Mémoires de Bourrienne
3. Nougarède de Fayet, Recherches hialoriquea sur... le due d'Enghiett.
Maurienne, « exerçant un métier peu honorable», — mouchard, probablement. Je n'ai pu découvrir de façon certaine, quelle fut sa fin ; pourtant, au nombre des agents secrets chargés de l'espionnage des officiers de l'état-major, comptait, au temps de la première Restauration, un certain Leblanc qui me paraît bien être l'homme aux 100.000 francs. Ce personnage excellait dans le rôle d'agent provocateur. « Il porte des moustaches, dit une note de police, et souvent, pour mieux tromper son monde, il décore sa boutonnière d'un ruban rouge. » A la suite d'un rapport calomnieux à l'égard d'un officier qu'il essayait de faire chanter, ce Leblanc fut cassé aux gages ; on croit qu'il passa en Espagne et qu'il y mourut'.
Ce drame eut un épilogue affreux. — En 1815, la girouette politique ayant tourné, la mémoire de Pichegru fut honorée à l'égal de celle des plus purs héros : on lui décréta une statue. Ce fut un renouveau de gloire, — quelque peu factice, il faut le dire, — mais, en même temps, un regain de dégoût très sincère pour son délateur.
Il y avait alors, à Glermont-Ferrand, — c'était après le licenciement de l'armée impériale, — un lieutenant au 2' régiment de chasseurs à cheval du nom d'Antoine Leblanc. Il était chevalier delaLégion