‹ Vie illustrée de Christophe Colomb [microforme]Chapitre 21 sur 56 · RAS · texte numérisé non relu

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Le grand Cardinal (1) l’'admirait. James Ferer, l’un

Al des plus grands industriels de cette époque comme é | | le plus honnête entre tous, lui écrivait: | 1 | | « La divine et infaillible Providence envoya le d ‘| | grand apôtre saint Thomas, d'Occident ‘en Orient,

| ll pour prodiguer aux Indes notre sainte foi catho- d | lique; et vous, elle vous a envoyé par le côté I qi opposé, d'Orient en Occident, afin que, par sa

à 1 divine volonté, vous arriviez jusqu’à atteindre les d | parties extrêmes de l'Inde; pour que les peuples s

qui n’ont pas entendu Thomas, connaissent la loi F du salut, et que s'accomplisse ce mot du prophète :

| | « Leur parole retentira sur toute la terre. » l | « Je ne crois pas errer en disant, Seigneur, que k … 1h vous remplissez un office d’apôtre, d’ambassadeur il | | de Dieu, envoyé par les décrets divins pour révéler d | | son saint nom aux régions où la vérité est restée | inconnue. »

ll e Î | Toutes ces approbations ne faisaient pas reculer | fe | | la malveillance et n’avançaient pas l'armement. | | L'Amiral fut obligé de solliciter comme une d | | faveur, le droit de pourvoir par lui-même aux ap- s! | provisionnements, de chercher les fournisseurs, de 1 contrôler les marchandises et d’en débattre le prix. s a. t

| (1) François Ximènes, né en Castille en 1437, professeur à l'Uni- | versité de Salamanque, archevêque de Tolède, administrateur de

j | As | D A Castille sous Isabelle et Ferdinand, soutien de l'empereur 9 h | Charles-Quint en Espagne. D'une vie austère, d'un courage à toute | | épreuve, connaissant à fond les hommes et les choses, il joignait à : 1 | | l'esprit le plus vaste, le plus vrai dévouement à sa patrie. Il a été à |

| surnommé /e grand Cardinal.

Il y avait deux ans que la troisième expédition était résolue, quand l’indomptable énergie de Colomb réussit à équiper six caravélles dans le port de San-Lucar de Barraméda.

Le seul obstacle réel avait été la mort de l’Infant don Juan, héritier du trône; mais la courageuse Isabelle n'avait interrompu le travail que deux mois à peine; et pour donner à Colomb un gage assuré de protection, elle attachait à sa propre personne ses deux jeunes fils Diégo et Fernand, tous deux pages de l’'Infant qui venait de mourir.

Plus grande était la confiance de la Reine en l’'Amiral, plus haineuse et plus hardie devenait l'opposition ; il avait su déjouer tous les complots, il avait triomphé de tous les obstacles; on tenta de l'exaspérer par les outrages.

Un Juif, que l’on croyait converti, nommé Jimeno de Bribiesca, se faisait un jeu de braver l’Amiral, espérant ainsi se frayer un chemin plus facile aux faveurs.

« Le jour de l'embarquement, Colomb sortait de l’église : il venait de placer, selon son habitude, son voyage sous la protection de la sainte Vierge.

&« La séc'irité de son cœur, la gravité pieuse de ses pensées l’empêchèrent d’abord de prêter attention aux injures du Juif converti.

&« . . . . Bientôt cet homme éleva la voix et ses outrages ne connurent plus de bornes.

« Colomb eût fait bon marché des viles attaques d'un homme mal famé... mais il devait impérieusement au prestige de son grade de ne pas recevoir

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un affront impuni, sous les yeux même de ses équipages.

&« L’Amiral marcha vers Jimeno; et, non pas avec l’'emportement du furieux qui se venge, mais avec la froide et lente vigucur du chef qui réprime,.… il souffleta l'insuiteur.

« Le misérable tomba, Colomb le releva du pied: telle était à cette époque, et même plus récemment, la police à bord (1). »

Jimeno s’esquiva hué et moqué; il fut peu après nommé par ses protecteurs payeur de la marine.

(1) Vie de Christophe Colomb, E. Cadoret.

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