tu iLACiMttf
excelleni xniUrchéi. r ; -.. ..
— Blanche, jolie et bien élevée ! répéta Marks^ dont la . physioniomie s'fkniiaGka à. Vidée d^noie telle captiim. > Voirez, Loker, voi]ià une mognifii^ue oco^ion der>tr«(Yaillrac XM>|if notre compte. Ko\]3 oféxotis la*e4ptiu;e; renfant natcordle^ ment revient ^ M. Ha^^» et wam emmeoe^^la mèie à la KouvellerQrléans ponr spééoler «er elle* N*e0t"Oepa68npeibe ?
Tom, ^nt la îar^ ibonc^ étalt^ demeurée ■entc'oinrerte pendant cette conTersatioa^ .la ferm^ Subitement, akuî que liiit un chien sur un morceaa de viand^i et pav^t cBgéer ridée à loisir. . • ■
— Yoyez-vou3, ditM^l^ àHaley en agUant son^pondi, nous avons sur tous les points de la rivière des Juges aosommodans et qui font pour jiQfus tout ce ^uHl est raisonnable de faire. Tom frappe le grand coup ; moi Va?;rive« h&UUé dans le dernier goût, bottes luisantes^ lorsqull s'agit de prêter le serment. Il faut voir comme je vous mèi^e cela^ moi I dit Marks dans un accès d'orgueil professionnel. Un jour je suis M. Twickem, de la Nouvelle-Orléans ; un autre jour, j'arrive de mes plantations de la rivière des Perles, oii je fais travailler sept cents nègres ; une autre fois encore, je mie préseate comme un parent éloigné de Henry Clay ou de ^uelqïi' autre illustralàon du Kentucky. Les talens dmèrenty voyez-vous. Tom est terrible lorsqu'il y a des coups à administrer et qu'il faut se battre, mais pour mentir il ne vaut paa le diable, ce n'est pas dans sa nature. Maïs, Seigneur l s'il y a un compagnon dans le pays pour prêter m^ieux. que. moi ser- . ment sur n'importe quoi et devant n'im*iK)rt6 qui, et conserver devant le juge une figure impassible, je youirais bien le voir I J^<îrois, sur mon âme, que je glisserais comme ufie anguille entre les mains des juges, quand même ils y regarderaient de plus près. Quelquefois même je me prends à les désirer plus minutieux ; ce serait plus divertissant.
Loker, qui, ainsi que nous l'avons déjà vu, était un homme lent dans ses pensées comme dans ses mouvemens, interrompit l'orateur en frappant sur la table un cottp de poing qui fit toijt trembler. ^
— Ça va î dit-il.
•— Dieu vous bénisse, Tom! Vous n'&vez pas beecnn de briser les verres, dit Marks ; gardez votre poing pour une meilleure occasion.
— Mais, gentlemen, est-ce que je n'aurai pas une part des profits? dit Haley.
— N'est-ce pas assez que d'attraper Tenfaxit pour vous ? Que déshres-Yous de plu»? dit Loker.
DB L*ONCUS TOK. G6
— Moîa, ai jd vous pvocnre cette affaire, cela vaut quelque chose, — dix pour cent sur leà* profits, par exemple, tous frais payés.
— Allons, dit Loker avec un terrible juron et en frappant encore un énorme coup de poing sur la table, est-ce que je ne. vous connais pas, Daniel Haley ? Ctoyez-vous que je m'y laisse prendre ? Supposes-vous que Marks et moi fassions lo. métier de diassèurs d'esclaves pour rendre service à des gentlemen comme vous et ne rien gagner pour nous*raêmes?. Non, par le diable l Nous aurons la fille tout à fait, et vou^ ne direz rien, ou l»en nous aurons tous les deux. Qui nous. en empêche? Vous nous avez montré le gibier, ne sommesnous pas libres de lui donner la chasse aussi bien que vous ? Si vous ou Shelby tentez de nous poursuivre , regardez où étaient les perdrix l'an passé. Si vous les tTQUyez, voii^ serez leSvbîenvenus. .
— Eh bien ! qu'A n*en soit plus question,, dit Haley alarmé ; vous me remettrez seulement le petit. Nous avon» souvent 'fait des affaires ensemble, Tom, et vous avez toujours tenu voitre parole.
— Vous ïe savez, Haley, je ne suis pas un pleumioJieur comme vous, mais dans mes comptes je ne ferais pas tort au diable lui-même. Ce que je promets de faire, je le fais. Vous savei cela, Daniel Haley. • *
— Om, oui, je sais cela, Tom, et si vous vouliez seulement me promettre de déposer pour moi Tenfant, dans une semaine, en un endroit que vous désigneriez, je serais parf^temeut tran^^le.
— Mab ee n'est pas tout ce que je veux, il. s^en £ftut d»
compter cinquante dollars, ôu pas d'enfant. Je vous oon^
nais,' -^ Cknnment ! quand vous avez en main une affaire qui
pentvofus procurer un bénéfice de mille à seize cents doUars?
l^n vérité, Tom, vous êtes déraisonnable^ dit Haley.
