Do et dccimas telonii de burgo qui dicititr Cadomus
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tion, un lieu de pmge. Quant à Torigine étymologique du nom, elle pourrait bien venir du mot cathhn (maison de la barrière), nom que, dans leur langage, les barbares et les seigneurs féodaux donnaient au bureau de péage établi à l'endroit que Ton appelle encore aujourd'hui, dans Caen, Vaugiieux (le gué de la vallée). C'est sous ce nom qu'est désigné Caen dans un titre par lequel Richard III, duc de Normandie, donne, en 1026, cette ville en douaire à sa femme Adèle : « Je lui accorde, dans le comté de Bayeux, la ville que l'on appelle Cathim, sur l'Orne, avec les églises, vignes, prés, moulins, champs de foire, péage, port et toutes ses dépendances*. »
A cette époque et jusqu'au milieu du onzième siècle, Caen n'avait ni remparts ni château fortifié, comme nous l'apprend Wace, en parlant de l'invasion des Français dans le Dessin, en 1059 :
Encore est Caen sanz chastel, Ni aveit mur ne quesnel.
En effet, c'est de Guillaume le Conquérant que date la transformation de Caen. Le bourg qui entourait le lieu de péage devint une ville forte, et sur la hauteur qui dominait le passage de l'Orne, par les soins du duc de Normandie, s'éleva une citadelle. Vers le même temps, il épousa de force Mathilde, fille de Baudouin, comte de Flandre, qu'il avait enlevée ; mais le pape Léon IX lança l'interdit sur les provinces qu'il gouvernait. Guillaume alors, pour fléchir le pape et obtenir la levée de l'interdit, s'engagea à doter de fondations religieuses quatre villes de la Normandie, et à Caen, l'une d'elles, il fonda deux abbayes. Telle fut l'origine des célèbres monastères de Saint-Étienne et de la Sainte-Trinité, l'un dans la partie occidentale de la ville, l'autre dans la partie orientale. On y admire encore aujourd'hui les égHses romanes de V Abbaye aux Hommes et de Y Abbaye aux Dames.
Maître de l'Angleterre, Guillaume y résida, mais sans jamais d'ailleurs négliger sa bonne ville de Caen. En 1075, une fille du Conquérant, Cécile, prit le voile à l'abbaye de la Sainte-Trinité, et huit ans après, Mathilde, sa mère, fut inhumée dans le même monastère. Enfin, le Conquérant lui-même, voulant aussi reposer dans cette ville, qu'il avait transformée et, pour ainsi dire, créée, désigna Saint-Étienne pour le lieu de sa sépulture :
Gésir voloit en l'abbaïe Qu'ie avoit faite et bâtie*.