ÉGLISES PRINCIPALES DE CH ALONS-SUR-M ARNE
de Châlons, qui venait de mourir. Saint Alpin voulut se soustraire à cet honneur, mais saint Loup le contraignit à l'accepter. Comme celui-ci sous les murs de Troyes, saint Alpin arrêta sous les murs de Chàlons Attila, qui allait s*en rendre maître. Touché de compassion pour son troupeau, le saint prélat se présente devant le farouche conquérant, le supplie d'épargner les habitants de cette ville, qui ne peuvent s'opposer à sa marche, et Attila se décide à se retirer. Saint Alpin mourut le 7 septembre, dans la seconde moitié du cinquième siècle, au lieu même de sa naissance, et y fut enterré. En 8G0 on transféra son corps dans l'église de Saint-André, située à cette époque hors des murs de la ville, mais aujourd'hui renfermée dans son enceinte et placée sous l'invocation du saint dont elle possédait les ossements, qui sont maintenant dans la cathédrale.
Ces quelques mots sur les saints qui ont évangélisé les habitants de Châlons-sur-Marne ou les ont fortifiés dans la foi nous amènent naturellement à parler des temples voués depuis eux au culte chrétien. Trois sont particulièrement rerfiarquables et classés parmi les monuments historiques : la c«ithédrale, consacrée à saint Etienne; Notre-Dame et Saint-Alpin.
C'est vers l'an 4o0, sur l'emplacement d'un temple antique, que fut commencée la cathédrale, d'abori dédiée à saint Alpin, puis à saint Etienne, et c'est sous l'invocation de ce premier martyr du christianisme qu'elle est encore aujourd'hui. Deux incendies lui causèrent, en 1133 et 1238, le plus grand dommage. En 1668, un troisième incendie consuma entièrement le chœur et la belle flèche qui le surmontait, désastre qui fut réparé en 1672 par la munificence de Louis XIV; et, malgré quelques additions, elle peut être encore regardée comme une belle église des treizième et quatorzième siècles On y remarque deux clochers, l'un roman, l'autre ogival, que surmontent deux belles flèches de pierres taillées à jour dans toute leur longueur. Elles s'élèvent, avec autant de hardiesse que de majesté, à une hauteur de trentesix mètres. Le portail, d'architecture grecque, a de la grandeur; les contreforts sont du dix-septième siècle.
A l'intérieur, cette église a quatre-vingt-dix mètres de longueur sur quarante mètres de largeur; prise aux bras de la croix, sa hauteur est d'environ soixante mètres. Elle a trois nefs, dont la plus grande est majestueuse; les voûtes sont soutenues |)ar dix piliers de quatre mètres cinq centimètres de circonférence; le sanctuaire est d'une beauté remarquable. Le maître-autel, surmonté d'un baldaquin que supportent six colonnes de marbre, passe pour l'un des plus beaux que l'on connaisse en France, iluil piliers ou
arcs-boulants, terminés par aulaiil do pyramides sculptées, soutiennent le corps du vaisseau. Saint-Étienne renferme aussi plusieurs chapelles curieuses, et les vitraux, des treizième, quatorzième, quinzième et seizième siècles, quoique ayant beaucoup souffert, offrent encore des parties bien conservées. On y remarque, à droite, ï Histoire de Jésus-Christ, et, à gauche, la Création du monde, un tableau retouché du quinzième siècle, représentant ]a consécration de la cathédrale par Eugène III, et ui) grand buffet d'orgues. Le pavé est presque entièrement formé de pierres tombales du treizième siècle au seizième. Sous l'édifice est une crypte que l'on croit antérieure à sa construction. L'église Notre-Dame, située presque au centre de la ville et reconstruite de II08 à 1322, est un spécimen très remai»quab!e du style de transition et du style ogival primitif; le porche du midi date de 1469. Elle est en partie recouverte en plomb. Mutilée pendant la Révolution, cette belle église a été restaurée avec goût ; mais de ses quatre clochers semblables il ne reste qu'un seul, encore admiré aujourd'hui. Une des flèches de la façade a été reconstruite, et le chœur est flanqué de deux tours carrées. A l'intérieur on remarque des vitraux précieux du seizième siècle, un pavé mosaïque chargé d'une foule d'inscriptions, et de beaux canons d'autel, donnés et dessinés par le chevalier de la Touche (1753).
L'église Saint- Alpin est un édifice des douzième, quinzième et seizième siècles. Les vitraux en sont anciens et beaux; entre autres sujets, ils représentent Attila, que saint Alpin détermine à éloigner son armée de Châlons. On y voit aussi un christ que l'on croît être d'Albert Durer, des tableaux des frères Bassan et une chaire à prêcher, œuvre de menuiserie qui n'est pas sans mérite. Deux autres églises à Châlons offrent également de l'intérêt : Saint-Loup, qu'on croit fort ancienne, mais dont rien n'atteste l'origine ; Saint- Jean, située à l'extrémité sud-ouest de la ville.
Ce n'est qu'en 1380 que l'église, primitivement consacrée à Saint-Jacques, fut mise sous l'invocation de saint Loup. On y remarque un beau trj'ptique de V Adoration des Mages, dont la peinture intérieure est attribuée au Primatice, et une statue en bois du seizième siècle, représentant saint Christophe. Le portail est du dix-septième siècle.
L'extérieur de l'église Saint-Jean est simple et modeste; c'est la plus ancienne église de Châlons. Elle date, pense-t-on, de l'apostolat de saint Memmie, vers 324; ce n'était alors qu'un baptistère où cet évêque administrait le baptême aux païens qui embrassaient le christianisme. On y voit une toile de Philippe de Champaigne représentant saint Sébastien, martyr.
("A IIIKUHA l.r. |t|-: REIMS