CHAPITRE XX
Malheurs d’Xispaniola sous le gouvernement de Ovando. — Arrivée de Colomb à Saint- Domingue. —- Départ pour l'Espagne.
Diégo Mendez était arrivé, par une merveilleuse protection du ciel et au travers de mille dangers, jusqu’à Ovando, cet astucieux gouverneur, sous prétexte de veiller à la sûreté de Mendez, le retint longtemps près de lui, et Diégo put juger par luimême des exactions et des cruautés de Ovando, et des malheurs qui accablaient les indigènes si chers au cœur d’apôtre du grand Amiral. |
Sous prétexte de visiter miitairement l’intérieur de l’île vers Xaragua, le cruel Ovando avait résolu d’anéantir la race indienne. Il ne manqua pas de trouver des flatteurs, pour lui persuader que les Caciques préparaient un soulèvement, et que la grande reine Anacoama les excitait sous main.
En effet, depuis la mort de son frère ie cacique Behechio, Anacoama régnait sans rivale sur les deux tribus. Ses sujets l’aimaient et la respectaient ; c'était le type de la souveraine, exerçant sur tous les esprits l'influence habituelle aux natures supérieures ; elle