Mémoire pour le comte de Cofjlioslro
nièrede triomphe : une foule « de huit à dix mille personnes » obstruait le boulevard ; la cour de rhôtel, les escaliers, les appartements, « tout était plein » ; on l'acclama, on l'embrassa, on le porta jusque dans son salon... INIais ce succès dura peu; le 13 juin, l'agent des Brunières apportait au sorcier, — chose que celui-ci n'avait su prévoir, — l'ordre du roi de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et la France avant deux semaines. Cagliostro s'inclina; il ferma la porte de ses laboratoires, mit la clef dans sa poche et se fit conduire à Saint-Denis, a l'auberge de l'Epée royale, où il passa la nuit: puis, à petites journées, il se dirigea, emmenant Lorenza, vers la Suisse. Paris ne devait plus le revoir.
Son appartement resta clos tant que dura la Révolution; en 1805 seulement, on ouvrit les portes, fermées depuis dix-huit ans, et le propriétaire mil à l'encan les meubles du grand Cophte pour se couvrir des termes échus.
Vente des meubles, creusets, élixirs ... ayant apparlenii au comte de Cagliostro... La belle affiche pour un collectionneur! Depuis lors, la calme maison do la rue Sainte-Claude n'a plus eu d'histoire.
Je me trompe; vers 1855, comme on y avait entrepris quelques travaux de restauration, on changea les battants de l'ancienne porte charretière : les vantaux de menuiserie qui les remplacèrent provenaient des démolitions du palais du Temple ; ils sont
encore là, avec leurs gros verrous et leurs énormes serrures.
La porte de la prison de Louis XVI fermant la maison de Caglioslro... 11 y a de ces hasards!...