—^K' avons-nous pas des affaires plus que nous n'en poni^ rons terminer en cinq semaines ? Supposez que nous quittions toat pour aller battre les buissons a la re(âierche du petit <0t que jious n'attrapions pas la mère — car les filles* voyez* vous, c'est le diable cour les saisir-^ qu'arriverait il ? Nous paieriee*vous un œntune? Il me semble vous voie ! .Non, non, déposez vos cinquante dollars : si l'affaire réussit nous vous les rendrons ; si die ne réussit pas, nous les garderons pour notre peine ; n'est-ce pas, Marks ?
m XA CÀSk
— C«rt«dnement, certamettuMit, dît Màtkë d*aii ton conciliant. C'est seulement une avance, dit-il en ricanant ; noua sommes des hommes de loi, vous savez. Soyons donc tous de bonne humeur. Tom conduira le garçon à l*endroit que vous désignerez, n'est-ce pas, Tom?
■^ Si je trouve le petit, jô le condwai à Cincinnati, chez Otaniiy Belcher, au débarcadère, dit Loker.
Marks avait tiré de sa poche un portefeuille graîsdetix ; îly ^t un long pa^er sur lequel, après s'être assis, il lut en marmottant : « BakîOEs— ■ comté de Shelby — le garçon Jim, 300 dollars pour lui, mort ou vif. ElDvrAims — Dick et Lucy — homme et fempie, 600 dollars ; la fille Polly et deux enfans, 600 dollars pour elle ou sa tète... • "Je parckmrs la liste de nos affawes, pour voir si nous pouvons nous charger de la vôtre facilement. Loker, dit-il après une pause, nous devrion=î mettre Adams et Springer sur la piste de ces derniers ; il y ft longtemps déjà an'ils sont inscrits. ' — Ils notis prendront trop cher, répliqua Tom. - —J'arrangerai cela.'Ils sont depuis peu dans les affaires, et ils doivent consentir à travailler à bon marché, dit Marks en continuant à lire. Il y à là troi* cas fert sim^es : fusiller les fhgitiffl ou jurer qu'ils les ont fusillés. Ils ne peuvent pas ëwnander biefl cher po^uç «elft. Quant aux autres cp,s, dit-il en repliant le papier, ils peuvent supporter un délai. Venons lk»a«ntenant ^ à n^s^ «onVïntioifil. Mônsiear Haler, véns avez vu cette fiUs qnsnd «Lie a abdiiM de l'satre e6té; '
*^ Assurément^ tami bien ^e je vous vois.
— £t un homme qui l'aidait à monter tor la beroe V dit Loker.
— Oui, dit Haley.
— Très-probablement, dît Marks, elle a été réctroilliQ quelque part. OiiV voilà Ift question. Qu'en dites-vous, Tom ?
— Il faut traverser la rivière cette nuit, dit Tom. ' -*
' ^— Mais il n'y a pas de bateau, dit Marks. La rivière charrie terriblement, Tom ; n'y a'^il pas du dftnger?
--r Je n'en saie rien; Moiement il ftint que cela se'Au&e, répliqua Tom d'un ton décidé.
— Mon Dieu ! dit Marks en s'agitant, on fera... Puis s'avançant vers la croisée : Il fait noir comme dans la gueule d'un loup, dit4L
»— La vérité est que vons avoi p«ir, Marks ; maid je n'y ]^uis rien ; il nous faut traverser la rivière. Suppose* que vous attendiez un jour ou deux, et que cette fille ait le temps d'arriver avant voui, par la ligne souterraine, jusqu'à Sandusky on ailleurs...
rm iMmmm «on. et
^^ S n'y ■» pas de bateim.
^« J'ai entendu dire à la feiome 'qu'il en «llfût venir on oe M&rv et 4{a^tin homme detftit eMayw de.Pftfteer I9 rivière. Quoi qu'il puisse arriTMrt mm deToufi aller avec lui, dit Tt«*
— Je suppose que vous aveu de bons chiens^ dit Haley »
MM^ ËxiQeâene, irépfit M^u^sf. mfi» pourquoi faire ? vous n'AToe auean ebjFet U ayat»4 ajsparteuu à leur donner à fiaixer^ ^ . ♦^
•^ Si I yt quelque obeee^^it Htiley triomphant, uans sa préeip&tfltkm elle a laissé son <^IUë sur le Et; elle a aussi lûasé'tOB b<ntilet.
-«- C'est heurevx, dit X49)telr ; domie&^aoi cola.
-^ Mitts .teM!hleins pewent eiidommager la iUle s^ils tom* beat sur elle aveo trioleucef dit H^ey*.
..^.Caoiiinéifte oonsidération, dit Marks. Nos chiens mîveat nu îouV' en pÛK»s Uû ««olave,- à Mobile^ «vaut que nous pussions le tûrer de leurs erocs.
-^ Poar ontte êoite de ntftrekaticQse que l'on vend peur sa beauté, les «ûfatens ne valent pas groud' chose, voy«%-voas, ditHalsy» .
— C'est vrai, reprit Marks. D'ailleurs si elle es^ dans use maison, les chiens ne serviraioat à rien , nos plus que dans les Etala, d'en, haut, où les eselaves sont transportés em voiture. Impossible 4|um 6a eas de suivre leurs traces. Les chiens ne sont utiles que dans les plantations, où les nègtes, quand ils s'ealuie&t, eourant à pied et sans appui.
