PARA S
lorsqu'il résolut d'exécuter enfin la vaste entreprise qu'il avait mûrie. Dans ce but, il avait visité Madère, les îles du Cap-Vert, les Canaries, les Açores ; il avait étudié longtemps les notes et les journaux de son beau-père, recueilli avec intérêt les indices naturels qui faisaient supposer l'existence de terres à l’'Occident.
Pedro Correa, son beau-frère entre les autres, lui apprit qu'aux Açores les vents d'Ouest poussaient parfois aux rivages de grands arbres et des roseaux inconnus en Europe; on avait recueilli des bois travaillés et même des cadavres d’une race d'hommes différente des races africaines, D'après ses propres conceptions, il jugeait que le continent devait avoir pour contre-poids, dans l'hémisphère opposé, des terres d'une étendue à peu près égale; il comprit et affirma que la terre est ronde et que par conséquent le tour du monde pouvait se faire.
« Enfin, a-t-il écrit, la Très-Sainte Trinité m'inspira l’idée, qu'elle me rendit parfaitement claire, que je pouvais aller d'Espagne aux Indes en traversant l'Océan vers l'Occident... » « Dieu, dit-il ailleurs, m'ouvrit l’entendement comme avec la main. »