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enfants aux bras de leurs mères : l’une d’elles repousse l’agresseur d’un coup de pied dans le ventre; une autre, échevelée, se lamente en voyant son enfant coupé en deux.
Rien de plus pittoresque que les costumes des personnages
attifés à la mode du temps de saint Louis : les soldats portent les
cottes de mailles; les femmes de Bethléem sont coiffés d’un touret en forme de diadème. Mais les proportions sont trapues, les têtes d’une grosseur démesurée : en sorte que tous les personnages, d’aspect presque caricatural, ressemblent à des magots.
Les feuillages qui encadrent les fenêtres sont mieux traités; mais nous sommes loin des admirables panneaux qui tapissent le revers du portail de la cathédrale de Reims.
Les fonts baptismaux de Saint-Evroult de Montfort (Orne) sont un des rares vestiges qui nous restent de sculpture romane en plomb : car les réquisitions de la Révolution n’ont pas laissé subsister beaucoup d’œuvres d’art en métal : qu’il fût vil ou pré-. cieux, on pouvait toujours en tirer quelque profit en le faisant fondre.
Au surplus les fonts en plomb ou en bronze n’ont jamais dû être très nombreux, par suite des prescriptions liturgiques qui recommandaient les cuves baptismales en pierre.
C’est à partir du moment où le baptême par infusion, administré aux enfants, s’est substitué au baptême primitif par immersion, réservé aux adultes, que les Chapelles baptismales ont remplacé les Baptistères isolés et les fonts baptismaux les piscines.
La piscine était creusée dans le sol; les fonts baptismaux se composent au contraire d’une cuve surélevée sur un soubassement en pierre généralement cantonné aux angles de quatre colonnettes.
Les sujets qui décorent la cuve sont d’habitude empruntés à
des scènes de baptême ou à la légende de saint Jean-Baptiste. A
Evroult, ces sujets traditionnels sont remplacés par de petits basreliefs représentant, comme aux portails des cathédrales, les Signes du Zodiaque et les Travaux des Mois correspondants. C’est un véritable calendrier de plomb disposé sur deux registres en une double rangée d’arcades en plein cintre abritant les paysans au travail avec la faucille, le fléau ou la faux.
La plupart des cuves baptismales devaient comporter un couvercle qu’on manœuvrait avec une poulie quand il était trop pesant : celui d’Evroult a disparu.