‹ Vieilles églises de France (volume 2)Chapitre 16 sur 45 · VDB DB LA CRYPTE DB S · texte numérisé non relu

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attribuer? Aussi, quelques années plus tard, vers 101)2, les prérogatives de l'abbaye royale furent-elles restreintes; et l'archevêque de Paris, ressaisissant la juridiction du territoire de Saint-Denis, no laissa-t-il à l'abbé que celle de l'enceinte du monastère.

Les abbés de Saint-Denis avaient, fi l'origine, une bannière qui leur était spéciale et particulière [vexillmn sanch Dionisii) : c'était Vori/himme [auri Jlamma) Elle leur servait d'étendard dans leurs guerres privées. Mais ensuite

Toritlamme remplaça la chappe de saint Martin, de couleur bleue, primitivement enseigne royale, et devint l'étendard de la monarchie. En effet, les rois de France, allant en guerre, la prenaient sur le tombeau de saint Denis avec une solennité imposante, et la rapportaient avec le même appareil lorsque les hostilités avaient cessé. Louis VI, le premier, fit porter Toriflamme dans les luttes qu'il eut à soutenir contre ses puissants vassaux, et Philippe-Auguste la déploya officiellement à la tête de l'armée française lorsqu'il s'avança vers le Rhin contre l'empereur Henri Y. Mais, après la funeste bataille d'Azincourt (1415), on ne la voit plus reparaître.

Guillaume Guiart, dans la description qu'il en donne dans ses Royaux lignages, laisse à penser que Dagobert, le premier, avait donné ce drapeau aux moines de Saint-Denis :

Sans pourtraicture d'aucune affaire, Li roi Dagobert la fit faire.

L'oriflamme était rouge : « C'était, dit André Duchesne, une bannière de vermeil toute semée de lis d'or. » Ajoutons, pour en donner une idée plus exacte, que cette bannière, ou plutôt ce pennon de taffetas rouge, se terminait en trois pointes ou fanons garnis de houppes vertes, et que la hampe était de bois doré ou seulement de bois blanchi.

Cette bannière, nationale au moyen âge, nous amène naturellement à donner le sens de Mont joie Saint-Denis, cri de guerre des Français à la même époque. L'origine n'en est pas bien connue ; voici pourtant comment on l'exphque : «Autrefois, paraît-il, les pèlerins appelaient montj oies [montes gaiidii) les monceaux de pierres entassées pour indiquer la route qu'ils devaient suivre ; et par analogie, à la guerre, montjoie indiquait la marche de l'armée. Montjoie Saint-Denis voulait donc dire qu'il fallait suivre la bannière de Saint- Denis, c'est-à-dire l'oriflamme.

L'église de Saint-Denis, devenue, après la tourmente révolutionnaire, église canoniale, est aujourd'hui desservie par un chapitre composé de chanoinesévôques et de chanoines de second ordre. Affectée primitivement, comme nous l'avons dit, à la sépulture des rois de France, elle fut un instant rendue à sa destination première sous la Restauration, après en avoir reçu une assez analogue sous l'Empire. En eff'et, en 1806, Napoléon conçut le projet de rétablir à son profit les institutions de l'ancienne monarchie, et dans la vieille basilique, dont il décida la restauration, il fit construire dans le plus vaste des caveaux, devenus déserts, son propre tombeau. Ce caveau, disposé pour lui-

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