‹ Vie illustrée de Christophe Colomb [microforme]Chapitre 31 sur 56 · QUATRIEME VOYAGE · texte numérisé non relu

QUATRIEME VOYAGE

De Cadix à Hispaniola.— Tempête légendaire.

« Jetez dans le sein Ce Dieu le soin de ce qui vous regarde... il ne permettra pas toujours les fluctuations de l'opinion humaine concernant le juste. »

Déjà pour abréger l'épreuve du courageux Amiral, Dieu permit que la traversée fût plus prompte des Indes en Espagne, que toutes les autres; Andrès Martin se hâta d'expédier à la Reine un courrier porteur de la lettre de Colomb; il arrivait à Grenade avant que Bobadilla ait pu y envoyer aucune dépêche.

Il est plus facile de comprendre que d'exprimer l’indignation de la noble Isabelle en apprenant les outrages faits à l’'Amiral; les Rois lui adresserent aussitôt une lettre collective revêtue de leuf double signature, pour l’assurer que les mauvais traitements qu'il avait reçus, les chaînes dont il était chargé,

CHRISTOPHE COLOMB 163 LL (lt offensaient leur propre personne, et pesaient de tout 4 --leur poids sur leur cœur, plein de gratitude pour | les immenses services dont ils lui étaient redevables. | À ls 1] | En [ie LT us | Le LA- | L.

al, i les Il rès er 1) ki 1h ne | LA er ais |] es Ils priaient l’Amiral de se rendre promptement à la IE (M nt Cour pour recevoir de leur bouche les témoignages le de la plus haute bienveillance. è | Fe ts | | é Audience particulière de la grande Isabelle. … il L LE î \ ]

En effet, le 17 décembre 1500, le Vice-Roi, accompagné de ses frères, se présentait aux Souverains. L’audience solenneile était une première réparation, et la preuve évidente que les accusations contre les Colomb n'avaient trouvé aucune créance. Mais peu de jours après, Isabelle mandait l’Amiral à son propre palais, désireuse de recevoir tous les détails sur la colonie, sur les révoltes et sur les malheurs personnels à Christophe Colomb.

Le grand Révélateur se présenta seul.

Isabelle avait un cœur aussi reconnaissant et sensible que noble et généreux, la vaste étendue de son géniepourlesguerres,etl'admiristration duroyaume, n'avaient pas refroidi les élans de son âme; à la vue de ce vieillard vénérable, hier courbé sous le poids des fers, après avoir doublé l'étendue des terres et rendu l'Espagne, jusque-là la moins riche des nations, la plus opulente de toutes, Isabelle ne put retenir ses larmes.

CoLoMB ÉTAIT GUÉRI!

La blessure faite contre le gré de sa souveraine à son honneur et à son cœur était cicatrisée par ces larmes |

Aussi pas un mot de reproche contre les ennemis qui l’avaient maltraité, pas une accusation ne put sortir de ses lèvres; heureux de retrouver pour le comprendre la grande âme d'Isabelle, qui l'avait soutenu dès le début de l'entreprise, il se contenta de produire contre les plaintes formulées dans l'enquête de Bobadilla, des preuves si évidentes que

Bobadilla fut destitué et Colomb maintenu dans tous ses privilèges.

Mais on persuada à la Reine de remplacer provisoirement l'Amiral par un gouverneur venu d'Espagne : Ovando fut choisi par Ferdinand; c'était un homme de Cour, tout prêt à seconder les vues du pouvoir; le Roi, jaloux des succès de l’Amirai, avait résolu de lui enlever la vice-royauté et le gouvernement des Indes. Ovando mit à la voile le 13 février 1502.

Toutefois Christophe Colomb n'avait pas abandonné ses projets de voyage ; la seconde partie du programme restait à remplir : la délivrance de la Terre-Sainte.

I! demeura plus d'un an à Grenade, étudiant les Saintes Ecritures, compulsant les textes sacrés qui lui offraient quelque analogie à la découverte des Indes et à la délivrance du Saint-Sépulcre; et ne songeant même pas à solliciter les récompenses promises par les Rois, il vivait d'emprunt et dans une . médiocrité voisine de l’indigence.

Il avait calculé qu’en recevant les dîmes et les indemnités promises dans le traité conclu en 1492, il pourrait lever une armée de cent vingt mille hommes; puis, prévoyant que son âge ne lui permettrait pas de conduire cette armée, il suppliait la couronne de donner pour hé:itage à l'Eglise de

Rome l’ancienne Jérusalem, et d'ajouter la Palestine | au domaine de Saint-Pierre.

| « Le Saint-Esprit, écrivait-il, ne prend pas tou- « jours pour instruments des hommes de génie; | « aux ignorants même il a souvent révélé l'avenir. | « J'aiété, dès mon enfance, déterminé à choisir la | « carrière maritime pour ces deux grands desseins. » ] L'amiral se rendit à Séville vers la fin de l’année | 1501; la flottille préparée par Ovando et la muni- | ficence qui avait présidé à l'armement, firent comprendre à Colomb que la politique de Ferdinand | l’'emportait une fois de plus; mais sous ses cheveux | blancs il avait conservé l'intelligence, la vivacité, | l'ardeur de la jeunesse ; on peut dire qu’il n'avait pas | charigé, car une existence où domine l’âme immor- | telle ne saurait vieillir. Il sollicita une escadre pour | reprendre la mer.

Maintenant qu'il avait découvert le Nouveau- Monde, il voulait faire le tour du globe et ne « laïis- | | « ser aucune plage, aucune mer, où n'ait été publié | « et béni le nom de Dieu. »

| Par une intuition vraiment merveilleuse, l’Amiral 1h montrait à la Reine la carte encore incomplète du

nouvel hémisphère, affirmant que vers la ligne | équatoriale se trouverait un détroit pour arriver de | l’autre côté du continent à d’autres Océans inex- | plorés.

Quatre auteurs contemporains, et tous les histo- | | riens de Colomb, témoignent qu'il plaçait ce détroit pl “Ho vers l’isthme du Darien et à une hauteur corres-

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