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. -^ J<àm l John I cUt^eBe vivccoeot, je ymiètiU Meft ^ TOUS vinssiez ici un moments ' '
Il posasesjoumans^ M' dirigea Tenlacoishid^ etirfeisalllit ht la vue du spectacle qui sWrtt à bm ymuc. Ui^ )eutie «t svelte femme tenant un enfivnt convulsivement dahs sds bras, les vêtemens en liunbeaum ^t oowevts dé givre^ «yàntle^tneds nus, déchirés et sanglans, était lèi -âteodhie sar ée«a «haisee, dans un évanouissement voisin è& la mdrl^. Ses traits 'poi^ taient l'empreinte de la raoe niaudite, mais <ifi nejaoïivaît s'empêcher d'admirer sa ttista' et tondante bèafeiitél<H&:- ras^* pect de ces traits rigides et glacés sur lesqtiets paraissaient déjà s'étendre les ombres de la mort, le sénateur rat pris d'un violent frisson. Il pouvait à ^eine respirer et regardait en silence. Sa femme et la seul^ domestique de «oùlettr de la maison, la vieille' tante Djnah, s'efforçaient de, faire cesser l'évanouissement de la malheureuse femme, tandis que le vieux Cudjoe, qui avait pris l'enfant sur ses genoux, s'oceupait de lui ôter ses souliers ee se» bas et de réchauffer ses petits pieds gelés.
— Cela ne fait-il pas peine à voir? dit av6o compassion la vieille Dinah. Il semble que c'est la chaleur qui rait fait évanouir. Elle était assez bien lorsqu'elle est arrivée ici et que je lui ai demandé si elle ne voulait pas se ohnufibr un peu. C'est seulement loi;sque je lui ai demandé d^dï^le venait qu'elle s'est évanouie. A voir ses mains, je suis sûr ^'elle n'a jamais fait des ouvrages bien durs.
Pauvre enfant ! dit avec compassion M"* Bird, cotniâe la jeune femme ouvrait lentement ses grands yetix tioirs et jetait sur elle un regard vague. Tout à coup une ex^^ession d'an^isae orispa ses traits, elle se dressa brusqueiùent et s'écria : , . , . , ■ ^v -
— Oh ! mon Harry ! l'ont-ils pris?
L'enfant, à ces mots, siinta en bas des genbul de*Ctidjo6, s'élança vers elle et l'enlaça de ses petits bras,
— Oh ! le Voici ! 1» voici ! s'éoria-^-elle.
— O madame, ditMîUe d'tmo voix frém4«3airte * M"^ Bîtfl, ^mtégez'UOttfc ! Ne le laissez pas prendre 1 ' '«
— Personne ioi ne vous flwra do tn*!, pativfe -feMOfte, ' Itii dit avec bîcnveillanoe M"* Bird. Vous êtes cti «Ûretè, ne craignea rien*
. — Dieu vous bénisse ! dit la pauvfte f)Bmme<«tt^ san^tiHafrt; et se cachant la tâte dans ses mains, tandis que l'eiitunt, la voyant pleui'er, s'efiEbrçait de monter sur flfes gènouxi
A l'aide de ces mille soins affeetuAux qi:» les femmes entendent tai^bieui et 5PM M*^*» Bird savait '«ettdf«4Aij|bf^A|no personne, la pauvre femme fut peu à peu cahnée.^011 Ut
DB I«'OL€IfBi TOM . 90
prQv|a<^e .fotdrea^ p«ur elle sur le. bano^ pv^9 4ft (ou; et un instant après elle était endormie d'un sommeil profond. Son enfant, qni ne paraissait pas nu)ins fatigué qn'eUQ, dormait dans ses bras , car cette tendre mère avfût tfésitté avec mie anxiété nearveiise à tous les efforts tentés pour lo îotôtor, ^t même pendant son sommeil, elle Tenlaçut desea bras, et semblait le couvrir «o^re de sa ma^nelj» solUoitudOi ■
M. et M*^ Bird étaient rentrés au salon^ et, qualque ^tran|m^ue cela puisse paraitre, auouna allusion à la oooof. versa^on pi;écédente ne fut faite de part et. d'autre. M**** Bnd l'oœapait activement d^ son tricot, etiM. BIrd avait l'air de lire attentivement son joumsl.