-^ JSk bieni dit Loker^ qtd était allé prendre des renseignamens auprès du oomptotr, ils disent que l'homme est arrivé avec le bateau. Ainsi, Marlw..'.
' i^ dicaa htHBnie, jetant un regiwd de teg:rBt sur le lieu ooufoTtâle qu'il allait quitter, se leva lentement et obéit. Après avoir éohaagé qaàquas niots relattâi à leurs arrangemens, Haley, avec une mauvaise grftce visible, remit h Tom le» ofiiqaaati dollars* et l'honnête trie se sépara pour la nuit.
Que si qsfiftques-«ns de née lecteurs se sentaient peu bienvâdaBS pour laec»cié(é étran^ dans laquelle ces scènes les ont introduits, qu'ils veaillent bien s'efi'oroer de vainere làdrasus leors pîr^ugés* La chasse aux esclaves *, qu'ils nous
* KouHWnleroent tolérée> mais ordonnée par le Fugitive 8Uwe Bill,
6$ «ACUMS
permettent âd le Imt jrappeler, s^élèire 6.4^ pannS ftotLs à la dignité, d'une profession légale et patriotique. Si IMnimense espace qui s'étend du Mississipi à TOcéan Padfique devient un grand marché ouvert à la vente des corps et des âmes, et si la propriété humaine s'y développe et y «uit la progression rapide qui caractéxise toate chose dans notre dix-neuvième siècle, nul doute que le trafiquant et le chas • seur d'esclaves ne prennent hientôt rang dans notre aristocratie.
Pendant que cette eoàne » passait à la taverne, Sam et An^yt fort conteos d'eux-mêmes^ revenaient à la mûson.
La joie 4^ Sfli» ne-oosmacsak pilus 4e bornes et il la manifestait par une foule de cria, de hurlemens, de contorsions de tout son corps« Parfois il s'asseyait à rebours, la tête tournée du côté de la queu9 de son cheval, puis, k l'aide d'un saut périlleux, se remettait en place, peenàit une figure grave, et commençait à sermoner Ândy sur ses tives' bruyans et ses foliesl Ensuite, ^e frappaat ^ea côtes avec «es bras, il faisait ratentk de nouveau la vieille forêt de ses aooès d'hilarité.
Nonobstant ces évolutions,. ils réussirent à tenir lenrs chevaux AU galop, et veraj dix. ou onze heures leurs eabots faî* saient résonner la cour de Phahitation. M""* Shelby vdla à la balustrade. ..< • ■ ''■ ••'' •"
— £8tr<^ vou^, Sam? oii sont-ils? ^ « -
— Massa Haley eat demeuré. là'bfM> à la tavenle ; !i est terriblement fiitigué, mattreeae. •. i. •
^EtEUaa? ''
— Elle a passé le Jourdam^ et eit^ oorame on £t, 4^ns la terre de Chauaaiu -
— ■ Que vordez^venB dife,.Sam? dît M^«^eîby, respirant à peine et, r près d|e «'4v«aioott à lUdée dtt ftënsftmeste'qtie pouvaient cacher ces pareles*.-
— Xie Seig^ieur prcMèg^ leik siem, matl^reese. ÏÀtxy -» traversé rOhio d'un»^ façon aussi, msracnleuise que si Bieti Pavait emportée dans .un chariot de fiBa à deux éhevaux.
En présence do. sa VMtftrease, la piété de Sam était toujours d'une Cerveur peu camrnune, et illasâftil^ grafl4i<:a»^es figures et des images de la Bible.
—Venez ici» Sa^ijdàt M. Sbelby^-q^i parut dans 1» yhé^n- . dah, et dites à votre maltresse ce qu'elle désire savoir. Vouez, venez, Emilie, dit-il en passant aen Inras autour de la taille de sa femme, vous êtes froide et toute tremblante, vous vous laissez beaucoup trop émouvoir.
— Trop émouvoir ! Ne 8ui»-jo pas femme et mère ? Ne
DS L*OKCL» TOM. 6^
soniiiie»-iunia pas tons âetix respon&abldB devant DIéti de cette pauvre fîU^? Mou Dieul la» nultoz pas eepéèhé-à notre chargei ^ > '
— Quel pécbé, Emilie ? H'«YOii&-noii8 pu «édé à Ift tié^B^ site? . •
— ïi'idéç que cet acte est cotipable m'époâvatite , dit H*"" Sbelby ; je ne pois m' j soustraire.
— Ici, .AÂdyl AUai») nèfçies éveDli»4vou&f erîàit Satti sous la vérandah ; conduisez les chevaux à l'étable. N*entendez-vous pas que massa m'appelle? Et bientdt Sam parut, son clwpeai;b dis palmier à la main, à la porte du par* loir.
