LES DERNIERS JOURS D AKDRÉ CHÉNIER
vèlii d\in habit couleur de feu, élincelant de vingtcinq millions de diamants. De chaque côté, dans toute la longueur de la galerie, la Cour, silencieuse, debout sur des hauqu elles de velours cramoisi : belles dames en falbalas, chevaliers des Ordres en grand costume. Sur les parquets sont jelés d'énormes pièces de tapisseries des Gobelins : les violons jouent, les canons tirent au Carrousel, les cloches sonnent à toutes les églises... et Fambassadeur s'avance, la main au turban, détournant la tète de côté, « ce qui est, note le Mercure^ la marque du plus profond respect chez les Turcs. » Il exécute cérémonieusement ses trois révérences presque prosterné, ne voyant rien, « sinon, dit-il dans sa relation, que l'enfant royal avait de blonds cheveux d'hyacinthe et la démarche majestueuse de la perdrix. »
Revenu dans son pays, un des huit notables à barbe qui, à genoux, de loin, avait contemplé ces splendeurs, y rêvait encore longtemps après, hanté du souvenir de cette France où il avait vécu pendant quelques jours. 11 s'appelait Santi Lomaca. Lorsqu'une fille lui naquit, il lui donna le nom français d'Elisabeth. Dès que l'intelligence de l'enfant fut éveillée, il lui parla de ce pays d'Occident qui rayonnait sur le monde, de cette Cour où régnaient toutes les grâces, soumises à la majesté d'un prince beau comme un jeune dieu; il lui donna des maîtres
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français ; il lui lit apprendre la pavane et le menuet ; lui procura les œu^Tes de nos poètes et denos romanciers.
Singulière éducation que celle de cette enfant, élevée dans l'admiration d'un pays de rêve qu'elle ne devait, sans doute, jamais connaître, déjà française par le cœur et par l'imagination et restée forcément orientale de tempérament et d'habitudes. Sa jeunesse s'écoula dans cette solitude élégante que les coutumes musulmanes imposent aux femmes ; elle ne sortait qu'escortée d'un groupe de suivantes, le visage couvert d'un voile blanc tissé d'or : ses jours se passaient à rêver, étendue sur un sofa, dans quelque salon frais, aux jalousies closes, meublé de coussins brodés et de coffrets d'ivoire : elle chantait paresseusement les mélodies de Lulli. tout en jouant avec les chaînes d'or qui pendaient à son cou, tandis que ses femmes agitaient devant elle de longs éventails en plumes de paon.
Quand elle fut d'âge à se marier, elle ne voulut point s'unir à un homme de sa race : grisée par les récits de son père, elle attendait le beau seigneur, qui, de la France lointaine, viendrait la chercher pour l'initier aux splendeurs de cette Cour dont son imagination était pleine. Elle l'attendit jusqu'à vingt-six ans et épousa enfin un modeste conseiller de l'ambassadeur de France, qui se nommait Louis Chénier. Sa dot consista en pierreries et en hahits étalés avec fa^te.
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C'est (le cette femme que naquit André Chénier. Lorsqu'à l'âge de trois, ans il partit avec ses parents pour la France, il tenait déjà de cette belle Grecque élevée dans les molles oisivetés de l'Orient, cette nostalgie du beau qui fait les poètes : les mosquées blanches au bord des flots, les sept collines du vieux Byzance élagées sous le ciel clair du Bosphore, les maisons roses de Scutari, la ville Paradis des Orientaux, restèrent à jamais fixées dans ses regards d'enfant, lui communiquant le don de peindre et l'amour des chaudes sensations. Quand, du pont du voilier qui l'emmenait loin de son pays natal, il vit disparaître, dans les buées, la Corne d'Or, André Chénier emportait de la poésie pour toute sa vio... qui dev;tif être courte.