— Qui. est-elle, et qu^le est sa conditian? je^ood^naMlvoir, dit ik la fin M. èird en posant son jonmal. r. . i • ,.(
. -^.Lorequ'ellei s'^veilleca ^i qu'elle ausâi pris uui^e» de repos, nous verrons, dit M** Bird. .-
— I^tes-moit femme l..* dit M.. Bird aurès avioîr iulûïstanjt.réiiiâcbi en silence sur son journal. • *
— Eh bien î mon ami?... ^ ' rr-^ Ko ppurrùt-eUe pas n^ttra une de vos robes, en Val*
longeant un peu, ou autrtment ? Elle me parait un pea plve grande que vous. . i
Un sourire. visible illumina le visage de M^« Bird dit elle répondit:
-r- Koito verrons.
Après une autre paosey M. Bird roxâpit de nouveau ]» i^ lenoe
— Ma femme î ...
-^ Eh bien l qu'y a-i-îl? ;
•^ Ce vieux manteau dont voua aves l'kabltude de me couvrir lorsque je fais ma sieste dans Vaprès-midi, >vomb pourriez le lui donner ; elle manque de vêtement.
En ce moment pinah vint dire qj^ l'étrangère demandail à parler à madame,
H. et M*"* Bird entrèrent à lacuiâne, acdvis des deux al* nés de leurs enfans, les plus petits ayant été mis au Ik.
L'étrangère était assise s«r le banc devant le feu. ^f)tk regard fixe 80 portait sur la flamme avec une expveMdoti oalme fti ^eonragée bien différente de son agitation précédente^.
— Vous m'avez fait demander, dit M™* Bird d'une voix d«ace.. J'espère que vona vous trouvez mieux, ma pauvre enfanta! . r. ' i :<
Un long et pénible soupir fut la .seule réponse de ceUenaL ilaja.çUeTeva ses yeux noirs et les fixa sur M^'iBjrd -avec wie expression si désespérée, si suppliante, que la. f^ — ^ f6Bai^:«Wtit(le9'laxtn«ft|uiittnk4»l9(70«^ ' .'*•
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-^ Yong ne devez vous .efirayer de rien ; vgvla' n*avez îd
3ue des amis, pauyre femme ! Dites-moi d*où vous venez, et eqqoi vous aTez besoin, dit M*' Bîrd.
— J'arrive du Keutucky, répondit l'étrangère.
— Quand ? dit M. Bird, prenant part à rinterrogatoîre.
— Ce soir*
-r- Comment avez-vons passé ?
•~ J'ai passé sur la ^ace.
--^ Sur la glaeeî répétèrent tous ceux qui étaient pré- «ens.
— Oui, sur la ^ace, reprit^lle lentement. Je Fai fait. Dieu m'aidant, j'ai passé sur la glace ; car ils étaient derrière moi, tout près derrière moi, et il n'y avait pas d'autre voie.
. -^ Moft Dieu! maîtresse, dh Cudjoe, la glace est rompue en bloes qui se heurtent et se balancent sur l'eau !
— Je le sais, je le sais,, dit-elle avec animation ; mf^is j'ai passé dessus* Je n'aurais pas cru pouvoir le faire, je ne pensais pas que j&le pourrais ; mais cela ne nî*« pas arrêtée ; je ne ï)ouvais que mourir si je ne passais pas. Le Seigneur m'a aidée ; niil ne sait combien l'aide du Seigneur est pipssante, avant d'en avoir fait l'épreuve, dit-elle. Et son œil étincelaît.
— Ëtiez-vous esdave ? dît M. Bird.
^~ Oui, monsieur, j'appartenais à un homme dans le Kentaeky.
— Etait-il àxa ponr vous ?
— Non, monsieur, c'était un bon maître.
— Et votre maltresse, était-elle dure pour tous ?
— • Oh! non, monsieur, non ! ma maltresse a toujours été lionne pour moi.
— Qu'est-ce qui a pu vous pousser à quitter une bonne maison, à vous enfuir au travers de tels dangers ?
L'étrangère fixa sur M""' Bird un regard pénétrant et Bcarutateur, et il ne lui échappa pas qu'elle était v3tue en grand deuil.
— Madame, lui dit-elle tout à coup, vous est-il jamais arrivé de perdre un enfant ?
La question était inattendue ; c'était le fer retourné dans une plaie vive, car il y avait seulement un mois que la tombe s'était fermée sur un fils chéri.
M. Bird tourna le dos et s'avança vers la fenêtre, et M"* Bird fondit en larmes, mais recouvrant la voix, elle dit :
— Pourquoi me demandez-vous cela ? J'ai perdu un petit enfant.