— Maintenant, Sam, dites-noos clairement ce qui s'est passé,' dit M. Sheiby.. Oix «st Ëiiza ? Le tovéz-vèus 7
— Oui, massa, je l'ai vtiA,< de ta» pt&^tes' ystor, travei^-^' ser le âeuye sur la glace flottante. ËÙe a paseé d'tKùe' ma-' uière extraordinaire. Ce'n'est pas moins qu'un miracle. J'ai aperçu un homme qui l'aidait àmontet sur la riVe de ItMib, et puis le brouillard me l'a fait perdre de vue»
— Sam» voilà un miracle qui me semble apocryphe. H n'est pas aisé de traverser le fleuve sur la glace flottante, êSb M, Shelby.
-« Aisé î Personne ne le pourrait faire sans l'aide du Seigneur. V<nei pm juste la ma&hé dont la chose eàt arrivée : Massa Hal^, moi et Andy, arrivâmes à la petite ta> veme qui est au bord de la rivière. J'étais en tête (dans mon zèle pcmr saisir Lizzy, je ne pouvais me retenir) ; quand j'arrivai près de la taverne, éùe était là, à la fenêtre, en pleine vue. Massa Haley et Andy arrivaient sur mes talons. Alors mon chapeau tombe, et je pousse un cri à réveiller un mort. Lizzy m'entend, se jette en arrière, s'écba^e par la porte de coté. Elle fuit vers la rivièire. Massa Haley raperçoit, se met à hurler, et lui , moi et Andy nous nous mettons tous trois à sa poursuite. Elle aitive au'bo!*d dé Teatt ; un courant de dix pieds de large sépare la rive d'énormes blocs de glace qui se heurtent, se balancent et forment une sorte d'Ue trèjsrgrande dans le fleuve. Nous arrivons su^ ses talons, et, sur mon âme, je la ciois prise. Elle pousse un cri tel que je n'en ai jamais entendu de semblable, et à l'instant je l'aperçois de l'autre côté du-oourant, saùtan^^ur les blocs de glace, qui crament et se heurtent avec un bruit semblable h celui d'une scie. Elle bondissait comme un chevreuil. Bien ! les ressorts de cette fille ne sont pas communs 1 c'est mon opinion.
M"* Shelby était assise silencieuse et pâle d'émotion, pendant que Sam racontait son histoire.
70 l'A CAS»
•^I^era sent ïovà I ElU n'est pu» morte ! Mftls ^ efti la p^i^vreesifaxit, nuûnteiiaiit? >
— Le seigneur y poiirvoira, dît Sam en roal«nt pievisëment les yeux. Comme je l'ai dit, il y a ime ProTifkjace, ainsi que maîtresse xu>us l'a toujours enstrâgné. Le Seigneur trouve toijours des mstram^s pont aocom^lir sa volonté. Sans moi, Lizzy aurait été prise une douzaine de Me poiu* une. Ce m^atii^ n'est^e paa moi <^ui ai Sait lâcher les <^evaux et les al laissé» wurir JT»W[u'à l'heure du d^aeir? N'ai-je pas fait faire à massa Haley près de^cioq milles hoA de la route, ce soir? AvtireaMntU «eiût efl^pavéd'ËUza aassi facilement qu'un chien d'un raccoon. La Providence est dans tout cela. . ■ >■ ■ • '
— Il y fb u^ Ifomre de pcovidaiee dont je vous eagage à ne point vous faire l' agent à l'avenir, maître Sam I Je ne yma pas qu'on, se peranette de oee tours avec ks gentlemen que jç reçois daos ma maieen^ dit M. Shelby^ avec tofrte la sévérité que comportait la circonstance.
Il est aussi infitâle 4e voul<nr simulur la* eelèt» aveo un nègre qu'avec un enfant. Xo^ deui^ comprenneat mstinctivement ce qu'il ^ es^, quoi qu'on puisse .faire, pour féinére. Sam ne fut donc pas le moins du monde ému de cette réprimande ; néanmoins il prit ua air de gravité d^enteet e<»i*> tracta piteupem^t lei eojns desabo^çheen signe^pro^ fond repentir. < . jr. .. i< ^>. - ,
-^ Massa a parfaitement : xaison^ paffaitemeiitl ^a été très-mal de ma p^* U n'y a. pas de^ou^,' «t jft^ene pap* faitement que ma^sa et. maîtresse ne peuvent rencourager de telles actions ; mais un.pauviie aègre eom&ie'moi est fu»eusèment ten^té de mal.faire envera des individas>qui se-oofid^isent comme ce mas;»a Haley \ fts-n'eai paa'làim^geptlepàaaf ceU sautera aux yeu^ de quieoncjiM aatsa été élevé eomme moi.
— Eh bien I Sam, dit M»* Shelbyf esfpme voue paraisses avoir le sentiment de vos erreurs , allez près de'tante Chloé et dites-lui de vous doimer de oe jambon fc(»d .qui^si resté du dîiïer d'aujourd'hui. Yens et Andy deves av<»r faim.
— Maîtresse est bien trop bonne pour nous, dit Sam en sUnclinant vivement, et il sortit.