Le ciel bas, le sol b(jueux, les rues tortueuses et étroites, les maisons lépreuses, les cours enfumées, partout l'agitation fébrile d'une foule qui travaille et qui peine, les cris des marchands, les disputes entre cochers et porteurs de chaises, le bruit incessant des voitures, carrosses ou charrettes de maraîchers, la mesquinerie des mœurs, la morgue des grands, la niaiserie du peuple, l'indiscrète curiosité des voisins... tel apparut Paris à M™" Chénier. Ainsi qu'il arrive à tous ceux qui abordent la grande
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ville sans y ètro localisés dès l'eiiiancc, la première impression fut une déception profonde, un effarement réel, lu sensation d'un isolement morne. Pour goùt(;r le cliarme de Paris, pour en saisir le pittoresque très spécial, il faut des années d'habitude et ce grand assouplissement du caractère que donne seule la vie parisienne.
La Cour, qu'elle vit seulement de loin, lui parut un endroit ennuyeux et triste, nid d'intrigues et de courtes ambitions : le roi était vieux, les maîtresses toutes-puissantes, la monarchie diminuée ; M""" Ghénier, d'ailleurs, n'avait aucun titre à y faire figure.
Et puis la gêne était venue et, à la désillusion première succédaient les soucis d'argent elles soins prosaïques du ménage. Le mari dut briguer une place : on lui ofl'rit celle de Consul près de l'empereur du Maroc; il partit et lesta absent pendant dix-sept ans ; il était sexagénaire quand il revint en France.
Sa femme, pendant cette séparation, vécut de l'argent qu'il lui envoyait, le moins irrégulièrement possible et éleva péniblement ses cinq enfants ; elle était restée, cependant, aristocrate d'allures et de goûts; mais son esprit libre et bien convaincu de sa supéiiorité avait conservé, des déboires de l'existence parisienne, une sorte d'amertume qui se retournait contre la société ; elle la trouvait mal faite, parce qu'elle n'y tenait pas la place qu'elle estimait digne d'elle, et, ne pouvant faire partie de la Cour, elle s'en composa une
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de quelques beaux-esprits, sceptiques, frondeurs, jouant les mécontents, partisans des idées nouvelles, telles que Suard. Lebrun-Pindare. le peintre David, Palissot... Ils ne désiraient point la destruclion du vieux monde ; mais, en leur qualité d'esprits forts, ils aimaient à le critiquer et souhaitaient, sans prévoir le danger, le triomphe de vagues utopies.
Ces amateurs de nouveautés mal définies, s'appelaient alors des philosophes; à présent, nous les nommons snobs, mais la race n'a pas changé, et tel confortable bourgeois de nos jours se pique de socialisme, sans plus penser au terrible incendie <ju'ont allumé, en jouant avec le feu, ses ancêtres 4 l'avant 80.
Ces relations, d'ailleurs, ne furi'nt pa- inutiles à M"** Chénier et lui servirent à caser ses enfants ; elle avait une fille. Hélène, qui. en 1786. épousa le comte de la Tour-Saint- Ygest : il avait soixante ans et se mariait pour la troisième fois : do ses deux mariages il lui restait cinq enfants et une très considérable fortune.
Des quatre fils de M° Chénier, l'aîné. Constantin Xavier, était, en 1781. vice-concul à Alicante : lt' second, Louis-Sauveur, servait dans l'armée; le troisième, André, après avoir tàté, lui aussi, du métier des armes, s'était lassé delà vie de garnison ot s'essayait à la diplomatie sous M. de la Luzerne, ambassadeur à Londres: le dernier écrivait des
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tragédies du genre pompeux ; il signait le chevalier de Chénier et cachetait ses lettres à ses armes, un chêne et une tour surmontée d'une étoile avec la couronne de comte. A ce signe, on reconnaît Marie- Joseph, le futur jacobin, le régicide austère.