— Alors vous me comprendrez. J^en ai perdu deux, l'un
2>a tiemCSM TOM. §1
&prl»)'aiixtie ; je 1m û hàseéÊ dans U tombe IM>m, lorsque je me sois enfiûeib II ne iii*éttit resté qae celtd ei ; je ne dormais jamais sans Tavoir à moacôté; il ne me restait ^ne lui ; c'était ma consolation, mon orgueil, la nuit et le
i'our ; tt) madaiœ, ils allfâent me Tenlever pour le vendre, e vendre dans le Sud, madame, pour s'en aller seul, un enfant qui n'a jamais de aa vie qmtté sa mère ! Je ne pouvais le supporter, madame. Je savais que je ne serais plus bonne à rien s^ils le faisaient ; et quand je 6U« que les
qui r avait acheté etq^elqu trer )h étaient tout près derrière moi et je lee entendais. J'ai sauté droit sur la glaoe; comment j'ai traversé je n'en sais rie»; nw^s je we rappelle qu'un homme m'a aidée à monter sur la rive de oe oôté^c»*
Ce^te femme ne sanglotait pas^ ne pleurait pa». Elle était arriyée à un état où les pîleurs ne coulent plu». Mais tous ceux qui l'entouraiei^ montraient, ohacm. à sai manière, des si^es d'une vive sympathie.
Les deux petits garçons, après avoir fouillé leur^ poches à la recherche de mouchoirs qui, les mamans le savent bien, ne s'y trouvent jamais, s'étaient jetés désolés dans la jupe de la robe de leur mère, où ils sanglotinient et s'essuyaient les yeux à leur aise ; M*"* Bird avait lo visage caché dans son mouchoir; et la vieille Dinah, dont les larmes inondaient la noire et honnête figure, s'écriait : Seigneur, ayee pitié de nous! avec toute la ferveur d'un camp^nusting^ tandis que le vieux Cudjoe, se frottant rudement les yeux avec ses revers de man<^t ®^ faûflot une variété de grimaces, lui répondait de temps à autre sur le même ton, avec- une égaie ferveur. Notre sénateur était un hconme d'État ; on ne^uvait s'attendre à le voir pleurer comme un shnple mortel. Aussi, tournant le dos à la compagnie, était-il aÛé regarder par la fenêtre, où il paraissfut fort occupé à tousser et à essuyer les verres de ses limettes, se mouchant de temps à autre de façon à faire soupçonner à quiconque eût été en état dû^ l'observer avec attention qu'il n'était rien moins qu'impassible au milieu de l'émotion commune.
— Comment avez-vons pu me dire que vous aviez im bon maître? dit-il tout à coup, en se tournant par un brusque mouvement vers la jeune esclave, et réprimant résolumeiM; quelque chose qui le prenait comme à la gorge.
' — HÈ'aroe -que c'était un bon maître, et je dirai toujours cela de lui, quoi qu'il arrive, et ma maîtresse était bonne. Mois il» »e ppi|VAΫ^iûrQ.«utraB«n:t( île ésnnm^ de l'ar-
geotf ils fletfOnT&iflOit; à la ntefèi d'an famume* cftlfe oftit étë obligés d'en passer pai^oiFii ik v<miii. J'éooOtiiisvidt j^l'Ai e&tendu dire cela -à ma maStresee, qui suppliait et plaidait pour moi ; il lui a dit quMl h'y pouvait rien, ^ute les - papfers étaient tous signés ^ c'est alofft-qao j'ai pris mon eirfan^, ét^ue j'ai fui de la maison. Je savais qu'il était tnutiU d'^eesayei' de vivre s'ils me l'enlevaieiil ; car il me semble -ique cet eâfaét est tout ce que j'ai. ■ •/ ' ' •
— K'avez-vous pas vn mari ? " •
-* Oui, mais il appartient à un autre homme. Son maître est véritablement dur pour lui, et ne lui ]iermettait presque lunais de venir me voir ^ et il est devenu de plus en plus dur pour nous et menace de le vendre pour le Sud.- Il est probable que je ne le reVerrai jamais. * ..- . •:>.
Le ton tranquille avec lequel la jeune femme prononça ces paroles eût pu conduire un observateur superficiel à ^nser qu'elle était entièi'ement^apat^ique; mais' il y ftVaîtdans ses grands yeux noirs une pT«fefi4G^ d'angeisM aâ^ttb et fisCe qui dirait tout ftutre chose.
— Et où nvcz-vous l'intention d* aller, ma pauvre femme? ditM-^Bird.
— Alt Canada, si seulement je savais où c'est. Est-il bien loin, le Canada? dit-elle en fixant sur M"* Bîrd un reâ^ard simple et confiant.
— Pauvre enfant! dit invôlontaîi-eraent M*^ Bird.