On ne manquera pas de remarquâr* ainsi que nous Vavons dit, que maître Sam avait un talent naturel qm, dans la vie politique, l'eût indubitablement pousséfaux premiers rangs — le talent de faire tourner toute diiose à l'avantage de son amour-propre et de sa gloire. Après avoir donné satisfaction au salon par ses allures pieuses et humbles, il campa sou chapeau de feuilles - de palmier sur sa tÊte, prit un sir
DB L'ONCLB TOM. 71
vaurien et dégagé, et s'achemina vers les domaines de tante CUoé avec l'intention de briller à la cuisine.
— :Conuue je vais parler à ces noirs, se dit-il« en lui-même^ Voici un« belle occasion de se distingufflr ! Pieu I quels yeux ils vont ouvrir I
n faut faire olgdrver io|<[«?''a& Â^s j^kts grtifîdâ^plaS^ri de Sam avait touj<»urs été d' accompagner son maître dans tonte espèce de réunions politiques. Là, monté stlr une barrièare ou perché sur un arbre, il écoutait les orateurs avec la plus grande avidité, et se rendant ensuite parmi ceux de sa race assemblés pour le mômo objet^, il les divertissait par les plus burlesques imitatioïw, débitées avec une Verve, une solennité imperturbables. Quoique ses auteurs fussent généralement des gens de sa couleur, il lui arrivait assez fréquemment, à sa grande satisfaction, de se voir entouré de. personnes d'une nuanee moins foncée, qui réooutaient en riant et en dignant des yeux. Ënân, Sam considérait Fart ôEratoîre comme sa vocation, et na. laissait échapper aupune. odoaslon de s'y exercer,
n régnait depuis longtemps entre Sam et tante Ohloé une sorte d'inimi^ secfëte, ou plutôt une froideur marquée. Mais comfne Sam avait des vues sur le ^épaitement des provisions, il crttt de>voit, pouar^ dosânei* une basesdâde «-«es opérations, se montrer éminemtnent cpncâiant; car; s'il était assuré queues ordres de sa maîtresse seraient exécutés à la lettre^ il savait aussi qu'il ne x>ouvait que gagner considérablement à ce qu'on en suivît Vespnt^ H se prëenta donc devant tante Ohloé avec une Qontenanoe résignée et' Soumise, comme-^^faiâlqit'un qiU a beaucoup èouffert en faveur d'un de ses frères persécutés ; appuyant sur le fait ^e sa m'àttresse l'avait envoyé auprès de tante Chloé aén qu'elle liii donnât tout éë qui lui ^rait nécessaire pour étabMr l'équilibre entre les solides et les Ôu&des, e^i^econnaissiuit ainsi d'une ^on non équivoque les droits et la suprématie de œtte decnièie dans toutt ce qui coacem^it le dépairt^o^eçt de la otti«ne Qt SOS dépendances.
La chose rébssft parfaitement. Jafnais psAiVUrei simple, vertueux éldoteur ne fat nhM facilement enjôlé et Béâ'cdt^ par les attentions d*un candidat politique, que tante CMoe pa^ les douceurs de maître Sam. 'L'enfant pMidigué lui-^me n^eût pas' été plus accablé de la libéralité m&temélle, et il se trottva^ bientôt «assis, heureux et trioThphant, devant une grande teïrine on étam contenant une sorte ^*ôùu poéMdh de tou<! ce :qui avait paru sur là table depuis àm.x ou tro^s jours. De savoureuses tranches de jambon, des morceaux doréft de gâit^au» dé maï«, de« fr^gmfos do pftt^ do f
72 LA CASB
formes, des ailes, des géders e^'des cuisses de volaille, étaient là réunis dans une pittoresque confusion. Sani, avec son chapeau de palmier joyeusement placé sur rôrëille, trônait devant ces richêèses et protégeait Andy placé à sa droite.
La cuisine était templîe dé tous' ses compagnons, accourus des diverses cases pour apprendre le résultat des exploits de la journée. L'heure du triomphe de Sam était arrivée. L'histoire du jour fut répétée et accompagnée de toutes sortes d'omemens propres à en augmenter l'effet ; car Sam, à l'exemple de quelques-uns de nos dîlettànti ^hionables, n'eût jamais souffert qu'une Mstoire perdît de son éclat en passant par sa bouche. La narration fut accueillie par les cris et les rires bruyans de l'assemblée, repris et prolongés par tout le menu fretin des négrillons éjpars sur le plancher ou perchés dans les coins de la case. Au plus fort du vacarme, Sam conservait la plus impassible gravité, roulant les yeux de temps à autre et lançant à ses auditeurs des re-
§:ards d'un comique inexprimable, sans se départir jamais ©l'élévation sententieuse de son discours.
— Voyez-vous, concitoyens, disait Sam en brandissant avec énergie une cuisse de dindon, ce petit vous défendra tous, oui tous ! car celui qui cherche à s'emparer de l'un de nous est comme s'il essayait de nous prendre tous ; le principe est le même. Si quelqu'un de ces ctodUcteurs de marchandise humaine vient flairer et rôder autour 'do vous, il me trouvera sur son chemin. C'est à moi qn'il aura affah-e ; je suis l'homme auquel vous devez vous adresser ; je défendrai vos droits, je les défendrai jusqu'à mon dernier soupir ! ^- Vous m'avez dit ce matin, Sam, que vous alliez aider massa à rattraper Lizzy ; il me semble que voô paroles ne s'accordent guère, dit Andy.
