‹ Vieilles églises de France (volume 2)Chapitre 19 sur 45 · CATHÉDMALE DE HOL'EN · texte numérisé non relu

CATHÉDMALE DE HOL'EN

tueuse Entrée du roy et de la reyne dans la ville de Rouen, curieux épisode du règne de Henri II, est un exemple des jeux bizarres de la cour où brillait Catherine de Médicis. »

Rouen a eu l'honneur de voir naître dans ses murs plusieurs personna^-es célèbres: les deux Corneille, Fontenelle, Bensorade, Pradon, le P. Brumoy, Boïeldieu, l'abbé Legendre, Jouvenet, Géricault, la Champmeslé, le célèbre navigateur Cavelier de la Salle, etc.

Que nous aimerions aussi à nous arrêter devant les principaux monuments de Rouen, et surtout devant les églises dont cette ville est si riche : devant Saint-Ouen, basilique aussi vaste que magnifique ; devant Saint-Maclou, si remarquable par son grand portail cintré, composé de trois porches et regardé comme un des beaux spécimens du style gothique fleuri ; devant Saintt*atrice, dont les magnifiques vitraux datent du seizième siècle, devant Saint- Vincent, qui date de la Renaissance et possède plusieurs verrières également bien conservées. Les plus intéressantes de ces verrières représentent la Vierge à genoux, au milieu des apôtres; la décollation de saint Jean- Baptiste et un des nombreux miracles opérés par saint Antoine de Padoue. Mais voici la cathédrale :

Selon des traditions fort incertaines, le premier évoque qui ait élevé à Rouen une église cathédrale et qui lui ait donné son nom est saint Mellon. Test très probablement sur l'emplacement de cette église, sans doute détruite )ar les Normands, que s'éleva plus tard l'église métropolitaine, dont RoUon întreprit la construction. Richard I" fit continuer les travaux commencés par ;on grand-père, et, en 950, dit la chronique do Normandie, Notre-Dame do loucn était déjà fort avancée. La nef fut terminée par l'archevoque Robert, ils de Richard. Vers lOoO, on construisit les bas côtés, et, en 1063, l'archevêque Maurille en fit la dédicace. On y travaillait pourtant encore au cominen- ;ement du douzième siècle, époque à laquelle il faut rapporter la construction lu chœur et de la croisée. Mais cette église fut en partie détruite en 1200.

Jean sans Terre en commença la reconstruction, à l'exception do la tour saint-Romain. Cette tour, dont la base appartenait à la construction primiive, fut continuée à difl^érentes époques et terminée, en 1477, par le cardinal juillaume d'Estouteville. On l'appelait aussi autrefois la toitr aux Onze Clohes, dont, aux jours de fête, b^ carillon formidable s'entendait de trois ou [uatre lieues.

Dix ans plus tard fut posée la première pierre do la tour de Beurre, qui eçut ce nom parce qu'elle fut construite an moyen des auniônes oiTortes par

les fidèles, qui obtinrent en échange la permission de faire usage de beurre en carême. Celte tour, bénite vers 1497, a soixante-dix-sept mètres d'élévation. Robert de Croixmare, archevêque de Rouen, en avait posé la première pierre en 1487. Ses deux galeries h jour, ses quatre fenêtres d'entrelacs d'appui et surmontées d'élégants pignons évidés, sa terrasse et sa bordure en balustres déliés, en font un des plus gracieux ornements de l'architecture du quinzième siècle. Dans cette tour était suspendue autrefois une cloche, fondue en 1501, par ordre et aux frais de George d'Am.boise, cardinal, qui lui avait donné son nom. Cette cloche, la plus grosse de France, avait dix pieds de haut. On lisait à l'entour ce quatrain en lettres gothiques :

Je suis nommée George d'Amboise, Qui bien trente six mille poise, Et cil qui bien me pèsera Quarante mille trouvera.

En 1786, la cloche dite George d'Amboise fut fêlée dans un branle en l'honneur de Louis XVI, qui faisait son entrée à Rouen ; fondue à Romilly en 1793, elle servit à fabriquer des canons.

L'aspect intérieur de la cathédrale frappe par sa grandeur, sa majesté imposante et l'harmonie parfaite des proportions qui règne dans toutes ses parties. La longueur totale de l'édifice, jusqu'à l'extrémité de la chapelle de la Vierge, est de cent trente-six mètres, et la largeur, de cinquante-cinq. Cette chapelle renferme de magnifiques œuvres d'art. Le chœur, entouré de quatorze colonnes et recevant le jour par quinze croisées du quinzième siècle, a trente-trois mètres, et la, nef soixante-dix.

Au centre de l'édifice règne la lanterne, haute de cinquante-deux mètres SOUS' clef de voûte, et soutenue par quatre gros piliers supportant le soubassement d'une tour carrée, de laquelle s'élançait vers les cieux, à la hauteur de cent vingt-huit mètres, la flèche célèbre de Robert Becquet, achevée ves 1544. Plusieurs fois atteinte de la foudre, et fortement endommagée, elle fut chaque fois réparée, et enfin entièrement restaurée en 1808. Mais de nouveau foudroyée, incendiée et détruite le dimanche 15 septembre 1822, elle a été réédifiée en fonte, et, par la nature même de la matière employée à sa reconstruction, elle est désormais à l'abri de pareils accidents. Cette flèche, travaillée à jour et du poids de cinq cent trente et un mille cent soixante-douze kilogrammes, s'élève de cent cinquante et un mètres au-dessus du sol.

Notre-Dame, à l'intérieur, reçoit le jour par cent trente fenêtres, garnies

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