— Pensez-vous qUe ce soit loin • d'ici ? rdpfit 1« Jeune femme*
— Beaucoup plus loin que vous no pensez, ma pauvre enfant ; mais nous allons voir ce quo4'on peut feii-e pour Vous. Allons, Dinah, dresseK-MtialieÂaiie toti>o «hambr^; à edté de la cukine; demain matin, je penserai à ce qu'il est possible de faire pour elle.^ En attofiidant, ma pauvre femme, n'ayez pas peur ; confiee-vous à Dieu, il vous protégera.
M"** Bird et son mari rentrèrent au salon. M*"* Bîrd s'assit dans sa berceuse devant le feu, se balançant de côt»^ et d'autre d'un air préoccupô-. M. Bird parcourait la cbamhre en tous sens en grommcLmt outre se-s donts : Hum ! hum î maudite et embarrassante affaire ! A la fin, marchant droit î\ sa fenim3, il lui dit :
• -i- Ma femme, il faut que cette esclave parte d'ici ce soir même. Uhomme qui la poursuit sera sur sa piste demain de grand matin. Si la femme était seule, on pourwiift espérer de la cacher ici ; elle pourrait s'y tenir en repos jusqu'à ce quo tont danger fût passé. Mais nue armée entière, cavalerie et imfanterie, ne ferait 'pas reafter tranquille ee petit garnement, y$si mis «ftr« U mettMit tout à (xmp lntêtt à tine fenêtre
1» v^meim tox. m
à on les trouvait chez moi, dans la mûson du fi^MMiilear i(ixd ? Npn» il faut qii'ilBpact«&t oe 8(Mr mêm«. -T-Ce,«oirl Est-ce pQMible?Efc où iront-fla? •
-f J« sais oÀ, dit lj9 aviateur d'jui air ré^échi qh ^e disposant à remettra ses battes. PuiihJa jambe ,& moitié finlaéù dans rnne d'ellâSv il s' arrêta, et, prei)|ui^ son g^noyi ^4«nK mains, parut s'enfoncer dans une profond méditation.
— Matidite et embarrassant^ afftùre l Vilaiida affidre 1 dit< S 69^ «a M remettant à tizer à lui la bo^ i| demi chaus* sée. Cfw yraôrnaiit embavrassâïit l Et il acheva d*ea,trer oetits botte ; apiiès quoi il s'assit avec l'autre dans se^ maina^t eut r^ir d'étudier pro£cmdémtotle dessin du jto^^is. Il faudra bicm que cela se fasse pourtant,' è ce que je vois, ajouta-t-il* Au diaJMe tout cela 1 Et, après avoir mis avec impatience son autr^biottei, il a^areffamer à U i^n^^^^ l :. . > r*/ '<i) •
l4a petite M""* Bird était .une femme ^scrèt^ une ide cm femmes qui ne répètent pas à -tov^t profos : Je^ i^pus Savais bien dit ! et, dans ToocasioB présente, bien qfCelle comprit parfajit^jient la tournure qVf^.psemôi^K les ^^d^i^tious de son mari, elle évita fort prudemment de s'en mêler, s'assit tranquillement isur sa «baise, et attendit «ans s'euquénr des intentions de son aeignear-Uge, et disposée seulement à Ibs entendre lorsqu'il jugeiait à propos de les lui manifester*
— Païf exemfde, dit^U wân oomme $'^ eût continué un disQOurs suivi,- il y a mon vieu:^ client Van Trompe, qui est venu du Keutucky et a affranchi tous ^s esclaves. Il a adij^ une propriété ici, à>-8ept milles de la baie, au £i>nd àfi» bois., où pei90anQ ne va sans y «voir affaire ; c'est upi endroit qui ne se trouve pas en courant. Là elle serait asse^ en sûreté t mais \» mal de l'fKffaii» est qve personne n'y pourrait conduire une voiture cC'âpir, exce^pté mqi.
-r Pourquoi donc ? Cudjoe est un excellent cocher.
— Oui, oui, mab cela m suffit pa§. Il y a deu^ passa» ges difficiles le long delà baie, et le second est fort dan^ gereuK« à moins de le. connaître C9mmé moi. Je J'ai traversé cent fois à cheval, et je connais exactement tou^ les détours 4u'il faut suivre. Ainsi donc, voyez-vous, ^ n'y a pas d'autre parti à prendre. Cudjoe va atteler les ç^ievaux J^ plus tranquUlement possible, yers minuit* et j'emmènerai cette femme. Fouv domier une couleur à la chose, il m<e conduira jusqu'à la taverne voisine, comme pour y prendra le coche pour Colombus, qui. y passe de trois à quatre heules. De cette façon, on pourra croire que j'ai pris ma voiture sei^ment poiir cela. De grand matin je serai aux a£Eaires <^ l'Etat^ J« ÇfTOis que je.oe serai pas ^ U^bas, aprè« tout
8l UL CA8B
«e qirf ftM dit et fait. Mus, au «Bable 1 je ue puis m*em^edber d^agir ainsi.