Lorsqu'éclata la Révolution, tout ce petit monde se jota dans le mouvement. Le père avait bien, naguère, un peu tlatté les grands pour tâcher d'obtenir une pension ; le poète tragique avait bien fait nombre de courbettes afin qu'on jouât son Azémire à la Cour; mais comme Azémire avait été siftlée, comme la pension accordée était modeste, ils ne se crurent pas tenus à une reconnaissance exagérée. Il s'agissait, d'ailleurs, de se hâter, caria bousculade était grande autour des nouveaux pouvoirs, et tout de suite le père se posa en démagogue et se lit nommermembre du Comité de surveillance de la ville de Paris; Louis-Sauveur, quoique gendarme, se vanta d'être un des premiers insurgés du 12 juillet; Marie-Joseph écrivit Charles IX ou la Saint-Barthélémy , cinq actes oii les tyrans étaient traités comme ils le méritent. « Cette pièce-là, disait Camille Desmoulins, avance plus nos affaires que les journées d'octobre. »
Tandis que sa famille donnait ces gages à la Révolution, André était resté à Londres oii, sans souci de la politique, il se livrait « aux distractions
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et aux égarements d'une nature forte et fougueuse >>. Mais, dans le courant de 1790, il rentre en Franco, et, dès qu'il a franchi le détroit, il est pris dans le tourbillon de l'enthousiasme universel : avec ses^ amis, les Trudaine, les Pastoret, Barthélémy, de Pange, avec toute la France, peut-on dire, il entrevit le triomphe pacifique de la philosophie et « conçut une humanité renouvelée, digne des bienfails de la liberté, et soumise à la toute-puissance de la raison »,
Seulement, dans ce noble cerveau, le rêve fut de courte durée. Dès qu'André Chéniereut discerné au milieu de la tourbe ruée à la curée de la monarchie, les naïfs sincères d'avec les brouillons faméliques et les assassins à gage, il prend position dans la mêlée. Il veut apprendre au peuple qu'il n'y a à espérer de bonheur et de liberté que dans l'accomplissement de ses devoirs; il lance son Avis aux Français; tout aussitôt la meute des libellistes qu'il a démasqués hurle contre lui; dédaigneux, il détourne la tête, et dès lors il batailh> de sa plume : articles politiques, lettres aux journaux, réflexions sur lesévénements, adresses à l'Assemblée nationale, il emploie tous les moyens pour ramener le pays au respect de la tradition monarchique... L'effort fut vain : trop d'autres avaient intérêt à souffler la tempête ! De ces illusions André Ghénier ne garda bientôt plus que l'inconsolabh^ regret d'avoir cru trop facilement « non aux
idées, qui ne trompent pas, mais aux hommes qui exploitent et corrompent les idées ».
Mais ce mouvement de recul, cette nausée qu'il n"a pu dissimulera l'abord du personnel révolutionnaire, l'ont désigné aux exaltés. Camille Desmoulins dénonce à ses frères «ye 7ie sais quel André Chénier, plus sanguinaire que Marat! » — Sanguinaire! Il n'était qu'écœuré; et pouvait-il en être autrement? se représente-t-on celte àme superbe à la remorque des Chabot, des Saint-Hurugue, des Collot d'Herhois, des Fabre d'Eglantine, des Hébert, des Clootz, de tous ces ratés prétentieux qui vont prendre la conduite de la Révolution. Lui qui a salué la naissance de
la belle Liberté
Altière, élincelante, armée,
il tient de la belle Grecque sa mère, des souvenirs de sa première enfance, l'amour de ce qui est noble élégant et pur. 11 hait, d'instinct, les majorités imbéciles et les aigrefins triomphants : il hait la platitude, la bassesse, le silence forcé, la tyrannie du cynisme, et c'est un des drames les plus poignants de la Révolution que de voir sa fierté, sa dignité, sa noblesse, aux prises avec cette démocratie qui se fait brutale, ne sachant être digne. C'est ce drame que nous voulons résumer.
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Au commencement de 1794, André Ghénier s'est réfugié ù Versailles : non point qu'il ait eu peur: il fuyait, au contraire, le spectacle de la lâcheté des hommes. Son âme lassée fraternisait voluptueusement avec les dieux de marbre, les portiques dévastés, les vastes bassins oi!i se mirait le ciel clair.
