CHAPITRE IV
PREMIER VOYAGE (suite)
Derniéres éprouves. — La découverte.
À mesure que le temps s'écoulait, l'impatience des navigateurs augmentait; pendant que les caravelles glissaient sur les flots à perte de vue, la défaillance gagnait les plus braves. Leurs barques étaient faibles et déjà fatiguées, et s’il fallait avancer encore, comment réparer les avariesP
Les provisions commençaient à baisser ; dans quel port les renouveler? Ainsi. le mécontentement des groupes, composés de deux ou trois, avait crû peu à peu, et finit par se changer en une formidable opposition aux ordres du Commandant.
« C'était, disaient-ils, un ambitieux, qui, pour se distinguer, risquait la vie des matelots.
« Déjà ils avaient franchi les limites connues et accompli par conséquent leur mandat; avancer encore était au-dessus des forces humaines.
« Qui pourrait les accuser de révolte s'ils reprenaient la route d’Espagne avant que le retour devint impossible P
« L'amiral était un étranger, sans amis, sans in-
fluence et dont les projets, rejetés par les savants, étaient regardés comme insensés! »
Les plus hardis de ces hommes, embarqués par
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