-— Votre cœnr est meilleiur que votre tète dans cette cSroonstanoe, John, dit sa femme en posant sa petite main blan^e snrcdlede'sonmari. Atu*ai#-U jànMtis pu yoqs aimer, si je ne vous avais oonbu meifieur que vous ne vous ero7«8Tou8-mdme? Et la petite femme était si belle avec les larmes qui brillaient dans ses yeux, que le sénateur pensa qu*il devait être déddément un habile homme pour avoir inspiré à cette dbarmante créature une admiratloii sî paesàomiée. Que pouyait-il faire de mieux que de s'en aller gravemexxt surveiller les préparatifs de ïa voiture ? Arrivé sur la porte, cependant, il s' arrêt» un moment, puis, revenant sur ses pas^ il dit aveo quelque hésitation :
-* Mary, je ne sais pas ce que Vous en penserez, mais il y a un tiroir plein des effets du... du,., pauvre petit Henr^, et... Mais y^Varirêta court, et, tournant sUr-ses talons, il sortit et ferpiÀ la p(^^te sur lui.
Sa femme ouvrit la porte d'une petite chambre à coucher joignant la sienne, et, prenant une liotodère, elle la posa sur un bureau ; ensuite e&e tira une clef d'un endroit secret, la mit d'un air pensif dans la serrure d'un tiroir, et fit une pause, pendant que deux petits garçoYie, qui, comme des
rits garçons qu'ils étaient, étaient «itiéç sur ses tidons, contemplaient en silence avec des regai^ significatifs. O mère qui lisez ceci, n'y a-1ril jamais eudan^otre maison un tiroir ou un catnnet qui vous ait fait é{^ou^, en rouvrant, oe que vous auriez éprouvé en rouvrant !^e petite tombe ? Heureuse mèro êtes-vous, s'il n'eu a jaiÉais été ainsi pour vous! \
M"** Bird ouvrit lentement le tiroir. Il y avait là de jlftits ▼êtemens de différentes formes, des piles de tabliers, rangées de pe<Bts'bas; il y avait môme une paire do pe^ souliers, dont les bouts usés et frottés s'échappaient des pN d'un papter; il y avait un cheval de bois attelé à une petite voiture, une toupie; une balle, souvenirs reoueillis avec bien des larmes et des brisemens de cœur. Elle s'assit à t^té du tiroir, et, appuyant sa tête dans ses mains, elle pleura, et ses larmes coulèrent à travers ses doigts, puis, relevant tout H coup la tête, elle commença, avec une précipitation nerveuse, à choisir les objets les plus simples et les plus solides, et les réunit en un paquet,
— Maman, dit un des petits garçons en lui touchant doucement le bras, est-ce que vous allez donner toutes ces ehoAes-là ?
— Mon cher enfant) dit-elle d'une voix donoeet émue, si
DE l/OVeiiB TOX. dS
iio|i?e ehftr, notre ^iennalmé petit £fenry nous regarde dn ciel, il Bwa bien content de nons voir faire cela. Mon cœnr n'eût jamais pu coasentir h s'en séparer pour les donner à une pexsonna heurense, mais je les donne à tuie mëre pins affligée, plus malheureuse que moi, et j'espère que Dieu les aooompagiiera de ses bénédietàons. .
il 7 . a au monde des. âmes bénies dont les chagrins se changent en joie pour les antres, dont Les espérances terrestres, ensevelies dans la tcmvbe et arrosées de pleurs, sont la semence d'où gecmânt les fleurs salutaires et le baume qui guérissent les blessures des malheureux. De ce nombre est. cette femme délicate qui est là assise à côté de sa lampe, versant des larmes et rassemUant pour la pauvre et abandonnée fugitive ces chers sonv^rs de Tenfant qu'elle a perdu.
Un instant après. M"** Bird ouvrît une garderobe, et, en ' ayant tiré nn on deux habillemens simples et de bon usage, eue s'assit devant sa table à ouvrage, et là, aiguille et ciseaux en main, elle se mit tran^pdllement à leur faire subir l'opévation que son mari lui avait conseillée, poursuivant sa tââie avec ardeur jusqu'à ce que la vieille horloge du coin sonnât minuit et qu'elle entendit crier à la porte les roues de v(Htnre.
