Dénonciation au roi et à l'opinion publique
312 VII.lI.l.i:s MAISONS. VIEUX PAPIERS
que son petit discours fut rapporté au préfet de police et nous aurions scrupule d'y rien changer.
Tandis que ses amis regagnaient tranquillement la rue Vivienne. Leblanc se dirigea vers la rue des Petits-Champs.
Ce qu'il faudrait pouvoir suivre, c'est la marche, à travers les rues, de cet homme sur le point de commetlre, de sang-froid, la plus ignominieuse des lâchetés. A quoi songeait-il? A l'argent qu'on allait lui compter, sans doute ; ou bien cherchait-il à s'absoudre lui-même on s'imaginant quïl sauvait la France ? Quelle angoisse lui serra la gorge quand il pénétra sous le porche de l'hôtel du gouvernement? Comment supporta-t-il l'attente inévitable dans les antichambres et quel prétexte fit-il valoir pour pénétrer, à cette heure tardive, jusqu'au gouverneur? Puis, lorsqu'il fut en présence de Murât, de quel ton parla-t-il ? Eut-il bien l'audace de « fixer son prix » ? Comment la voix ne lui manqua-t-elle point? De quelle façon fut-il écouté? C'est là que serait le drame et jamais il ne sera connu. On sait seulement qu'à une heure du matin tout était combiné; Leblanc sortit de l'hôtel du gouvernement, accompagné du commissaire Comminges, de quelques policiers et de six gendarmes, que commandaient le lieutenant Noireau et le maréchal des logis Gillet^