‹ Vieilles maisons, vieux papiersChapitre 31 sur 52 · Mémoires de Mallet Du Pan. — Miscellanées, t. II, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Mallet Du Pan. — Miscellanées, t. II, p

3. Le Tribunal révolutionnaire de Toulouse, par Alex. Duboul.

avec l'indolonce et la passivité de Guillaume que, l'autre mort, celui-ci ne comptant pas, fut oublié.

Le temps passa ; les cachots se vidèrent. On relaxa, la première, Madeleine Lemoine ; Chon et Bitschi virent, un peu plus tard, s'ouvrir les portes de leur prison; mais elles étaient sans asile; leur hôtel de la rue de la Pomme servait de logement aux commissaires des guerres ; la maison et le parc de la place Saint-Raymond étaient occupés par l'administration des charrois militaires. Quand M. du Barry fut lui-même rendu à la liberté, il put, faisant son inventaire, constater que lui et les siens avaient perdu, en dix-huit mois, environ deux cent mille livres de rentes. En revanche, il était veuf: l'échafaud parisien l'avait débarrassé de la belle comtesse dont il était resté, pendant vingt-cinq ans, le mari honoraire.

Son premier soin fut « d'assurer son nom à la femme qu'unissaient à lui les liens respectables de la reconnaissance et de l'estime », et, le 7 thermidor an III, il épousa Madeleine Lemoine. De ses deux fils, l'un, Victor, avait été tué à l'armée des Pyrénées; l'autre... Mais l'histoire ne doit-elle pas s'arrêter où commencent les révélations inutiles?

On regagna Levignac ; là aussi la tempête avait soufflé ; tout — même les lits — étaient vendus. M. du Barry parvint à recueillir quelques bribes de son opulence ; ses dernières années furent paisibles : soit apathie, soit commisération, ses compatriotes

semblaient avoir oublié le passé ; il mourut le 28 novembre 1811.

Ses sœurs lui survécurent : la Chon et la Bitschi d'autrefois, les confidentes de Jeanne Bécu, les familières des petits cabinets de Versailles, s'étaient transformées en deux vieilles austères, revèches très dignes, auxquelles leurs rares intimes ne pouvaient reprocher qu'une sévérité un peu hautaine et une pruderie trop susceptible.

ZAMOR Purtriiit inédit, d'après Van-I.oo (Mu^ée Carnavalft).

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