— ' Mary, ait en entrant M. Bird, qui tenait à la main son pardessns, il faut l'éveiller maintenant ; nous devons partir.
M"* Bird se hâta de r^ifenner les objets qu'elle avait réunis dans une petite malle, la ferma, pria son mari de la faire porter dans la. voiture, et allaR appeler l'étrangère. Celle-ci parut bientôt à la porte, vêtue d'un manteau, d'un chapeau et d'un châle qui avaient appartenu à sa bienfaitrice, et portant son enfant dans ses bras. M.. Bird l'entraîna vers la voiture, et M*"* Bird la suivit jusqu'au mkrche-pied ; Ëliza se pencha en dehors de la portière et }và tendit une main aussi douce, aussi blanche que. celle qui lui fut donnée en retour. Elle fixa ses grands yeux noirs, pleins d'une ardente expressi<m, sur le visage de M*"* Bird, et sembla vouloir parler. Elle essaya deux ou trois fois, ses lèvres remuèrent, mais ne rendirent aucun son ; alors, montrant de la main le ciel avec un de ces regards qui ne s'oublient jamais, elle retomba sur le siège et se couvrit la face de ses mains. La portière se referma, et la voiture partit.
•Quelle situation pour un sénateur patriote qui, la semaine précédente, avait excité la législation de son Etat à adopter les plus violentes résolutions contre les esclaves fugitifs, leurs fauteurs et ceux qui leur donneraient asile ?
Notre bon sénateur, dans son Etat, égalait au moins ses frères de Washington dans l'espèce d'éloquence qui leur a
ticqvas une renommée imxmirielle. Qe quelle façon ndblâbe il .ftveltfliégéf.left nutiiis dans^MK poÊhns^ et xomim il avait jba^u en brêcfae la Baiblesaé sei^imeàtalB de ceàs^qui font paseer l'intérêt de quttlquea nûsérablei fngitife avantfl'intiferêt de l'Etat! . n -i i
, , Intrépide comone un lioot sur ce sujet, lion««ei}lement il eMtmt profondément conviâncii Iniwmêmeyimaii iJLarait conlASJnca tous ses anditenjrs. Sei^ement, alors, Tidée qn'U aValt d'nn fugitif n'était qu'une sorte d'abétraction et oomiae une ieititreiniorte, on tout aurplns se pfiésentait-elle à lui sons la j6gure. d'un homme comme on ^n Toit «dans, les petits journmxs. ^'annonces, portant, un paqnet an bonit d'un<.bftton, avec ces mots écrits au-dessous : Enfui dêchex le aousaignài'^a- QltÊvaun telyOtc. t. Mais la présence réélk du > malheur, ^'un regard. Auppliaait, dHine.maih faible et tcemblente, d'un fî^^Hsl/ désespéré de l'agonie, il ne l'aTbit jamais éprouvée. Jfimikis.il ne lui était Tenu à la pensée qu'.ùn eaclaTe fugitif pftt être une { mère malhesurense, un enfant taiaa défense, nomme cehd qui rportait en ce moment le chapean'sl.eeMiu 4b l'enfant qu'il venait de pepcbne ; et, oomme notre pauvre sénateur n'était ni de marbre ni d'acier, qu^il était un homme et de plus un homme d'un noible oœur, son patriotidoae, comme on peut le voir, se frouvait à vne rude épreuVe. Et ne.voua empresses pas toop do triompher de lui, nos braves f cènes du Sud; car • nous inclinons à ccoire que beaucoup dîentre vous, en ^^semlilable dreonstanœ, tCeqesent pas fait b&aucoup mieuXb Nous avons tonte raison de 'penser que dans le Kentucky oomme dans le Mtesissijpi, il existe des ficeurs noblea et généreux auxquels on ne 'fit jamais en vain le récit d'une souffrance. .Ah I chers firères, pouvez-veue attendre de nous des serviees que votre brave et honorable cœur ne vous permettrait pas de rendre, si vous étiez à notre .place? ;.
. Quoi ifB^lfealsoity si> wibte' ^tmk, flénâteun.étoil; -^oh: péohiar -^litique, il était en bonne voie d'ex|Mer son péché par une durer unit de pénilsenee.
On sortait d'une période de pluies eentinuelles ; le sol •doux et riche de l'Ohio est, comme on sait, admirablement propre à la production de la boue^ et la route était un railway do l'Ohio du bon vieux temps.
. — Quelle sorte de route est-ce donc, je vous prie ? dira quelque voyageur de l'Est, accoutumé à joindre à Vidée du raUroad celle de suri'aoe unie et de vitesse.