— Andy, vous ne devez point parler de choses que vous ne savez pa», dit Sam avec une accablante supériorité; les garçons comme vous, Andy, ont d'excellentes intentions, mais ils ne peuvent prétendre à contr'iUijim^iner les grands principes de l'action.
Andy parut confondu, particulièrement par le grand m<)fc contr' illuminer y forgé par maître Sam ipouv le besoin de la cause, que les plus jeunes de l'assemblée tinrent pour merveilleusement concluant, et Sam' continua :
— Je suivais ma conscience y Andy, lorsque je me disposais à poursuivre Lizzy ; je croyais agir suivant les intention» de massa. Quand j'ai su que maîtresse désirait le contraire, j'ai suivi encore plus ma conscience, car il y avait tout avantage à se ranger da côté de maîtresse. Ainsi, vous le
DB L*OVCLB TOM. 73
vo^ez, j*ai été coDS(k|TieDt. Dans run et l'autre cas J'ai SUIVI ma conseience, je suis resté attaché aux principes. Oui, les principes, dit Sam avec emphase^ en saisissant un cou de poulet. A quoi serviraient les principes si on n'y tenait fermement ; je voudrais bien le savoir? Tenez, An^, vous pouvez prendre cet os, qui n'est point encore tout à fait dépouillé.
L'auditoire étant suspendu, ))ouche béante, aux paroles dô Sam, celuî-çi ne put s'empêch«r de poursuivre.
-—La persistance, camaraoes, dit Sam de l'air d'un orateur qui entre dacns un sujet un peu abstrait, la persistance est une chose qui n'est pas fort dairoment comprise par tout le monde. ITnliomme soutient un jour une chose, et le lendemain soutient le contraiire ; le vulgaire dira (assez naturellement du reste), qu'il n'est pas persistant. Fassez-moi ce morceau de gâteau, Andy. Mais examinons la chose. J'espère que les gentlemen et les personnes du beau sexe excuseront la comparaison dont je vais xne servir. Je veux monter sur cette meule de foin : je place mon échelle dp ce côté-ci ; ça no va pas ; je ne m^obstîne pas à vouloir monter par ici, et j'applique mon échelle de l'autre côté. Ne suis-je pas persistant? Je suis persistant à vouloir monter sur la meule ae foin, de quelque côté que se trouve l'éclielle. Ne comprefiez-vous pas tpus?
— C^est la seule chose Jans laquelle vous ayez montré det la persistance,. Pieu saiti murmura tante Chloé, qui commençait à devenir rétive, la galté de la soirée produisant sur elle Teffet du vinaigre répandu sur du nitrc, selon la . comparaison de l^criture.
— Oui vraiment ! continua Sam en se levant ivre d'alimens et de gloire et par un dernier effort. Oui, mes concitoyens de l*un et de l'autre sexe en général, j'ai des principes et j'en suis fier ; les principes sont nécessaires dans notre, temps et dans tous les temps. J'ai des principes et j'y suis attaché ; je toe ferais brûler pour eux ; ie marcherais au bûcher en m'écriant : Je vais répandre mon sang pour mes principes, pout mon pays, pour 1 intérêt géné^pal de la société î
— Bien ! dit tante Cliloé, mais ce devrait être un da vos principes d'aller vous coucher et de ne pas tenir éveille^ tout le monde jusqu'à demain matin. Et maintenant, petits, que ceux qui no veulent pas recevoir le fouet décampent au plus vite !
— Nègres, ^Sam en agitant avec bénignité sa feuille de palmier, je vous donne à tous ma bénédiction I Allez voua coucher, et soyez sages !
Et rassemblée ae dispersa sur cette pathétique bénédiction.
74 XiA CAS»
CHAHTBEIX.
ou l'on voit QU'inS,|I^ICA.TIîTJR H'BSt (JU*TJ» HOMME.
D^ns un élégant salon où la flamme joyeuse d'un bon feu 8è TeJlëtfti^i sur ctes tasses et une fhéiëre au^ flancs polis ^ Inisans, placées sur ima ta1)lé pcmr la ooUatiôn du spîft 1« s^îMeilr Bird, assis' ptès du fbyer, ;5tait ses botteç, ç^ &e déposait à chausser une paltë ^e ikàgnîflques pàntouifles que sa' iéAthxe avait btodées bbur'lui pendant la ses^on d^ sénnt. M*** Bbdj'tbtitd ft,Ià'56îè 'que liii causait le retoar de sob mat), présidait aux préparatifs delà table, qu'elle intètlrojfnpiEdt de temps bn temps poàr adresser ^ùélq^oes^x^flmiindes à une bande de turbulens enfans qui se livraient à toutes les gambades et à toutes les espiègleries qui n'ont cessé défairel'ltonnement'dës mères depuis le déluge.
• •— Toin, laissez le bouton de la )porte t quel terrible en> fatot ! ... Mary ! Mary ! ' ne tirez pas la queue du chat ! pauvre animait Jim !... vous ne devez pas monter sur la table ! non l^oii ! — Vous ne savez pas, mon cher, quelle sùrprisQ noué éprouvons de voua voir arriyçir îcx çç soiri dit ^ella enfin quand elle put trouver le tômps d'adresser une parole k aèûmari.