Il s'était logé dans une maison voisine de la grille de Satory, à la porte des bois, vivant en communion avec la forêt. 11 y a, près de là, un endroit toujours désert qu'il devait aimer : un marbre du Bernin se dresse au milieu d'une étoile de verdure ; des rampes de gazon descendent au grand miroir de la pièce des Suisses que domine, du haut de ses triomphales terrasses, l'admirable silhouette du château de Louis XIV. Et puis il pouvait, sans être espionné, se rendre, par les bois, à Louveciennes, au pavillon Pourrai, qu'habitait Fanny, et àlNIarly où ses amis Trudaine avaient achevé cette belle maison de campagne dont M. Victorien Sardou est aujourd'hui le propriétaire. L'auteur de Thermidor a recueilli, il y a quelque trente ans, les souvenirs d'un paysan de Marly qui, étant enfant, avait vu là André Ghénier.
Ce paysan s'appelait Lebrun : comme il était, à
la iin de Thiver de 1794, occupé à creuser, pour le compte de son patron Moisseron, un puits sur la place du Verduron, il avait vu Monsieur Trudaine^ qui s'intéressait à son travail, venir en constater les progrès en compagnie de « Monsieur Chanier, un petit homme trapu, au teint basané, avec des yeux ardents, un visage carré et une tête énorme. 11 arrivait souvent à pied de Versailles et y retournait le soir; à moins cependant qu'il ne restât coucher chez ses amis »; auquel cas il occupait une chambre du premier étage qui existe encore et dont on a pieusement conservé la délicate décoration.
C'est dans sa retraite de Versailles qu'André apprit, par quelque avis secret, au commencement de mars 1794, l'imminente arrestation de son ami Pastoret. Il partit aussitôt pour Passy, où Pastoret s'était réfugié dans la maison des parents de sa femme.
Sans nul souci du danger auquel il s'expose, André traverse le parc de Saint-Cloud et le bois de Boulogne ; vers huit heures du soir, — à la nuit, — il passe les premières maisons de Passy ; il espère, à la faveur de l'obscurité, se glisser sans être vu dans la maison Pastoret, décider son ami à le suivre et gagner avec lui Versailles. Mais Pastoret n'est plus à Passy. André est reçu par deux femmes en pleurs. M""" Pastoret et Piscatory : il cherche à les rassurer, il les presse de fuir elles
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aussi; il ira au bureau du coche commander un cabriolet; en une heure elles seront chez lui, à Versailles, dans son petit logement, près des bois, à l'abri de toute visite domiciliaire...
Mais voilà qu'on frappe à la porte : une patrouille est devant la maison : « Ouvrez ! au nom de la nation. ))
C'étaient les mots fatidiques, ceux qu'au temps de la Terreur tout suspect attendait dans d'incessantes angoisses; les mots dont on rêvait la nuit, si, par hasard, le sommeil apportait quelque répit aux anxiétés du jour : cette simple phrase glaçait les cœurs les plus fiers.
Il fallut ouvrir la porte, et, lourdement, sordides, coulant sur les femmes affolées des regards hébétés et louches, les membres du Comité révolutionnaire de Passy entrent dans le salon; des hommes armés cernent la maison.
Quelque historien prendra-t-il un jour la peine d'écrire les hauts faits de ces Comités révolutionnaires? Ce sont eux qui ont créé la Terreur : la Convention leur avait délégué son pouvoir souverain sans prévoir, — il faut le penser, — en quelles mains allait tomber cette arme redoutable. Dans chaque district, dans chaque commune, les honnêtes gens, peu à peu, s'étaient désintéressés de la Révolution : ils faisaient leur métier d'honnêtes gens, courbant la tête, subissant, gardant le silence. Et,
tandis qu'ils se dérobaient, des bas-fonds delà société montait cette lie qui fermente et bouillonne quand gronde Forage politique. Tout bourgeois éclairé, tout boutiquier honorable récusait l'étrange honneur de siéger à ces Comités de surveillance révolutionnaire dont la besogne consistait à espionner, à dénoncer, à arrêter... rien d'autre. Et l'on s'imagine à quelles gens plaisaient ces odieuses fonctions. Pour nous dispenser de les peindre, qu'on se représente une assemblée oii Monsieur Cardinal trônerait dans son cynisme inconscient et prétentieux, où prendraient place la sottise vaniteuse du Pipelet des Mystères de Paris, la haine grossière et l'envie du Grinchu des Bo)is Villageois, tous les vices, toute l'ignorance, toutes les basses ambitions... et il y avait, en France, vingt et un mille de ces Comités!
