yniment l eon^naent vous y prenez^^vouk donc ? dit Marks.

— Comment? Lorsque je veux vendre le petit d'une de mes iillfis, je vais droit à ettei je ta» pose devant' eHe^ je lui mets le poing sous le menton et lui dis : Regarde ceci \ si tu dis uaimot je te brise la ttte. Je ne veux- pus entendre un mot, pas 1^ ceouaenoemettt d'un mot. Ton enfant est à mol, il n'est pas à toi, et tu n*as pas. à t*ea ocoroper. Je le vendrai ik la première oocasion* Ne v^.^tAX^6,vmg de faine 4u bndt ou je ip ferai soul^Mter do •n'êlfiB jaaaais aéo» EUeS' ««vent qu'il n'y a rien à gagner avec mol et elles sont muettes G&tàn^ des poia9ons« §i Tu** d'e|l#s a te malheu9>dt peneser un cri.... Et Tom Lokwdoimasuvla ijable UA ooup dia poÂig qui achevait clairement la phrase interisompuev

— Voilà ce qui. s'*ppdjfe^j'é©erg^j dit Uwtka entonnant à Haley un coup ^ coude accompagné d'un Ufçer ri# çanement. Xom est wtosamt oiE^n'al l Se I hé i.^l Je dis, Tom, que voua savez vous faire QO«nt<endre. Si voMiO^tes pas le diable, Tom, von« ât»i an in««» «ont cpusèi, j*«a réponds. . '

Tom x^ut le oomplimâat aveo U modestie oenveaa^ ^ prit un air aussi affable que h ^ui penvettait sa natUTB de chien, comme dit John Bunyaa.

H^^« q?i Q^ait fait d'aboodaj^tes libation» pendant l^fiotretien, commençait 4 s^oitir une éUv^tion eensible^efr jam dévelop$>emen.t inu^té de ses faooltés morales^rainsi fuo eei# arrive souyent, en semblable, oireo n st a na e » aux persoi^nagee sérieux et réfléchis. • - . .

— Tom, dit-il, vous êtes réellement trop duv^ eemmeje vous l^ai souvent répété. Kous avons bien des^ fois parlé de cela à Natchez ; je vous ai prouvé que nous nous trouverions tout aussi bien en œ monde de les traiter avec doueenr,' et qu'en outre nous aurions une meilleare dianee d^entrer dan^ le royawne des oieux^^iiaBd tout est &Éi et qu% n*y ^^^his nm à gagner iei-bas} vobI eave«.

-*• Bah \ dU Tou| je sais tout eâa. Ne me rendez pas t^op p^alade «veo vo» lâttiafitt Mott «slnac M va p«a dé-

DS VmOLÈ ÏOK. ê9

r&Bgâ* Et IMo^sHs iX absorba hb ÀmiUretre d'esa-^-yie; — Dans le commerce, ce dont je m'occupe aTant tovfc, . c*esf(:dè gagner d» Vargent, reprit lîaley en té renversant sor le dossier de sa <^{âse «t gesticulant. Mais ftéanmoliui leooiQxnerce n'est pas tout, l'argent n*est pas' toitt-, nens avons tons une âxn«. Peu 91'importe devant qui je ^ cela et oè qn'on «n pensera ; je "veux exprimer ma manière de voir. Je crois à la religion, «t un de ces jouïs, quand j'aurai tno»âi ma fortune, je veux m'ooouper de mon â^e. Pourquoi donc £araÎ8-je plus de mal qu'il n'est besoin ? Celft uO me paraît .pai\ prudent,

— Vous occuper de votre toeî reprit Tom déda^gueusement; Teas pouvez vou» 'épargner toute peine de ce côté. Il faudrait être clairvoyant pour -en trouver une dans votre peau, et le diable peut vous passer au crible, je répond» qu'il ne la trouvera pas.

^ Vous n'êtes pas dé bonne humeur, Tcttn, Pëurcjuoî ne pas prendre nùeùx la chose quand je vî)us parle pour votr« bien?

— Taîaea-votis, dît Tom brutalement ; je ne peux souffrir vos pieux Radotages : ils m'assomment. D'aïlWrs, quelle différent y a-t-il entre vous et mo.î 7 Avez-vou^ plus de cœur, plus de sensibilité t Nulleinélït. C'est pure hypocrisie. Vous çnerchez à tricher le diabl^eé'f^ sauver vôtre peau. Je vois clair dans tout cela. Toute vol^ religion, comme vous rappelés, eonsiéte à souscrire . des bîlleis au ^able peu4ant votre vie «t i' vous esquiver & l'échéance. Fi dwic I

— Allons, allons; gentlemen, dit Marks, ceci ne fait jpat les alfaires. tl y a, vous le savez, différentes façons d'esivisager les choses. M. Haley est un homme fort bien^ sans doute/ et il a sa conscience ^ lui? et vous, Tom, vous avei votre manière de voir, qui est excellente aussi. Mais les querelles* comme vous le âavez, n'aboutissent iv rien. Pensons anx affaire». Voyons, monsieur Haley, de quoi s'agit-il? Vous avez besoin que nous vous aidions à reprendre votre fille ?

— Pour la fille, 00 n'est pas nu^i affaire ; oela rejgarde ShelbJ^. Il s'agit seulement de l'wifaiat. Quelle folie j'ai faita en achetant ce petit singe !

— Vonè an faites àouvent, dit Tom d'un ton maussade.

— AUons, Lok^, jpas d'emportement, dit Marks en se léchant les lèvres. M. Haley vous met sur la voie d'une boime affaire, je crois, pemeurez tranquille; ces sortes d'arrangemens sont mon fort. Cette fille, monsieur Haley, comment est-élle ? Qui est-elle ?

— Elle est blanche, jolie et bien èkvée. J'en aurais donné

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