■ i*- Oui, j'ai euïMdée de venir ici passer la nuit, et jouir^ de qtlelqne repos à la maison. Je suis fatigué à mort, et la têteinèTend.
M"* Bird jetaun coup-d^œil v^rs une armoire eiitr'ouverte où 'se trouvait une bouteille d'eati^e-yjecaainp)irée,.i^fç ^« poâo.it à l'aller chercher, lorsque 'son mari l'arrêta.
*^ Nom, non, Mary,' 'pas de drogues! une tasse ^e votre excellent thé biep chaud, et quelques instans de notre bonne vie de famille, voilà ce qu'il me îaufr. ^Qu^IIq fat ig^i^ )^-: sogn^ que le naé'fier de législateur !\
' Et 16 sénateur sourit, comme u» '^pnj^e flatté ^. l!îdée qu'il se sacrifiait pour sbn pays.
-^Wi bien ! dit sa femme, (]^uand le service de la ta))le fut à'peu près terminé, qu*bnt-ilç fait dana le sénat ?
n n'était guère dans les habitudes de la gentille petite M"** Bîrd de se tnettre fort en peine des affjsqres de l'E^t, jugeant avec sagesse qu'elle avait assez d^^'occuper des
siennes. M. Bîrd la regarda donc ^vec des yeux étonnéd et Itd répondit :
— Rien de bien important.
^ E«t-fl vrai qu'ils on^ fait une loi qui défend de donner
DE VfmetTê'sou. is
k boire et à manger à ces panvres gens de couleur qui passent dans ie pays ? J*Ai entendu dnto qu'il était question d'une telle loi, mais je n'ai jamais cru qu'une législature chrétienne pût la voter,
Eh'<tttoî 1 Mai^, allei-vous devenir tout-à coup une femme poUtiorae?
■*^ Queîl^ folie ! noft, assurément. Je né donneras pas^Vn fétu de votre politique en général ; mais je pense qu'il y a dans ceci quelque chose de cruel et d'anti-chretien. J'espère, mon chè^, qu'une^telle loi n'a pas passé.
- -^ Une loi 'a été votée pour défendre de donner assistance afÊk êsèlavetf qui viennent du Kentacky, oui, ma chère. Ceg enfij^é^ aboIitioUDistes en ont tant fait, que nos frères du KB wUte l ^y sont fudeux, et il a paru nécessaire non moins q ^JJBg tien que notre £tât fît quelque chose pour calmer
— Et quelle est cette loîf Est-ce qu'elle nous défend d'abrher jjiur une nuit ces pauvres créatures, de leur donner dé'm'Sïurrîture, de vieux vêtemens, et de les laisser ensuite tratiquîlfement poursuivre leur voyage ?
-^Oùi, ma chère. Ce serait là les aider et les encourager, 'Vt>u|ftdevez le comprendre.
. if*' Bird était une petite femn^e timide, d'environ quatre' pî^ ^e haut, aux yeux' bleus d'une grande douceur, au teînf %pêche, ayant la ]^lus gracieuse, la pius douce voix ^ Àondej mais pour le courage, on savait dans le paya qu'un Coq-d'Inde de moyenne grosseur l'eût mise en fuite au premier cri, et un chien de garde détaille ordinaire tenifiée seulement en lui montrant' les dents. Son époux et ses enfans étaient pour elle le monde entier, et dans le gouvernement de sa maison, elle employait plus volontiers la prière et 1a perèuïfsion que l'autorité et le commandement. Une eeulô chose la pouvait faire sortir de son caractère, en affectant sa nature bienveillante et sympathique : tout ce qui portait un caractère de tîruauté la jetait dans mi accès de colère que la douceur habituelle de ses mœurs rendait plus alarmant et plus inexplicable. Généralement la plus indul- ^nte et la plus facile à apaiser de toutes les mères, ses enfans néanmoins gardaient un ineffaçable souvenir du châ iment qu'elle leur avait administré, un jom* qu'elle les trouva en compagnie de quelques mauvais gamemens^tt voisinage, lapidant un pauvre malheureux petit chat.
— Je vous l'as^iure bien, avait coutume de dire maître Bill, jo* fus terriblement effrayé ce jour-là. Ma mère arriva sur moi comme une folle, je fus fouetté,, jeté dans mon lit sans souper, aviint que je pusse me rendi-e compte-de oe qui
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m'airiTtii. «Tâixteaâx» ensnite ma mère pleurer derrière la porte, ce qai me fit pins de moi que tout le reste. Je vous rassure bien, depuis ce moment Tenvie ne nous-est plus ve^ nue de lapider atteon autre petit ohat.
Dans la circonstance présente, eur les dernières paroles de son mari, M*"* Bird se leva rapidement, les joues colorées d'tmavive rougeur qui l'embellissait encore, s*avan^ vers lui d'un air résolu et lui dit d'un ton ferme : ' *
— Pensez^vous, John, que ce soit là une loi juste e^chrétienne? ,* • "^ *
. — Vous ne me tœrez pas, Mary^ sije reposés affirmativement. , , ■^ . l $
-— • Je i^*èu»se jamais pensé cela de vous»- John ; mfùua moins vous ne l'avez pas votée 7
— , Je vbus demande pardon, ma belle politique.
