SAINT-ETIENNE SAINT-ALPIN ET ÉGLISES PRINCIPALES
DE GIIALONS-SUR-MARNE (Marne)
L*origine de Châlons-sur-Marne, ville importante de Tancienne Champagne, aujourd'hui chef lieu du département de la Marne et située sur le Mau, le Nau et sur la rive gauche de la Marne, remonte au troisième siècle.
Son nom paraît dérivé des Catalaimi (Catalaunes), peuplade gauloise qui occupait le territoire de cette ville, dans la Gaule Belgique, au sud des Rémois, auxquels ils semblent avoir été soumis. César n'en parle pas dans ses Commentai7'es, mais Vopiscus, Eutrope et Ammien-Marcellin en font mention. Elle figure aussi dans V Itinéraire d'Antonin le Pieux, sous le nom de Diiro-Catalaumim. Les Romains embellirent cette ville et la fortifièrent ; vers 2o0, saint Memmie y prêcha le christianisme. Deux batailles célèbres ont été livrées auprès de Châlons-sur-Marne; dans l'une, Aurélien battit l'usurparteur Tétricus (272); dans l'autre, Attila fut battu par Aétius, général de Tempereur d'Occident Valentinien III, et parles Goths, les Francs et les Burgondes réunis (451).
En 963, Herbert et Robert de Vermandois assiégèrent cette ville et la brillèrent avec la tour qui en faisait la principale défense. C'est environ vers la même époque queChâlons, qui depuis longtemps avait le titre de comté, forma une espèce d'État libre et absolu, sous le gouvernement de ses évêques, investis du titre de grands vassaux de la couronne. Ce gouvornement dura jusqu'en 1360, époque où le roi Jean réunit ;\ la couronne l'ancitMi comté do Châlons. C'est dans cette ville que le pape Eugène III et le roi Louis VII se réunirent (1147), et qu'au milieu du Jard (actucllemont promenade près du canal de la Marne), monté sur une pierre de taille, dans un discours éloquent et enthousiaste, saint Bernard pnVlia la croisade, promettant de la part
Dieu le succès de cette entreprise, qui fut, hélas I si de malheureuse. Jusqu'en 1681, dans ce même lieu, fut conservée la pierre, sorte de chaire improvisée, du haut de laquelle saint Bernard avait parlé à la foule des fidèles ; mais à cette époque, à Finsu du conseil de ville, Tintendant de Champagne la fit ahattre.
C'est aussi à Châlons que Charles YII, accompagné de Jeanne d'Arc, reçut les députés de Reims. En 1430 et en 1434 les Anglais tentèrent de s'en emparer, mais sans succès. Sous la Ligue, cette ville resta fidèle 'à Henri III; elle garda la même fidélité à Henri IV, et le 15 juin 1591, le parlement de Châlons eut même le courage de faire brûler publiquement par la main du bourreau la bulle d'excommunication lancée par Clément YIII contre le roi de France. Ajoutons, en passant, qu'au seizième siècle nos rois y avaient un palais.
Comme presque toutes les villes de la Gaule , au commencement du troisième siècle, Châlons était encore plongée dans les ténèbres du paganisme; mais elle dut à saint Memmius, Romain de naissance, et vulgairement appelé saint Memmie, sa conversion au christianisme. Il prêcha l'Evangile à Châlons, où il fut envoyé, et tel fut le succès qu'obtinrent ses discours et ses miracles, que des fidèles gagnés à Jésus-Christ notre saint forma bientôt une Église dont il fut le premier pasteur. Cet apôtre du Christ mourut à Châlons, à la fin du troisième siècle, et quelque temps après, sur son tombeau même, on bâtit une église. Donatien et Domilien furent ses successeurs immédiats; à leur tour, après avoir travaillé l'un et l'autre avec beaucoup de zèle à confirmer les nouveaux chrétiens dans la foi et à étendre de plus en plus le royaume de Jésus-Christ, ils s'endormirent dans la paix du Seigneur. On les enterra au même endroit que le saint apôtre Memmie, dont, en 1318, les reliques furent renfermées dans une châsse de vermeil.
Un autre apôtre de Jésus-Christ, saint Alpin, contribua aussi beaucoup à fortifier dans la foi les habitants de Châlons-sur-Marne. Né de parents nobles et chrétiens, à Baye, sur le territoire de Châlons, il fut élevé dans la piété et la connaissance des lettres. On le mit ensuite sous la conduite de saint Loup de Troyes, que Sidoine Apollinaire appelle la règle des mœurs, la colonne des vertus, le Père des Pères, le plus vénérable des évoques de l'Eglise de France. Accompagna-t-il saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes dans le voyage qu'ils firent dans la Grande-Bretagne pour achever de détruire les erreurs des Pélagiens? On ne sait rien à cet égard; mais on avait de sa sainteté une idée si haute, qu'il fut élu successeur de Provinctus, êvêque
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