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Colomb cherchait toujours à ramener au devoir:
les frères Porras, qui, au contraire, parvinrent de nouveau à réunir une bande de révoltés ; du rivage, Porras osa défier l’Amiral retenu par la maladie et ne pouvant se lever. L'Adelantado arma promptement ses hommes, il fit des prodiges de valeur, se rendit maître de Porras, plaça les révoltés sur l’île et les confia au capitaine pour en avoir la garde; le reste prit la fuite.
Le 28 juin 1504, une caravelle envoyée par Ovando et la seconde préparée par les soins de Diégo Mendez arrivaient enfin à Santa-Gloria ; on mit à la voile pour Hispaniola, l’Amiral montant le navire de Diégo et les rebelles celui de Ovando; les Indiens de la Jamaïque ne pouvaient retenir leurs larmes et voulaient suivre Colomb. Le temps fut si mauvais, que l’on mit près de deux mois avant d'atteindre Saint-Domingue où l’on arriva le 18 août.
La population tout entière se porta avec enthousiasme à la rencontre de l’Amiral; ceux même qui d’abord redoutaient sa fermeté, ayant ressenti les injustices de Ovando, avaient souvent pleuré le grand Colomb; dans cette foule immense, il ne trouvait que des amis et des admirateurs.
Ovando, contraint par l’opinion publique si hautement exprimée, logeait Colomb dans sa propre demeure ; mais, pour affirmer jusque dans le triom-
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phe du Révélateur du globe, son titre de gouverneur, il rendait la liberté aux Porras, pardonnaït aux rebelles sans informations, et prétendait examiner les décisions prises à la Jamaïque.
On comprend que la patience de l’Amiral, mise à de telles épreuves, ne pouvait cependant prolonger le séjour à Saint-Domingue; bien plus que ses douleurs personnelles, il ressentait jusqu’au fond de l'âme les malheurs irréparables des pauvres Indiens: cette île magnifique où il avait introduit la première idée de Dieu et de la vraie foi avec la civilisation, était dépeuplée !
Cinq royaumes, des seigneurs puissants, des Caciques avec leurs tribus, leur fidèle alliée Anacoama n'étaient plus. Aux infortunés qui avaient échappé aux massacres et aux maladies, on avait imposé des travaux au-dessus de leurs forces, à peine rétribués avec une nourriture insuffisante.
Quelques familles en étaient venues à se donner ensemble la mort pour éviter les tortures de cette triste existence ; les Indiens avaient pleuré amèrement le départ de Colomb, ceux qui le revoyaient alors ne pouvaient se consoler de le perdre encore.
Lui cependant avait hâte de revoir l'Espagne : les nouvelles de la grande Isabelle étaient inquiétantes, elle était gravement atteinte ; et Colomb éprouvait je ne suis quelle appréhension en songeant qu'il n'arriverait peut-être pas à temps.
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Le 12 septembre 1504 il monta la caravelle qu'il avait achetée, son frère l’'Adelantado commandait celle du gouverneur, et r:ménait en Espagne tous les Espagnols qui le demandèrent, sans en excepter les rebelles et les ingrats auxquels le magnanime Colomb offrit le passage, oubliant ce qu'il nommaïit dans sa charité chrétienne leur « infirmité morale. »
A peine les navires avaient-ils quitté la rade, qu'un coup de vent brisa le grand mât; et Colomb renvoyant à Saint-Domingue l’une de® caravelles, dut monter sur celle qui restait. La mer se maintint constamment mauvaise; en deux tempêtes différentes, les mâts successivement brisés durent être raccourcis.
Colomb épuisé de souffrances morales, repris violemment de goutte et de rhumatisme, ne songea même pas à réparer son navire aux Açores; ilvoulait toucher enfin la terre, où respirait encore la noble Isabelle, où sa grande âme imprimait à toutes les grandes choses le mouvement et la vie.
Le 7 novembre 1504, Colomb entrait au port de San-Lucar de Barrameda.