— Vous devriez en rougir, John ! .Pauvres créfftiiti asile et sans patrie ! C'est une honteuse, misérable et abo^ minable loi, et, quant à moi, je la violerai à la premi^pj^sion, et j'espère en avoir une bientôt. Où en s'Obim^s-ti<H|^ffid€ * arrivés, si une femme ne peut donner un souper chauâït -u^* , lit à ces pauvres et affamées créatures, justement 'pïtrce qu'elles sont esclaves et que toute leur vie elles ont été. ttaltr^tées et opprimées ? *
— Mary, écoutez moi. Vos sentîmen^ sont d'un boncomr;,^, ils m'intéressent, et je ne vous en aime <|ue mieux. iMilB^ mouvemens de notre âme ne doï\'^nt point égarer jiotre jû» " gement,' ma chère. Une s'agit point icT de g^ptimens privés,** mais d'un grand intérêt public. L'agitation s^est accrue » un tel point, que, pour la réprimer, nous devons mettre de côté nos sentimens privés. ,ji .
— Je n'entends rien à la politique, John, mais je peux , lire ma Bible, et j'y trouve que je dois noumr ceux qui ont
faim, vêtir ceux qui sont nus, consoler les afïiigés. Je suivrsâ la Bible.
■ — Mais si cette manière d'agir devait être la cause d'un grand malheur public ?
— L'obéissance à Dieu ne peut amener de malheurs publics ; je sais qu'elle ne le peut. Il est toujours plus sûr de faire ce que Dieu nous ordonne.
— Veuillez ni'écçuter un instant, Mary, et je vous démontrerai par im argument fort clair que... " '
~0h ! c'est inutile, John. Vous parleriez toute la ntrit,/ que vous ne me i)ersuaderiez pas. Je vous pose cette quSI- ■ tion, John : Chassericz-vous de votre maison une pauvre et affamée créature, grelottant de^roid, parée qu'elle est ^i« tive ? Le feriejt-vow ? >'
DB l/OVCUS TOX. t7
S*ttiftist èbre vraî^ notre «énateor avait le malhâor â*tere un homme d*<ui6 natare partionBèremetit humaino et accès» ieble è la pitié, et mettre à la porte' ^& chez M quelqu'im dans la détresse n'avait jamais été son fidrt. Sa femme le savait tcès*bien, et dirigeait en oonséqnenoe ses attaques sur ce point vulnérable. Il eut donc leGouini au moyen que Ton emploie généralement en pareil cas : gagner du temps. Il se mit à tousser plusieurs fois, tira son mouchoir, et essuya ses Itmettei^. M^ Birdf voyant le territoire de l'ennemi mal défendu, ne se fit aucun scrupule de profiter de ses avantages.
' — J'aimerais à vous voir faire cela, John , j'aimerais à le voir! Mettre à la porte une pauvre femme au milieu de la neige, par exemple, ou bien la prendre et la conduire en prison ! Comme cela vous siérait, John ! '
,-5- Ce serait assurément un devoir pénible à remplir, dit M. Bird d'un ton modéré,
— Un devoir, John ! ne vous servez pas de ce mot. Voua savez que ce n'est pas xm devoir, que ce ne peut pas. être un devoir. Si les maîtres veulent empêcher leurs esclaves de s'enfuir, qu'ils les traitent bien, voilà ma doctrine. Si j'avais des esclaves (j'espère bien n'en "avoir jamais), ^je puis affirmer 'qu'ils n'auraient jamais l'envie de me quitter, ni vous non plus, Jo^. Les esclaves ne s'enfuient paô lorsqu'ils sont heures , et, quand ils le fpnt, les pauvres créatures, ils ent d^à bien assez du froid,, de la faim et de leurs terreurs sans que tout le monde se tourne contr'eux. Quant à moîy qne la loi exif^te ou non, je ne le ferai jamais. Que Dien me feoit en aide I " • , ^
— Mary, Mary,' xàa chère, laissez>moi raisonner avec vous.
— Je déteste les raisonnemens, John, particulièrement sur de tels sujets. Vous autres^ politiques, vous ayez le talent de tourner et de retourner les choses les plus simples, et vous ne suivez pas vous-même ce que vous, moz prescrit lorsqu'il faut en venir à l'exécution. Je vous connais bien, John,» Vous ne croyez pas plus que moi à l'équité dç cette loi ; pas plus que moi vous ne la mettriez en pratique.
En ce moment critique, le vieux Cudjoe, le nohr factotum de la maison, montra la tête à la porte du salon et pria maittresse de vouloir bien passer à la cuisine. Notre sénateur, passablement soulagé^ suivit, sa petite femme avec des yeux ou per- . çait comme un mélange de plaisir et de dépit, s'assit dans »on fauteuil et se mit à parcourir ses journaux.
Vm instant après, la toix de sa femme se fit entendre à la porte :