Je ne sais rien de plus attristant (jue l'interrogatoire qu'eut ù subir, sur l'heure, André Chénier, que les patriotes de Passy venaient de trouver dans la maison d'un suspect. Il n'était visé par aucun arrêté spécial, aucun décret ne le menaçait; mais ces brutes étaient douées d'une sorte d'instinct bestial qui leur faisait flairer l'aristocrate en cet inconnu rencontré par hasard : sans comprendre, ils se devinaient en présence d'un cœur noble et fier : c'était une proie assurée pour l'échafaud.
D'ailleurs, il est probable que les sans-culottes Guénot, Cramoisin et Boudgoust, qui procédèrent
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à cet interrogatoire, étaient ivres, tant leur ineptie dépassa, en cette circonstance, les limites possibles. Ainsi, comme André venait de leur déclarer qu'il n'avait sur lui aucun autre papier que sa carte de sûreté et qu'il avait détruit une lettre insignifiante et tout à fait personnelle, par laquelle on lui annonçait l'envoi de ses effets restés en Angleterre, les commissaires se regardèrent effarés et lui demandèrent (nous citons les termes de la pièce ofiicielle) :
— Quel sorte de genre que personne ne conserve et surtout des lettre portant son interest personnelle sommé de nous dire la vérité.
— A répondu il me semble que des lettre qui énonce Farrive des effest designies cy-dessus lorsque ses effest son reçue ne son plue daucune valeure.
— A lui représente quil nest pas juste dans faire réponse daulant plus que des lettre personnelle doive se conserver pour la justification de celui qui a En voyé les effest comme pour celui qui les a reçue
— A repond quil persiste a pensé quand des particuliers qui ne mettre pas tant dexactitude que des maison de commerce lorsque la réception des fait demande est acuse toute la correspondance devient inutisle et qu'il croit que la plus part des particuliers en use insy.
— A lui représente que nous ne fond pas de demande de comerce sommé à lui ne nous repondre
sur les motifs de son arrestation qui no son pas affaire de commerce.
Et, lorsqu'exaspéré de l'idiotie de ses juges Cliénier leur réplique dédaigneusement qu'il n'entend rien à tout cela, le procès-verbal reprend :
— A lui demande pourquoi il nous cherche des frase surquoy il nous repond cathegoriquement.
Un peu plus loin, questionné sur son amitié pour les Pastoret, il explique qu'il les a vus plusieurs fois, il y a quatre ou cinq ans déjà, chez les Trudaine.
Ceux-ci habitaient un des hôtels de la place Louis-XV, et comme les Pastoret occupaient la maison à coîé^, des relations de voisinage s'étaient naturellement établies.
Les commissaises s'affolent : ils soupçonnent que le nommé Coté, propriétaire . d'un hôtel place Louis-XV, pourrait bien être un suspect. Ils représentent gravement à l'inculpé :
— Qu'il nest pas juste dans sa réponse attendue que place de la révolution il ny a pas de maison qui se nome la maison a Cottée donc il vien de nous déclarer.
— A repondu qu'il entendait la maison voisine...
— A lui représenter quil nous fai des fràse attendue quil nous a repettes deux foie la maison à Cottée.
d. Celui qui devint par la suite la propriété de M"" du Plessis- Bellièvre, et qui est occupe aujourd'hui par V AuLomobilc-Club.