* Fonnttie consacrée par laquelle les maîtrei réclament leurs esvltves fii|^ti£s dans les joamaux do $«d,
BmàtMÛi^Be, .innocent ami derfigt, ^Oê dans te» midenoontiieiifies régitos de TOoMt, où la boue atteint nne insonidalâe* et «ubiime profondeur, les routes sont faites de gt?ossidrs tronoB d'arbres placés^ransversalément à côté les mis des autres, et recouverts primitivement d'une couche dé tefre, de gazon, ou de tout ce qui tombetsous le main f^lifqïhû ce ^ue le naturel du çays se plaît àmppeler une voate, et sàr'quoi il essâieide furei rouler sa voitnt». A lia longue, les pluies enlèvent terre et gaaciï; les troncs d'arbuès s'écartent' de côté et d'autres prenneat les positions les plus pàttores^iTés, «l'haut, en bas{ en travers, et forment pavrlcur écartement une abominable yftriétô de trou» et d'ornières remplis d'une boue noire.
. C'est sur unarootd pavrâlle qne s'avançait caliotant nôtre sésiAteiur, fusant des ^réflexicms morales Itussi suivies que le pouvaient jierinettre les borribles soubresauts dû véhicule qui tant5t roulait sur les troncs d'arbres, tantdt s'enfonçait' profondément dans, les ornières boueuses. A chaque instant le sénateur, la mère et l'enfant se trouvaient brusqnemitnt dérangés de leurs |>ositions respectives et prééipités contœ la portière du côté où l'on penchait. La voiture est emboàfb^e,! 9t ^un^iatieaà ranâ àemniierT^mairpcm^ 4«ie ifnit ■Gudjoe pour exciter Tardeuf des fchevanx. Après avoir tiré » et poussé sons résultat, et au montent où le sénateur va per- • dre patience, la voiture se redresse tout à coup aVec fracfts, les deux premières touw retombent dans' un autre abtmc, et ■ le sénateur, la femme et l'enfant sont jetés pdle-môle sur le sîége de devant ; - le chapeau ' du sénateur s'enfonce ^ans cérémoaie sni: som nez à la façon d'un éteignoir; l'enfant pleure, et Cudjoe, au dehors, finit d'énei^giques appels à la vigueur des chevaiix,< qui ruent, s'agitent et tn-ent de leur mieux et comme ils peuvent soud-leô coups de fouet répétés de leur conducteur. La voiture est enlevée par un nouveau bond ; les roues de derrière s'enfoncent à leur tour, le sénateur, la.lmime etul'enfant retombent st*r le siège de derrière, les coudes du sénateur rencontrant le chapeau de la femme, les pieds de la femme chaustemt lé chapeau du sénateur que le choc a fait tomber. Enfin la fondrière est fraAchio, les chevaux s'arrêtent pantelnns, le sénateur retrouve son diapeau, la femme ajuste le sien et apaise l'enfant, et l'an et les autres prennent leurs précautions pour ce qui peut survenir.
Pendant quelque temps ils n'éprouvent autre chose que des soubresauts répétés entremêlés de quelques cahots do côté et de seeopsses en tout sens. Ils commencent à se flatter qu'après tout ils ne s'en «ont pas tmp mal tirés. Enfin, après un
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loQg f^ÊfSKn ptrMuâkttilaire de Ift v<^tta« qtti lés tltet debout sur ksiis yieoB et les fait retomber sur le «iége aveômte vitesse incroyable, là voiture s'BsnéUy et, après une grande commotioïkAu dehœ», Cuo^oe parait à la p<n^re.
•^ S'il IFOUB plalty mouBienr, nous sommes dans tin bien mauvais endroit $ j;e ne sais comment nous en sortirons ; je pense qu'il faudra se procurer des rails.
Le sénateur s'élanoe désespérément dehors, cherebant avec précaution un endroit solide où poser le pied ; mais il trébuche, une de ses jambes enfonce à une énorme profondeur; il essaie de la retirer, perd l'équilibre et roule dans la boue, où il est repêché par Oudjoe dans un état dé|4orablé.
Mais nous nous arrêtons pour ne pas trop éprouva la sensibilité de nos lectears. Les vo^p^ageurs d« rOuest qui ont passé les heures de la nuit diras l'intéressante besogne d^urracher les^^ poutres enchevêtrées d'un tel chemin pour tàrer leurs voitures de la boue, éprouvercmt une respectueuse et compatissante sympathie pour les infortunes de notM héros. Nous les prions de s'apitoyer sur lui et de passer.
La nuit était fort avancée, lorsque la voiture, tout éclaboussée ■«&. souillée de boue, sortit de la baie et vsVrrêta à la porte d'une grande ferma- Il fallut une persévérance peu CfrdinairQ pour en réveiller les habitans ; mais à la fin le respectable propriétaire du Ueu parut et ouvrit la porte. C'était un peysfiQ&age velu, haut de six pieds, et vêtu a*une chemise de nan<^ rouge. ' Ses (Neveux roux épais et hérissés, sa barbe de plusieurs jours, donnaient au digne homme un aspect assez peu séduisant. Il demeura un instant immobile, promenant sa chandelle sur le visage de nos voyageurs et les toisant avec une expression d'ennui et de stupéfaetion assez comique. Notre sénateur a quelque peine à lui faire comprendre cedont il s'agit, et pendant qu'il s'y «ffovce de son mieux, nous- allons présenter le nouveau personnage à nos lecteurs.
L'honnête vieux John Van Trompe avait été autrefois un riche propriétaire et possesseur d'esclaves dans l'Ëtat de Kentu«ky. N'ayant de l'ours que lu peau, doué par la na- ,ture d'un grana, honnête et juste cœur, d'un cœur proportionné À son corps gigantesque, il avait, pendant quelques années, vu avec une douleur contenue les tristes eiibts dSm système également désastreux pour les oppresseurs et les opprimés. Un jour, son grand cœur s'était gonflé de façon à ne plus tenir dans sa poitrine ; il tira son portefeuille de son burejuL, traiisecsâ le âeuveet aoheta dans l'Etat d» l'Ohio le quart d'ut T&mnship de bonne et riche terre, donna réguHèremeut la liberté à tous ses eadoves^ hommes, tmmes et en<
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fans, les emballa snr des chariots et les tnmsporta dans sa propriété pour la oolonber. Puis, rhomiête John se tourna vers la baie, et s'y établit dans une jolie ferme pour jonir en paix de sa consciènoe pure et se livrer à ses réflexions.
— £tefr-vons homme à donner asile à cette pauvre femme et à son enfant contre les chasseurs d'esclaves ? lui dit ex plicitement le sénateur.
— Je crois que je suis homme à faire cela, répondit avec fermeté l^honnête John.
— Je n'en doutais pas, dit le sénateur.
— Si quelqu'un vient, dit lé brfeive homme en redressant sa taille athlétique et musculeuse, je suis prêt à le recevoir ; j'ai sept iils, chacun haut de six pîed&i'qui sont prêts comme moi. Présentea-leur mes respects à ces chasseurs d'hommes, dites-leur qu'ils peuvent venir aussitôt quMls voudront, quand ils voudront, cela bous est égal, dit John en passant ses mains à travers les cheveux incultes dont sa tête était couverte, et riant d'un gros rire bruyant.
Fatiguée, abattue, Eliza se traîna vers la porte,- avec soft enfant profondément endormi sur son bras. Le rude John approcha la lumière de la figure de la pauvre fugitive, et poussant un grognement de compassion, ouvrit la porte d'une petite chambre à coucher attenant à la large cuisine où ils se trouvaient et lui fit signe d'entrer. Il prit une chandelle, l'alluma, la plaça sur la table, et s* adressant à ËUsa :
— Maintenant, ma fille, ne craignez rien ; vienne qui voudra. Je suis habUné à ces sortes de choses, ^t-il en montrant d)9nx DU trois bons fusils accrochés au manteau de la cheminée, et ceux qui me connaissent savent ^u'il serait malsain de venir prendre quelqu'un dans ma maison contre ma volonté. Ainsi, dormez aussi tranquillement que si votre mère vous berçait, dit-il en fermant la porte sur elle.
— C'est une bien belle femme, savez-vous, dit-il au sénateur..., mais ce sont celles-là qui ont le plus de raisons de s'enfuir, pour peu qu'elles ident les sentimens que d'honnêtes femmes doivent avoir. Je connais tout cela. •
Le sénateur, en quelques mots, lui raconta l'histoire d'Eliza.
— Comment ! est-ce possible ? disait avec compassion le brave homme. Ah ! c'est afiBreux l Pauvre ciéature, traquée comme une bête, chassée pour avoir écouté les sentimens de
la nature, potur avoir fait ce qu'aucune mère n'eût pu s'empê^ cher de faire! Voyez -vous, quand je vois ces choses, i'ai bien de la -peàne à me retenir de jurer, disait l'honnête Jonn
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bien de la pdne à me retenir de jurer, disait l'honnête Jon en s'essuyant les yeux du revers de sa large mtàn jaune et tadietée. Je vous dirai, étranger, que j'ai été des années